‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 141 sur 155 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Des Travaux à exécuter pour la bonification de la partie gauche des Marais, — Recreusement de la Selcella et de la Schiazza, — Écoulement des Eaux du Canipo Settino, — Pwjet d'un nou^» veau Canal pour donnera la Selcella et à la Schiazza réunies une embouchure, dans le canal Pio , favorable a V écoulement de leurs eaux, (Planches XII et XIII, N^» r, et 3.)

494- Après avoir terminé ce qui concerne les eaux extérieures, coulant dans des lits ou canaux d enceinte, nous allons passer à celles qui traversent riutérieur des marais, en commençant par la partie située à gauche de la voie Appia. On sait que nous appelonsy^ar^'c à gauche celle que le voyageur trouve sur sa gauche en allant de Rome à Naples.

Nous avons déjà donné, dans le chapitre IX de la troisième section, tine analyse des projets faits par les ingénieurs AstolftQi Scaccia, pour la bonification ultérieure de cette partie gauche; ils proposaient de mettre en état de parfait écoulement les deux canaux auxiliaires longitudinaux de la Selcella et de la Schiazza. La Selcella, entièrement abandonnée, ciurait été rouverte jusqu*à son confluent dans l'ancien lit de lUffenle, et aurait continué son cours dans cet ancien lit, recreusé et légèrement

"^^drcssé depuis le coude qui répond à son intersection avec la fosse milliairc n" 5i , jusqu'au lieu appelé la Forcellata^ où la Selcella se serait réunie k la Schiazza; les deux ensemble, suivant toujours Tancien Ut de l'Uffenle, seraient Tenues s'accoster à la Toie Appia, près de la 54* fosse milliaire, et se jeter ensuite, après avoir coulé le long de cette voie, dans le canal Pio, à lendroit où est placée la Chiavica del Tabio. La route, en cet endroit, devait traverser le canal sur un pont dont il «era bientôt question.

495. Nous ne voyons aucun changement à faire au système général de ce projet, quant à la partie importante des tracés et des pentes, et k la figure trapézoïdale des sections; et, les canaux projetés ne recevant , à très -peu de chose près, que des eaux pluviales, la vérification des dimensions absolues des sections , et les changements dont elles sont susceptibles, se déduisent aisément de Tétendue des terrains qui versent dans ces canaux , et se calculent par les règles que nous avons données dans le cours de cet ouvrage. On trouvera, ci-après, les résultats de calcul diaprés lesquels la correction des sections transversales doit être faite. ♦

496. Nous ajouterons que nous regardons comme devant former un supplément aux travaux à exécuter dans cette partie gauche, l'assèchement du terrain appelé Campo di SesseonCampo Seuino y quiest situé vis-à-vis la ville de Sezzc , sur la gauche et les bords de la voie Appia, dans l'intervalle compris entre les fosses milliaircs l\\ et l\G, Ce terrain a été mis hors du circondario y et, quoiqu'il contienne les parties supérieures des lits de la S<»lcella et de la Schiazza, avec une fosse d'écoulement appelée Fossa délia Torre^ l'écoulement de ses eaux n'en est pas moins très-incomplet ; voici quelques détails à ce sujet:

Le Campo Settino est partagé, dans le sens parallèle à la voie Appia, en deux bassins, par \\\\ exhaussement longitudinal du sol, connu sous le nom de Fia dcl Morillo, qu'on croit être une déposition antique de la Tcpia [voyez l'article 176). Chacun de ces bassins doit avoir sou écoulement particuUer, comme il en jouissait lorsqu'on a commencé les travaux ordonnés par Pie VI; alors le bassin compris entre la voie Appia et le Morillo s'écoulait par la Schiazza et la fosse délia Torre ( U ligue que suit cette fosse, est regardée comme étant sur la direction d'un des anciens lits de la Tepia, art. 176 ci-dessus cité), et le bassin compris entre le Morillo et la montagne s'écoulait par la .Selcella. ^ Cet état de choses a été dénaturé par les travaux de liapini ; la ligne

