‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 144 sur 155 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Des Moyens d'entpéicfier la Submersion de lanoïweïle Route qui borde

le Canal de Terracine.

534- On a vu, art. raa, 23g et 341 , que les Romains, après avoir conduit la voie Appia de Borne aux approches de Terracine, sur deux lignes seulement, formant entre elles un angle très-obtus aux montagnes d'^/bano et de Larida , s'étaient crus obligés d'infléchir cette route au pont Settino près de Terracine » parce que la continuation de sa direction rectiligne Taurait jetée dans un marais très-profond.

Le canal de navigation de Terracine traverse ce marais; et le pape Pie AY, qui d'abord s'était déterminé à s'en tenir, pour la communication par terre, à l'antique direction soutenue à gauche sur un terrain élevé et ferme, a pris ensuite le parti de construire une route neuve sur le bord du canal, afin de ne point interrompre l'union de la ligne Pio et de la voie Appia, et d'en conserver, jusqu'à Terracine, l'effet imposant.

Ce parti était sans doute le plus convenable pour la magnificence du monument; mais nous avons vu , aux articles cités, les fâcheux inconvénients qui en sont résultas, semblables à ceux qu'on éprouve à la coro* nella de TUfFente ( Foyez le chapitre XVIII de la présente section). BAalgrë Timmense quantité de matériaux employés à la construction de la levée sur laquelle la chaussée est établie, et ses rechargements successif, elle continue à s'affaisser et à être couverte par les grandes eaux.

Nous avons parlé, à l'article laa, de l'effet singulier d'infléchissement horizontal qui a eu lieu en même temps dans l'alignement de la route, dans ceux des deux rives et du fond du canal.

535. La partie ainsi sujette aux inondations a son origine à %i%^ du milieu du Ponte Maggiore, et à 450"* de la borne milliaire moderne n* 64 du côté de Terracine; elle finit k 376'j"' du milieu du Ponte Maggiore, ou à 4oo" de la borne milliaire moderne n.**65 , du côté de Terracine.

La longueur, entre ces points extrêmes, est de i44o"; et sur cette longueur, 4oo<° seulement sont au-dessus des grandes eaux. . Le point de partage du canal de navigation au débouché de l'eaa Fe^ ronia^ sons le pont de Gianni, dont nous avons parlé aux art. 100, ia5 et 124a , le point où ce canal change de direction, le pont de la Pedicatà, et le point où T infléchissement horizontal dont nous avons parlé, art. laa , a lieu, se trouvent tous sur cette même longueur de i44o".

536. D'après des nivellements faits au mois de juin ( 1811), le point le plus bas de la surface de la chaussée, dansson milieu, était à i"^! au - dessus du niveau de la basse mer ; ce point est à 98* en amont du pont de la Pedicata, et à 470°* en aval du point de partage, ou du pont Gianni. D'après la pente de surface des grandes eaux , donnée art. a43 , leur côte de hauteur, à 470*" au-dessous du pont de Gianni, devrait être de i^jggi , plus grande de ©"390 que la hauteur du milieu de la chaussée à son point le plus bas.

537. Il serait fort à désirer qu'on put tenir la route supérieure aux grandes eaux, sans être obligé d'apporter de grands changements 4 sa hauteur absolue actuelle. Le seul moyeu de parvenir à ce but serait d'abaisser les eaux du canal ; et voici les circonstances locales qui pourraient fevoriser ce projet. D'abord, la partie inondée est située sur le sommet de la double pente formée parles eaux du canal, dans lendroit précisément où l'abaissement de ces eaux offre le plus de facilité et le moins d'inconvénient; ensuite, vis-à-vis ce sommet^ ou point de partage, et du côté do la mer, se trouve une ancienne fosse abandonnée, qu'on

appéiait Fosso di S, Martino, laquelle, partant du Fmmicello , ou Fosso Traversa,, allait se rendre dans le Portatore, au-dessous de Canzo, et se partageait, avec le Fiiimicello^ les eaux des trois moulins. Nous avons parlé de cette fosse dans la description de l'état hydraulique ancien des marais Pontins, art. 186. Sa longueur, y compris une petite partie de Tancien Fiuraicello, attenante à la route, est de 137s".

538. Voici des résultats de nivellements et de mesures, dont quelquesuns fourniront des données utiles dans Texamen du parti qu'on peut tirer du Fosso S. Martino, pour rabaissement des eaux du canal de navigation au point de partage.

'à rorîgtneçommone du Portatore et du canal. Hauteur dea eaux des I au point dd partage des eaux .

gnndes crues an-desaus / à la prise d*cau du Mortaccino

dunîveàodelabaisemerlà l'embouchure du Fosso S. Martino dans le Porta-

.tore.

Hauteur, an- dessus du niveau de la basse mer , du point le pins bas de la partie inondée de la route ^

/de l'origine commnnedu Portatore et

I, ft6o.

t,6oi.

Distances

du canal.

à la prise d'eau du Mortaccino 6578 .

au point de partage a85o.

