‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 145 sur 155 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Description du Port antique de Terracine. — Établissements maritimes à faire dwis les Marais Pontins. Planches 17, iS et ig.

546. Si la grande et mémorable opération du dessèchement complet du territoire Pontin est un jour terminée, et que toutes les dispositions pour le maintien de ce territoire dans Tétai de bonification soient bien combinées et bien assurées, on pourra se servir très-utilement des magasins et autres bâtiments construits par ordre de Pie VI ^ et dont il est important d'empêcher la dégradation. On a vu , dans la troisième section, en quoi ils consistent. D'un autre côté, rexlréme fécondité des marais rendus à l'agriculture, et leur position géographique, donneront lieu k des exportations et à des importations qu'il faudra favoriser par des établissements maritimes.

3gtï ^1^ MARAIS PONIINS.

Les coii«iclération5 commerciales ite sont pas les seules qui moiivciâf' de pareils établissements : depuis Gaéte jusqu'à Anzo, il n'existe aucune station qui puisse servir de refuge, soit aux [petits bâtiments de çnerre qui gardent les côtes, soit aux bâtiments marchand*; et lorsque quelques corsaires infestent ces mers, les bâtiments dont noirs parlons courent les plus gramàs risques en doublant le cap Circé , autour duquel rennemi trouve toute sorte de facilités pour les attendre et les surprendre. Les Français avaient fait élever des batteries sur le mont Circé pour protéger la navigation, et établi des postes militaires pour s*oppcser aux déb^irquements; mais aucune de ces précautions ne peut suppléer nit port", capable au moins de scrrir d'asile aux barques marchandes et en génëri aux petits bâtiments de mer.

547. Nous avons parlè^ art. i3g ( note ) et ailleurs, du port antique de Terraeine; la grandeur de ce port, et la solidité des' murs qui Tentoo^ rent, annoncent qu'il avait été établi pour une uavigation âoHssante et active. Son périmètre se compose de deux parties rectiltgnes y situées du côté des terres, et d'une partie courbe, qui sépare le port de la roer. La longueur du périmètre est de rrÔo™, non compris la passe ou entrée , qui a ri a" de largeur. Le plus grand diamètre intérieur, pris parallèlement à celle des parties rectilignes du périmètre qui aboutit à la passe, est de 4oa" ; le diamètre perpendiculaire à celui-là est de 38o*; la surface intérieure, de JJ7100 mètres carrés. Une des parties droites a, derrière elle, un tertre appelé Monticello, qui semble être un dépôt de terres tirées du port, soit pour le creuser soit pour le curer; Taulre partie droite aboutit à Teutréc du port , et Jte trouve située entre le vaste et beau magasin pour tes grains, con»truit par Pie Tï ^ ek le prolongement du lit du canal de navigation, qui va jeter dans la mer, par Tentrée du port, la partie de ses eaux qui dépasse Torigine du Morlaccino. Ce canal entre dans le port par une brèche qu'on a faite â la partie recliligne de r«ncdnte le longdte laquelle il coule, près du sommet de Tangie de io> fomaépor les deux parties rectilignes.

M. l'abbé iV#ro/a/ dit dans son ouvrage, vraisemblablement d'après d«y notes fournies par Bapini, que cette brèche avait été approfondie ji qu'à 5 palmes (1*1 rj) au-dessous de h basse mer; mais, diaprés les mesures prises par M. Scaccéa, sa profondeur réelle n'est que de o",8.

Elle existait avant les travaux de Pie /7, mais avec des dmtensioi plus petites encore, et fournissait un passage aux eaux du Fiamicell

SECTION ÏV, CHAPITBF XXVI J9J

éont nous avons parlé art. i8ti. Ces eaux, ainsi introduites d;ins le port, le traversaient, ei allaient se jeler dans la incr par deux ouvertures pratiquées à la partie courl^e de l^euceinte, postérieurement k sa construction.

L'entrée du port est contigu^ au point du rivage où se trouve Textrcmité d'une des parties droites de l'enceinte, et Tembouchtire k la mer, da canal de navigation v^t comprise entre ce point et rexlrémité de la partie courhe de IVuceintc. Le vent qui souffle directement sur cette enhre. est celui du nord-est : mais son action est entièrement ou en presque totalité amortie par réminence du Pisco Montano , sur laquelle 00 présume que le phare du port était placé, et par une saillie du rivage dans la mer, ou petit cap compris entre le l'isco Mtjntano et la Torre Gregoriana ; depuis ce dernier point jusqu'à rextréniilé du port , le gisement moren du rivage est du nord-est au sud-ouest.