fîirccte que suivait la fosse délia ïorre, émissaire du premier bassin, a été brisée à la limite du cuxondario^ où Teau de cette fosse prend une marche à-pcu-près rétrograde, et se rend dans la Schiazza en suivant un cours au moins aussi défectueux que celui de la Scaravazza , près du Ponte Maggiore. te second bassin est dans un état plus fâcheux encore; la Selcella ayant été bouchée, les eaux que recevait la partie de son cours renfermée dans le Campo Settino, furent envoyées le long du cir~ condano y et on leur fit traverser la hauteur du Morillo potir les amener dans la Schiazza: mais ce mode dVcoulement a été reconnu, par lexpcrience, très -insuffisant; à chaque pluie, la plaine de XAcqua viva^ dans Tintérieur du bassin dont nous parlons, se trouve couverte d'eau

stagnante.

497. On ferait donc et une opération très-utile au Campo Settino, et un acte de raison et de justice, en rendant aux eaux leurs anciens débouchés, améliorés par de nouveaux travaux. On irouveiait encore un autre avantage dans le recreusement de la Selcella , celui de faire la fonction àe fosse longitudinale auxiliaire Cvoyez Tart. iG). La longueur de chaque fosse milliaire , dirigée transversalement et perpendiculairement à la ligne Pio y surpasse, valeur moyenne, 4000"; la faible déclivité de ces fosses et la végétation qui se forme dans leurs lits, y rendent le mouvement des eaux pluviales embarrassé et lent. Mais, eu rouvrant la Selcella et ruffente Vecchio jusqu'à la Forcellata, ou au point de réunion avec la Schiazza, la marche transversale des eaux dans les fosses milliaires se trouverait divisée en deux parties, peu inégales, entre TUffente Nuovo et la Schiazza, et en trois, entre TUffente Nuovo et la voie Appia; et le raccourcissement de celte marche assurerait leur aftluence dans les fosses longitudinales. Les principes dont les opérations que nous proposons ici sont des conséquences, ont été exposés dans le chapitre II de rinlroduction.

498. Tous les travaux dont il a été question depuis Tarticle 494 n'étant que de simples remuements de terres, des recreusements de canaux sur des directions et avec des pentes irrévocablement arrêtées (celles, à trèspeu près, qu'avaient anciennement ces canaux), il est inutile d'entrer dans de plus grands détails sur ce qui les concerne, nous en référant, à cet égard, aux règles que nous avons données, et dont on trouvera ciaprés Tapplication.

Nous croyons cepeiulaut devoir faire connaître plus particulièrement le projet de la réuuion de toutes les eaux intérieures que les fosses Ion-

366 , AfÂRAlS PONTINS.

i;îtudinales de la partie gaucbe des marais doivent recevoir en ua seul canal, lequel, partant, comme nous lavous dit art. 33g et 49^î, de la ForcellatUy irait déboucher dans U ligne Pio , près de la Cbiavica del Tabio, eu passant sous uu pont qui traverserait la voie Âppia : en conséquence, nous allons transcrire ici la seconde partie du Rapport dont nous avons donné la première partie art. 4^^ et suivants. Le projet discuté dans cette seconde partie embrasse la partie du canal dont il s'agit, comprise entre la fosse milliaire n° 53 et le pout à construire.

499. « Le projet de ce canal a, s'il est possible, une liaison encore a plus intime que celui dont il a été question dans la première partie de « notre Rapport (le canal à creuser dans le I^autano d'lnferuo)| avec le o système général des travaux de dessèchement des marais Pontins, et u s'applique à la partie de ces marais dont Tétat est le plus désastreux. t( Par ces motifs, la Consulte extraordinaire de Rome a rendu un décret u pour ordonner son exécution, ainsi que la construction du pont sous « lequel ce canal doit traverser la voie Appia à son déboucbé dans le A canal Pio. C'est vraisemblablement en vertu de ce décret, que les <t travaux ont été afljugés et exécutés en grande partie.