Ià la prise d'eau du Mortaccino 8728 .

i la mer, au port de Terracine. 5391 .

à Tembonchure du Fosso S. Blartino dana le Portatore x37a .

du point le

plus abaissa à l'origine commune du Portatore et du canal ft38o.

de la partie an pont de la Pedicata 98.

inondée de au point de partage 470 .

y la route... V

53q. Le point où le partage des eaux du canal de navigation se fait maintenant, doit, dans la question relative à Touverture du canal S. Martino qui nous occupe, être considéré comme le point central, ou point commun de réunion de trois branches de canaux dirigées respectivement, à partir de ce point; savoir : la première, à l'origine du Portatore; la seconde, au port de Terracine, ou à la prise d'eau du Mortaccino; et la troisième, à un des points du Portatore , qui , d'après des conditions particulières de la question, peut être ou ne pas être Tancienne embouchure du Fosso S. Martino. Or, suivant la déclivité et la section transversale qu'on donnera à cette troisième branche , les déclivités des deux autres subiront des changements capables de rendre la première branche, ou ho-

388 MARAIS P.ONÏ1NS.

rizontale, ou inclinée en sens contraire de soniaclinaison actoeHe,«t Is hauteur absolue du point cooimun de réunion au-dessus du aiT«au de la mer changera aussi.

Mais la troisième branche devant aboutir à un point du eanai Poftfr*i tore, fort avancé dans ce canal , et beaucoup plus près de soo emboochapc à la mer que de son origine , ou peut , par cette considératîoii ^ supposer que la hauteur des grandes eaux, au point d'affltience, ne sera pas sensiblement changée; et cette hypothèse est d'autant plus admissible, que le volume des eaux apportées par ce nouvel affluent ne peut être qu'une très-petite portion du volume de celles que fournissent les autres effluens. On peut voir y relativement à cette invariabilité de niveau, ce qui a été dit sur le canal délie Volte , art. 4^4 et ailleurs^

On peut encore supposer au canal de dérivation creusé sur la liiree^ tion du Fosso S. Martino , une prise d*eau et une sectioù trai^versale telles, que rabaissement des eaux de crue , au point qui est maintenant le point de partage, satisferait k des conditions données, odie, par exemple, de rendre égales entre elles la déclivité de la surface des eaux de crue dans le canal de dérivation, et la déclivité d'une ligi^ ijfroîte qui, partant de la même surface, à l'origine de ce canal, aboutirayt à la surface de la mer au port de Terracine. Le problème , considéré sbut le point de vue purement géométrique, se réduit à trouver, sur une verticale donnée de position, le sommet d'un cône droit, dont la surlEace passe par deux points donnés. La'solutton générale de ce problème a ët( donnée dans le chapitre XI de l'introduction.

540. L'élévation de ce sommet au-dessus de la basse ner est la coordonnée que nous avons désignée ( art. 65 ) par z'" passant par le point central que nous avons appelé point C> et l'on a, par la seconde équation de Farticle cité,

«âV — TOa"s'

On a ensuite, par les conditions que nous venons de poser, et d*aprèsies données du problème,

SECTIOW Iir, CHAPITRE XXV. 389

4'où l'on dëdvit

.II 4oao ' , ^

Cette valeur satisfait à h condition posée; car elle donne, pour la déclî- Nrteé du canal de dérivation, >•

î. ..••>. ; .'. -.hM ■ ■ ,57;- ^ ^ a,oooatt4 —-^g^^

541. L'élévation actuelle des grandes eavûc au point de portage est

de'JvL... :...... ivJ-.;'i.;, ;. 1*^4

■I^ hauteur <^ulé')nbt|i9'*«'<étion8 de trt^uverîs: ' i,5a9.

La^ diffét*ence -ou 'TabftiMementi=: o, 465.

Le creusement d'un canal de dérivation capable de produire uii pareil al>aîs)^enl est trè^pdsiiUë'Mf n^^'méme pas dé difficulté : de plus , il est lloi^'de ddute tpèldèr âfBaissemént ferait cesser le partage des eaux , et qu'éiré^ebulèr'aîè^il'^Grates'Vet'S l'origine du Mortaccino et le port de Ter> taéin^; et^ pour'ètrà àsslifé de'i^t dï^, on n'a pas besoin de déterminer d'i^^iïc^Ê, lès Aé&U\Xé% (Jùe ces/eatix prendront dans le canal de naviga* tloh; il s)af6t' de éàvolr que, dans l'état actuel des choses, les grandes ^ûVie tienneilt pt^sqùe de* niveau entre TorigiÂe du canal de navigattotï" ètle'pdlnt de'^yVtâgfe/'èt cduléti^: mëftie VéW Tetracînè', lorsqu'elles s'fflë^ebt âù-dPe^ùâ"de la 'hauteur des crues ordinaires , ce qui est arrivé le 1 3 avril i8pg(art. a43).