I-rt partie extérieure du mur dVnceinte a un talus considérable , et des restes d'anciens enrochements existent encore à sa base. Le pnremenl de la partie uîl-érieure est élevé à plomb, et l'on y remarque des modilluns de marbre percés de trous dan» lesquels entraient le^ câbles auxquels lea ft« vires étaient .^unarrés.

Le mole, ou mur o'cuceinte, à en juger par quelques parties qui restent intactes, était élevé <h 3* 'i5 au-dessus de la base mer; les dégradations ont, valeur moyenne, réduit eette hauteur à r'S: sa largeur, au sommet, est de iS^G. Il serait difficile de trouver un monument de cette espèce, d'une plus grande solidité.

Quelques débris de colonnes et de leurs bases, et quelques pièces d'archivoltes trouvées au pied du môle, donnent à penser qu'il existait jintrefois, sur sji plateforme supérieure, un édifice destiné vraisemblable ment fl loger des officiers du port.

Les oTiverlures faites à la partie courbe de Tenccinle, pour donner aux eaux du riumicello une issue à la mer, n'étaient abaissées qu'au niveau de la basse mer, en sorte que l'élévation de la mer, qui , dans les gros temps , j»eut aller jusqu'^ i-, fais:ut refluer ses eaux dans le port.

On ignore l'époque et l'auteur de la première fondation du port de Terracine : tout porte à croire que ré|x>qtie est fort ancienne, et que ce port est un des premiers régulièrement construits qui aient existé en Italie; la fabrique est de Tespéce de celles auxquelles les antiquaires donnei.t le nom générique d'opus reticulatum, Antonin le Pieux le restaura; le pape Sixte y , qui fit un vojage et un séjour de six semaines

Sg/» MARAIS PONTINS.

dans les marais Pontîns , conçut le projet de le rétablir complètement Quelques-uns disent que les difficultés du travail le firent renoncer à ce projet; d'autres, que sa mort en empêcha l'exécution.

L'é]poque à laquelle ce port a cessé d'être praticable aux navires^ est aussi peu connue que celle de son établissement : mais il a dû être trèsfréquenté pendant plusieurs siècles; et la preuve de ce point de fait se tire de la profondeur des sillons creusés, par leffet du frottement des câbles des vaisseaux, dans les orifices des modilions de marbre ci-dessus mentionnés , auxquels les vaisseaux étaient amarrés. ■

548. Les terres qui couvrent la surface intérieure du port, ont des hauteurs très-différentes au-dessus du niveau de la mer : une partie de cette surface est cultivée. Les sentiments sont partagés sur les causes de l'attérissement; quelques-uns Tout attribué aux dépôts des eaux intérieures qui se répandaient dans le port : mais Rapini n'est point de cet avis; il dit avoir examiné ces dépôts, et avoir reconnu qu'ils ëUiient composés de sables et de coquillages de mer. Bien loin de partager l'opiiiion de ceux qui disent que les eaux douces affluant dans le portent contribué à le combler, il pense, au contraire, que cet effet alirait pu résulter de réloignement ou de la division de ces eaux (i), et, en résultat, tt lat

(1) Il ne s«ra pas inutile de citer le texte du Mémoire de Rapini^ pour voir l'accord des principes les plus généralement reçus dans l'école hydraulique italienne, avec ceux que nom avons posés dans le cours de cet ouvrage, et pour confirmer celte conséquence générale à tirer de l'exposé historique de notre deuxième section , qu'il ne faut appliquer même Ici principes les plus sûrs qu'avec précaution, et en évitant sur-tout de donner àleor appUotion une étendue exagérée.

« È cosa generalmente saputa , che Tarte idrostatica in que' tempi (antichi) era affatto

• bambifta in quanio al regolamento de' fiumi , con tulto che si sapessero, o, per megiio « dire, si vedesscro le loro tendenze e effetii. Era fia le altre leggi delK arte ignora U com- « munemente quella, ch' è la principale, la quale prescrive l'unione délie acqnc, se fard

• possa, in un corpo «olo, e spedirle per unico canal al termine : ânzi credevano gli anljcli « senza distinzione che scemando la forza diretu aile acque colla diviaione, quelle fi»Kif « meno pericolose ai cavi , et quindi anche aile campagne , come ne fanno prova i «oit»

• ponti costrutti sotto la via Appia. Ma l'esperienza ne ha tratto d'inganno; poiche %\kn- « duto, che la maggior sicurezsa de' fiumi e de' piani c riposta nello sgombro soUecitodelle « acque, il quale ha gran proporzione colla quantità de! volume loro. Quella massima sa-

• tica faceva, che vcnissero inondate délie parti che naturahnente non avrabbero danls *« csserlo.