« Le canal de la Schiazza a son cours sur la gauche de la voie Appia, K eu allant de Rome à tapies, et sa direction est à-peuprès parallèle à ff celle de cette route et du canal Pio. Le lit de la Schiazza existait avant « 1777; mais il fut supprimé lorsqu'on exécuta les travaux ordonnés par « Pie Fl> Cette suppression était luie suite des vues systémaLiques que ce « souverain pontife avait conçues sur le desséciiement des marais et sur « le parti à tirer du canal Pio, qu'il a fait creuser le long de la voie V Appia, et qu'il regardait comme capable de devenir le récipient gé- « néral et unique des eaux de ces marais. C'est principalement à ces vues ff systématiques, qui, malheureusement, furent adoptées avec enthou- « siasmepar son ingénieur Rapini^ quil faut attribuer les dépenses rui- « neuses et trop souvent infructueuses d'une grande partie des travaux « exécutés par les ordres de Pie VL Je ne dirai rien ici de Tbistoire cri- « tique de ces travaux, qui est exposée, dans mon ouvrage sur les marais « Pontins, avec tous les détails et les développements désirables,

5oo. « L'insuffisance du canal Pio pour remplir les fonctions de ré- «r cipient général et unique ne tarda pas à être reconnue, k se raaui- « fester par des miilheurs; et cependant ce ne fut que plusieurs années tf après rétablissement de ce canal, que Rapini se détermina à rouvrir et « à recreuser la Schiazza, Ce projet pouvait avoir un effet très-heureux

« pour la partie gauche des marais: mais cet effet fut annulé par les vices « de l'exécution; vices dont les principaux sont la petitesse de la section n transversale, et sur-tout la mauvaise disposition de Tembouchurc.

5oi. « Il s*îigit maintenant, et il est même urgent d'achever nn ouvrage « dont Rapini n'a laissé qu'une ébauche inutile, quoiqu'il y ait employé « quatre campagnes; et, en conséquence, il faut recreuser la Schiazza, <c et donner à son embouchure dans la ligne Pio une position favorable a à récoiiiement. Mais ce projet» qui, même exécuté avec toute la per- « fection désirable, ne suffira point encore à la bonification de la partie u gauche des marais, se trouve , par conséquent, lié à un projet plus a étendu sur cette partie gauche, lequel renferme le recreusement d'une B autre ancienne fosse nommée la Selcella, que Ba/u'ni a aussi supprimée, rt et qui divise l'espace compris entre la Schia^za et le pied des monta- » gnes , espace trop grand pour avoir un écoulement complet dans la « Schiazza. Le même projet général comprend encore les travaux à exé- « enter vers les parties supérieures de la Selcella et île la Sihiazza, daus o un vaste territoire situé vis- à- vis €le la ville de Sezze, et qui dépend de a cette ville, pour donner Técoulemcnt aux eaux de ce territoire, dont « les issues ont été obstruées par les opérations de Bapini^ les résultats « de ces opérations ayant été de mettre ce territoire dans une situation « plus fâcheuse que celle où il se trouvait anciennement ( vojez les ar- « licles 49^3 et 497 )•

5oa. « Les plans que je mets sous les yeux du Conseil , lui offriront l'en- •c semble de tout le système ^les travaux, dont je viens de lui donner « Tindication, et sur lequel il trouvera, dans mon ouvrage sur les marais « Pontins « tous les développements nécessaires , avec l'exposition des u principes sur lesquels des travaux de cette espèce doivent être établis, « et l'application de ces principes au sol Pontiu.

<c Le canal de Schiazza est, entre les diverses parties du système général « de dessèchement, celle dont il est le plus pressant de s'occtiper; et, u parmi les divisions du projet particulier de ce canal , celle qui concerne R son embouchure doit llxer la première et la principale attention. Le m cliaugement seul de cette embouchure doit déjà atténuer les maux aux- « quels on veut remédier : c'est aussi ce changement qui constitue le M projet dont l'adjudication a été passée, suivie de la mise à Iceuvre, et « dont les pièces sont sous les yeux du Conseil.