'54^. Voyons maintenant, daAs lîiypothl^se où les eaux des crues seraient al>ïiissées au point. C de la quantité o*465 ci-dessus trouvée , k <îtîeflé Ifâuteur il filiid^ait qu^eHes se tinssent à Vorigine du canal de navigation' ou au pomiH f polir qïie le point le plus bas de la route ne fût point submergé Vii^^is se trouvât siinplement au niveau des eaux. La co* ordonnée de ce point est, art. 538, égale à 1*601 , et sa distance au pointe est de 47P"rOn a donc

OO» en faisant attention que a"/ est la lopgueur désignée précédemment parZ>{;=985o-,

i» ^ X'" -V ""^l^^'"' a"' = i-Sag + ^ x a85o* =: 1-966. 470 •^ 470 *^

Ainsi le point le plus bas de la route se trouverait au niveau desgraades

sssu, si , 4ans rhypotbèse d'uft abaissement du point actuel de partage

Sgo

égal à o'",465, l'origine du canal de navigation s'abaissait de la différence entre la hauteur i"'994i donnée art. S38,et i-qGô, c'est-à-dire, de ©""o^y. Mais rabaissement effectif excéderait ëvideinmenl une aussi petite quantité, parce qqc roriglue dont nous parlons', qui est en même temps celle du Portatore , n'est pas pour Tinvariabilité de hauteur dtins Ife cas du point d'affluence du canal S, Martino , art. 538, qui se trouve plus rapproché de la mer de 335 r "; donc le point le plus bas de" la route se trouverait supérieur k la surface des grande» eaux. .t

543. Concluons de ce qiii précède , qu'tm abaissement des grandes eaux, d'environ o'"5 , au pomt où se fait maintenant leur réparation, mettrait évidemment la partie la plus hoHsç^e la roule au-dessus de Tinondation, , ,1

Pour opérer cet abaissement^ et même, if^ejf|us grande déprcs^iou, M elle est jugée nécessaire, sans qu'il co résulte auauaii]cunvéoient pour U navigation, nous proposons de faire» ^ur la r>ve droite de,l« iîgue P«o., à Tancienne origine du Fosso S. ^artuio , un déversoir de i5* de Içagueur, arrasé à la hauteur à laquelle s*élèvent les grandes ^ayx aupoim d'affluence de cette fosse dans le Portatore, c'cst^àT^irej, af^ 538 , à 1^ hauteur de i"r4o au-dessus de la basse mer ; çp qui , art. a^^'^**^^^ de o"*io6 la hauteur aetuelle des basses eaux au j)oint de, partage, et se trouve de o"854 inférieur à la hauteur actuelle des grandes. eaux au même point.

Deux digues, enracinées, d'une part, sur celles du canal de navigation, et se terminant , de Fautre, aux digues du Portatore, seront élevées de cliaque côté du nouveau canal de navigation^ les piçds de ces digues ^eront distants, entre eux, de seize mètres, et leurs crêtes seront menées, d'une seule pente, du sommet des digues du canal de navigation au sommet des digues du Portatore. L'ancienne fosse , entre ces digues neuves, sera simplement redressée et recreusée.

Les talus de ces digues auront a de base sur 1 de hauteur , et leur largeur, au sommet, sera de 3 mètres.

544- A l'avantage de préserver la roule de l'inondation, ce canal de dérivation réunira celui d'assurer le service du moulin de VecchiS| ^^i fait mouvoir Teau de la célèbre fontaine Feronia et des moulins del Ve»covo et Garaffa, en abaissant considérablement Teau en aval de leurs roues.

Déplus, cet abaissement soulagera très-sensiblement les digues du canal de navigation, qui éprouveront uo moindre efïort de la pari des grande«

SECTION IV, CriAPlTRE XXV. 391

eaixx,el cependant ne compromettra jamais la navigation, puisque Teau du canal, dès qu'elle sera à environ o*"!! au-dessus de letiage^ se trouvera ramenée à son ancien régime.

Enfin la pente d'écoulement , et la vitesse qui s'établira , dans les crues, entre Turigine du canal de navigation et celle du canal de dérivation ^ seront plus favorables à la conservation de la section que Tétat actuel des choses, qui rend les grandes eaux à-peu-près stagnantes dans cette partie du canal de navigation.

545. Nous devons cependant prévenir, en finissant ce chapitre, que rétablissement des digues du canal de dérivation exigera des examens préliminaires très-attentifs et des précautions très-scrupuleuses, vu la mauvaise qualité du sol tourbeux qu'on rencontre sur une grande partie de la longueur du tracé rectiligne entre les deux points extrêmes ci-dessus indiqués. Si, diaprés les examens , il était constaté que le terrain se trouvât dans un cas comparable à celui qui supporte la coronella de rUlfeute , Texécution du projet pourrait devenir embarrassante. On aurait dans cette circonstance fâcheuse , entre autres ressources, celle de changer le tracé, et d abaisser ou de rapprocher de la mer le point d*affluence du canal de dérivation dans le Portatore : mais c'est sur les lieux mêmes qu'il faut étudier les modifications.

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