* - Quindi, applicando al caso présente (dd porto di Temciva) questa dottnm di.ftttoe £

SECTIOîT IV, CHAPITRE XXVI. îgS

parait que latcessation de TuAage du port est la cauae plutôt que Teffet de son* encombrement. « Queste deduzioni , dit-il > inducono fondamento «perche si oredaassoIutatDente, che il porto non venisse in disuso , # Gome -alcDDÎ banno pret^sso, par essersi iuterrito, ma bensi che il di- « snso sîa stata la. causa perche siassi interrito. »

Si Ton admettait cette explication, il resterait à chercher comment le port aurait cessé d'être fréquenté ,. quoiqu'il fût capable de recevoir des bfttiments de mer; un pareil abandon a pu être la suite naturelle des longues et fréquentes guerres dont ce pays , par sa position géographique , a dû être et a^té le théâtre. Les dévastations et la dépopulation qui accompagnent ces fléaux , sont incompatibles avec l'activité et la prospérité du commerce.

549. Les détails dans iesquels nous venons d'entrer sur le port antique de Terracine, et ceux que le lecteur a trouvés, en différentes parties de cet ottvf!a{^>,aurie grand débouché des eaux Pontines, près de la tour de Badinpr'At sur le - canal. JVIortaccino, qui établit la communication entre ce débôuctté et celui du port antique , suggèrent immédiatement Ftdée.d'un système d'établissements maritimes, qui , si le territoire Pontin était un jour desséché , assaini et peuplé, pourrait devenir très-important. La condition essentielle et fondamentale que devrait remplir ce système, serait de fournir , à chacune de ses extrémités, une entrée de la mer dans l'intérieur des terres, aux bâtiments de commerce, du moins à ceux qui ne tirent qu'environ 3"° d'eau ; le canal Mortaccino , ainsi ouvert par ses deux bouts, deviendrait une vaste gare, dans laquelle il serait facile de pratiquer des darses pour ne pas gêner la circulation.

Rapini^ qui a un peu agrandi l'ouverture ancienne faite au uiole de Terracine pour y faire passer la partie des eaux du canal de navigation qui n'entre pas dans le Mortaccino , aurait voulu l'agrandir beaucoup

« ragione, si potra asserire con fermezu,- che gU antichi, temendo pîuttoato la velocità « délie acqne, che la lentezza, ne deviassero gran parte dal canale délia navigasione , c la « tramandassero per altre vie al mare , corne serabra probabile , che , dalla fossa indicata da « Strabone nel Ubro t, qaella di Nerône , con altre délie quali ne restnno vestigia, fossero « diversive délie arque. •

Le principe de la réunion des eaux, ainsi proclamé par Rapini^ est assarémént d*une vérité et d*une utilité incontestables; mais cet ingénieur %n a fait une application incoiisidén^e et malheureuse, lorsqu'il a ▼oalu jeter toutes Its eaux supérieures sur la ligne Pio : nous croyons avoir renclu un service à Tart Hydraulique, en insérant dans la deuxième section de notre ouvrage les détails relatifs à cette dt'aastreuse opération.

So.

plus : mats on voit, dans Thistoire de ses travaux , qu'il a* été arrêté par la difficulté de la démolition , au-dessous de la basse mer, d'one maçoanerie antiqtie très-épaisse et dont les ciments avaient acquis une dureté extrême. Nous croyons être assurés qu'il n'a pas mis à profit , pour ce travail , toutes les ressources que fournit Fart dans son état licrtuel de per* fection, et qui ont fait surmonter de plus grands obstacles que ceux par lesquels il a été arrêté. Le point où la démolition doit avoir lieu étant à plus de aoo*" du rivage de la mer, si Ton voulait employer la méthode des batardeaux, on aurait, pour diminuer considérablement les épuisements f la ressource de pouvoir barrer le canal de navigation , qui alors jetterait la totalité de ses eaux dans le Mortaccino, bien enteudu que cette manœuvre aurait lieu pendant la saison d'étiage. On pourrait aussi opérer sans batardeaux , et Ton a des exemples d'escarpements -très-difficiles qui ont été faits dans l'eau avec succès. ^ ' ; » '» •