&o3. « Je «lois d'aborfl faire connaître en quoi consiste le vice de Tem- « bouchure de la Schiazza. J'ai dit que le cours de ce canal était i-pcu^

u près parallèle à la direction du canal Pio et de la voie Appia, et ce ft parallélisme a lieu jussqu'au point où la Schiazza rencontre l'ancien Ht <c abandonné de rUtfenle , en un point qu'on appelle la Forcellaia; là, « les eaux de la Schiazza , entrant dans ce lit abandonné, le suivent ju&- « qu'à la rencontre d'une fosse perpendiculaire à la voie Appia , dont Tan- « cien nom est Fosso dOrsino^ et qui est maintenant désignée sous le nom « àe fosse militaire 53, parce qu'elle coupe la voie Appia au point où se K trouvait l'antique colonne milliaire romaine portant le n** 53. Or il n y a a aucun inconvénient à conserver toute la direction du lit dans la rt partie supérieure à son point de rencontre avec la milliaire 53, sauf « les élargissement et recreusement, etc. Mais, à partir de ce point , la « direction change brusquement, et va, à environ looo" de distance, et rencontrer, à angle droit, le canal Pio; et, sur cette longueur de looo", « qui est à -peu-près horizontale , les eaux de la Schiazza sont tellement « dépourvues de pente, qu'au lieu de former une charge sur les eaux du « canal Pio, leur récipient, elles sont au contraire souvent dominées par « ces dernières, sur-tout dans les crues ; et le mal est d autant plus assuré (c et grave, que le canal Pio lui-même n'a pas la profondeur et les dimen- « sions transversales nécessaires pour recevoir en tout temps les eaux des « campagnes riveraines.

504. « Le nouveau lit à donner à la Schiazza doit donc avoir son origine a supérieure à Tintersection de la milliaire 53 , et le premier objet des « recherches doit se porter sur la détermination du nouveau point du tf canal Pio où la nouvelle embouchure doit être portée. Cette détermina- « tion donne lieu à un problème curieux et important pour la doctrine « des canaux , dont feu M. Astolfi^ successeur de M. Rapini^ et M. Scacda, « se sont occupés , et dont j'ai donné dans mon ouvrage une solution frês- « simple. Nos résultats s'accordent pour placer le point cherché près de « l'angle occidental du Puntano d'inferno, à a5" au-dessus de la mara telliére qui donne l'écoulement à un terrain appelé le Tabto^ séparé du « Pantano d'inferno par l'Uffente.

505. a Cette première question étant résolue, il faut connaître la quantité < d'eau que le canal aura à débiter dans un temps déterminé. Il s'agit ici « des eaux pluviales, et les données doivent être, i" la surface du terrain «qui verse dans le canal proposé, a*" la quantité deau pluviale qui y a entre, 3* la durée de son affluence dans ce canal. J'ai recueilli sur ces « objets, et consigné dans mon ouvrage sur les marais Pontins, les données « les plus sures que j'aie pu me procurer , parmi lesquelles on distinguera

« les tableaux des quantités d'eau pluviale qui tombent en divers temps « de Tannée sur le territoire romain, dressés d'après vingt-deux ans d'ob- « servations de MM. les astronomes du Collège romain , Catandrelji et « Conti, Il résulte de ces observations , que la hauteur de la couche an- « huelle d'eau pluviale qui tombe dans les marais Pontins, est à la couche «r annuelle correspondante , à Paris, à peu près comme 8 est à 5. De plus, «t on a des exemples d'eau pluviale fournie dans un seul jour en quantité « si prodigieuse, que les creusements de canaux capables de débiter cette « eau de manière qu'elle ne séjourne pas pendant quelque temps sur la (c campagne y donneraient lieu à des travaux impraticables par la gran- « deur et la dépense ; il faut donc faire ses dispositions pour un état « moyen des crues, en s'arrangeant, d'ailleurs , de manière qu'une inon- « dation extraofrdinaire et inévitable ne cause pas d'avarie trop forte.

5o6. « Les résultats de mes recherches m'ont conduit, à cet égard, à « une règle de calcnl applicable au pays romain , et qui est d'une bien « grande simplicité; la voici :

« Ajoutez le nombre d'hectares de terrain à dessécher , à la moitié de ce « nombre ; la somme donnera en litres le volume d*eau que le canal de » dessèchement doit être capable de débiter en une seconde de temps.

« Appliquant cette règle au cas du canal de la Schiazza , qui doit donner a l'écoulement à loaSo hectares de terrain , on a

« Premier nombre loaSo^

a Moitié de ce nombre , 5 140.

« Somme indiquant le nombre de litres d'eau que le canal . ^ tf doit être capable de débiter dans une seconde de temps. . . .

a Ainsi les sections et les pentes doivent être projetées de manière àob- 0 tenir un maximum de produit de iS"^"*^' 4^ p^i* seconde M. Scaccia, «t par des considérations particulières, a trouvé i4'°'"***'4^» et a fait ses « dispositions pour ï5 mètres cubes, en sorte qu'on peut regarder nos « deux résultats comme ayant entre eux un accord satisfaisant.

507. « Les bases de projet étant ainsi obtenues, les pentes longitudi* « nales et les profils transversaux ont été établis d'après les méthodes m que j'ai données dans mes Recherches physico-mathématiques sur les « eaux courantes. De toutes ces déterminations, il est résulté un canal « de a84i'" de longueur, iS'SS de largeur dans le fond, avec des talus « de I de base sur i de hauteur.

S'jo MARAIS PONTINS.

«On élèvera, sur chaque rive, une digue dont le sommet sera plus (( haut que le fond du canal , de S'^So; la largeur, à ce sommet, de a"5o; tf et les talus, de 4 de base sur 3 de hauteur : il y a entre le pied de tt chaque digue et le canal un chemin de halage de 4'° de largeur.

« Le tracé suit, sur une grande partie de sa longueur, lancien lit « abandonné de TUffente, dont on Técarte lorsque ia direction devient « parallèle à la voie Appia^ afin de se procurer plus de développement 4c pouf la courbe qui ramène les eaux sous le pont à construire.

508. « Le montant total du détail estimatif est de 86479' ^4'* ^^^ » fouilles, dans le lit abandonné de TUffente, sont évaluées un franc le u mètre cube. Je dois observer qu'on trouve dans les fouilles une coiicbe « de concrétions fort dures, dont j'ai expliqué la formation dans mon « ouvrage sur les marais Pontins, et qui ne peut s'entamer qu'avec le a pic, tandis que le sol tourbeux ordinaire est très-facilemeut pénétré ce par la bêche. Les fouilles dans la partie latérale au lit abandonné de K ruffente , où Ton rencontre aussi des concrétious de Tespèce de celles

« dont je viens de parler, sont évaluées Sa centimes le mètre cube. Le * « prix du mètre cube de remblai , pour les digues, est de o^ao.

509. <c La seule observation que j'aurais à faire sur ce projet, géné- K ralement bien conçu et évalué avec exactitude, porterait sur lea talus <T de la tranchée du canal qui, à i de base sur i de hauteur, doivent « paraître un peu roides. Cependant les profils transversaux du canal t( Pio, dans Tétat où il se trouvait en 181 1 , que je mets sous les yeux du u Conseil , prouvent que la terre fouillée prend moins d'inclinaison qu*on i< ne le présumerait d'après sa qualité tourbeuse; et, par cette considërau lion, je crois qu'on peut, sur ce point, s'en rapporter à l'ingénieur. »