55o. On pourrait fournir une entrée dans le canal de navigati^on aux bâtiments de mer, en exécutant de simples 'travaux de «eraoenleiit de terres ; il faudrait pour cela , au lieu d'introduire ce cana) dans le portt lui donner une embouchure à la mer, voisine de ce port; et cependant assez éloignée du môle pour qu'on n'eut pas d'affouillemént à redouter. Le parti qui, dans ce cas , nous semblerait le meilleur à prendre, serait de creuser au canal un nouveau lit du côté de sa rive droite , en avant du Monticello^ ou de ce tertre dont nous avons parlé art. 547 9 ^ ^^ ^^ juxtaposé à une des parties rectilignes du môle ; ce nouveau lit irait se terminer à environ 200* du point de Tenceinte baignée parla merlepim rapproché de sa rive gauche.

Mais nous pensons qu'il est bien préférable, à tous égards, de laisser au canal de navigation sa direction actuelle au travers du pbrt, en donnant à son entrée 10" de largeur et 3" de profondeur au-dessous delà basse mer ; il est à présumer que les fondations du môle né sont pas établies à une pareille profondeur : dans ce cas, qui serait le plus avantageux, ce môle serait entièrement coupé , et l'on ferait les ouvrages nécessaires aux extrémités de la coupure.

L'entrée du port est obstruée sur-tout dans la partie intérieure; on n'y trouve que 4 ou 5 décimètres d'eau. Il est présumer que le sommet de ce haut fond s'abaisserait n^urellement , lorsqu'il recevrait l'impuIsioB d'une plus grande masse de fluide : mais on le mettra d'abord à sa hauteur convenable , en recreusant le lit du canal de navigation dans Vinlérieur du port; il faudra peut-être aussi prolonger ce Ht dans la mer pa

des jetées extérieures, pour maintenir le courant et l'érosioii ju&iju'ù unt* certaine distance de Tenlrée du port. Bapini ^ dont la preujière pensée a été la restauration de re port, avait propos»? les jetées dont nous parlons , et sur la construction desquelles nous ne donnerons pas de détail , faute de sondes et d'autres données locales qui ne Faisaient pas partie des opérations dont nous étions chargés dans les marais Pontins.

An surplus, il ne £iut pâs periln» de vue que les eaux amenées par le canal de navigation sont peu chargées de sédiments, et que l'entretien du fond du lit à une hauteur constante ne serait pas très-dispendieux.

55 1. L'approfondissement et Kagrandissement du lit du canal de navigation, depuis Torigine du Mortaccino jusqu'à la nter, n'auraient pas pour unique avantage celui de faire parlie d'un bel établissement maritime ils coopéreraient de plus, utilement , à assurer l'efficacité des moyens que nous avons proposés, dan» le chapitre précédent , pour délivrer la route de la submersion à laquelle elle est sujette aux époques des crues. Il n'est pas douteux qu'une section de 3"" de profondeur, audessous de la basse mer, sur un minimum de largeur de lo*', et sur environ T700" de longueur, ne Casse abaisser la surface de leau à Torigine du canal de navigation ; et d'après les principes que nous avons exposés au chapitre XII de: riutro<tuction, l'excavation du lit au-dessous du niveau de la mer doit contribuer pour quelque chose à cet abaissement, dontHniluence se fera sentir dans la partie supérieirre du canal. Lad^kïli' vite de surface s'approchera alors de la déclivité de la ligne hypothétique que nous avons désignée par 6^ -^ aux articles 65 et 54o.

Cet abaissement augmentera encore la lenteur du cours du Mortaccino, de laquelle il tire son nom art. 127 et 174 ; mais ce canal n'en rempUra que mieux la fonction k laquelle il est destiné dans le projet qui nous oc* cupe : ayant son cours sur lo rivage de la mer , et aboutissant, à chacune de ses extrémités, à des canaux qu'il rencontre près de letirs embouchures à la mer. il se trouve, quant à l'invariabilité de ta hauteur de ses eaux, dans le même cas que le canal délie Volte; et comme les eaux qu'il re<;oit, tant pRr immission que j>ar infiltration, sont claires^ il sera aisé de maintenir sa section dans l'état primitif où on i*aura mise.