5 10. Nous ferons observer que, dans le projet dont nous venons de rendre compte^ M. Scaccia a donné une évaluation de la quantité d*eau que le canal projeté doit être capable de débiter, double de celle que M. Astolfi et lui avaient d'abord adoptée dans leur premier projet ( voyez le chapitre IX de la troisième section ); et cette évaluation double se trouvait, à l'époque où nous avons rédigé notre rapport » conforme à une règle de calcul que nous avions établie d'après certaines données: mais, depuis ce temps, ayant examiné et rapproché avec la plus grande attention les observations les plus authentiques faites sur la quantité d'eau pluviale qui tombe dans les états romains, nous avons reconnu qu'il fallait poser la règle do l'article 5o6 ainsi] qu'il suit : « doubles '( le nombre d'hectares du terrain à dessécher, et vous aurez le nombre de

« litres que le canal de dessèchement doit être capable de débiter dans « une seconde de temps. » Cette règle est, en d'autres termes, la même, quant bxx fond , que celle de l'article 87 ( 1 ). f^o/-ez le chapitre V de la première section, et les chapitres III et IV de la présente section.

5ïi. Ainsi /par notre nouvelle règle, le canal émissaire doit être capable de débiter, dans une seconde de temps, 2 litres d'eau par chaque hectare de terrain à dessécher : cette règle , modifiée de manière à fournir le résultat de l'article 5o6, donnerait un litre et demi d'eau par hectare; et si l'on voulait qu'elle satisfit aux évaluations d'après lesquelles Astolfi et Scaccia ont établi leurs premiers projets {chapitre iX de la troisième section)^ il ne faudrait statuer que sur \ de litre par hectare à peu près.

D'après ces rapprochements, en adoptant , comme il est convenable de le faire, les tracés et les pentes proposés par les ingénieurs ci-dessus cités , il ne reste qu'à faire la correction convenable aux sections : or il nous paraît suffisant, pour la pratique, en conservant les mêmes formes aux sections , d'agrandir simplement leurs aires dans le rapport de 76 à 200 (ce<iui donne le rapport de 87 à i4^ entre les côtés homologues)» pour ce qui concerne le projet analysé au chapitre IX de la troisième section; en retranchant de ce projet la partie comprise entre la 53^ fosse roilliaire et le Tabio; et dans te rapport de i5o à 200 (ce qui donne le rapport de 122 à 142 entre les côtés homologues) , pour ce qui concerne le projet exposé dans le présent chapitre.

5i2. Ce dernier projet a été appelé projet du canal de la Schiazzay et cette dénomination pourrait faire soupçonner quelques changements de détermination relativement à la Selcella. En supposant qu'on eut renoncé à rouvrir ce dernier canal, il n'y aurait rien à changer aux dimensions

(i) Nous avons donné à cet article 87 la formule suiyante ,

Q' z=: 0,0000002. fl,

dans laquelle a exprime, en mètres carrés , la surface du terrain à dessécher, et Q le nombre de mètres cubes d'eau que le canal émissaire doit être capable de débiter dans une seconde de temps. Si / est le nombre de litres contenus dans Q , et A le nombre d*hectares contenus dans tf , on aura Q' := — et a ^ loooo A, et , en substituant ces valeurs dans Téquation précédente ,

C'est le nouvel énoncé de la règle de l'article 5 10.

37» MAKAIS PONTINS.

de celui dont il est question dans le présent chapitre, qui, dans tous les cas, doit recevoir les eaux des J0280 hectares comprenant la surface de la partie des marais comprise entie TUffente et la voie Appia, et, de plus, la surface du Canipo Settino. Il suffirait donc d'augmeuter convenablement les dimensions transversales du caqal de la Schiazza sfU-dessus de la fosse milliaire 53; mais nous n avons aucune raison de penser qu*on regarde le recreusement de laSelcella comme inutile. M. iScacciVi, dans les notes qu'il nous a laissées, a reconnu et motivé l'importance de ce recreusement de manière à ne nous laisser aucun doute sur ses opinions à cet égard, et sur celles de tous les ingénieurs qui connaîtront les localités , ou qui prendront connaissance de ce que nous avons écrit sur cette matière.

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