55a, Nous avons dit > art. 55o , qu'il était douteux que les fondations du môle du port antique fussent établies à 3" au-dessous de la basse mer: si ce doute est fondé, il faudra diriger le prolongement du canal de navigation au travers du port, de manière à ne pas faire craindre des af*

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fouillements; la largeur du port et celle de la passe qui lui sert d'issue

rendent la chose facile.

Le passage de la mer dans le canal de navigation et dans le Hortaccîno, au travers du port de Terracine, étant ainsi rendu possible aux petits bâtiments de commerce , la station de ces navires dans le port luiméme]f et par conséquent le recreusement de ce port , semblent n'être plus que d'une utilité secondaire. Il faudrait même, si Ton se déterminait k exécuter ce recreusement sur 3" de profondeur, laisser, sur le contour intérieur du môle, une largeur non recreusée suffisante, pour conserver à ce môle sa stabilité, largeur dont on pourrait d'ailleurs tirer un parti utile.

Si Ton veut connaître, par aperçu, le parti qu'on^pourrait tirer du recreusement, il faut savoir qu'un bâtiment de commerce du port de 5o tonneaux tire environ a^ôdeaulorsqu'ilestcbargé^eta, en nombres ronds» a4 mètres de longueur sur 7 de largeur; le parallélogramme rectangle circonscrit a par conséquent 16B mètres carrés de surface : or de pareils navires peuvent se ranger, dans un port un peu abrité, à une grande proximité Tun de l'autre ; on se contente , pour amortir les effets du choc de bois contre bois, d'appliquer un gros câble contre le bordage extérieur qui reçoit et atténue ce choc lorsqu'il a lieu. On pourrait à la rigueur , par cette raison, se contenter d'augmenter d*un mètre chaque côté du parallélogramme circonscrit , dont la surface seràit=8"' x a5~ = aoo mètres carrés. Mais , pour laisser des rues ou espaces intermédiaires dans lesquels les chaloupes puissent circuler, et qui donnent beaucoup de facilité pourtoutes les manoeuvres, doublons la base du parallèlograrome circonscrit, et augmentons sa longueur de moitié : la surface affectée à chaque vaisseau sera= i4" X 46"=5o4 mètres carrés. Supposons de plus que l'espace occupé pour le lit du canal, la surface non recreusëe sur le contour intérieur du môle , la courbure de ce périmètre , et enfin des destinations particulières k quelques emplacements, ne rendent disponible, pour recevoir les bâtiments de mer, que la moitié de l'aire intérieure actuelle: cette moitié, qui, art. 547, est =: "','■' mètres carrés, pourra recevoir un nombre de navires du port d environ 5oo tonneaux, égal à 7527^^=1 16. 553. Il ne sera pas inutile , en terminant ce qui concerne particulièrement le port de Terracine , de parler des motifs qu'on a allégués pour en empêcher la restauration , et de les discuter ; ces motife se trouvent exposés, pag. 35o de l'ouvrage de M. l'abbé Nicolai, ainsi qu'il suit ;

SECTION IV, CHAPITRE XXVi: 399

a O&ta la direzione dello sbocco del canale che è direttamente esposta «r ai venti sciroccali, i di cui cattivi effetti souo ormai noti a tutti; usta , « ancora, la spiaggia per essere di pocbissimo fondo» e formata di arène, er condottevi , cred*io , da quella constante correntia, che , seconde Tosc scrvazioni del Montanari e di altri celehri ingegueri, va radente il lido «r da levante a ponente , in questo littorale; fiualmente la quantità di aca qua portata dal nuovo canale, sebbene sia chiara di sua natura, non è « bastevole a potere colla sua energia , ne auche unitamente al flusso e ce riflusso del roare, mantenere scavato lo sbocco in maniera taie da dare «ricovero ai navigli di qualcbe portata. Per tutte queste cousiderazioni, « non era sperabile lesecuzione felice del porto a catiale, etc. »

Cest, sans doute, par inattention, qu'il est dit, dans le passage qu*on vient de citer, que la bouche du canal et du port est directement opposée au vent de scirocco, c*est*à-dire, au vent de sud-est : le vent qui souffle sur la bouche du port est, -comme nous Tavons dit, art., 547 9 '^ nord-est, ou, en termes de marine italienne, le greco; mais on a vu, à l'article cité>^ qUe Taction de ce vent est entièrement, ou en presque totalité, amortie par une émiuence et un cap situés entre Terracioe et la Torre Gregoriana.

Ou ajoute que la plage, qui a peu de fond, est formée des sables que le courant littoral y amène. Les profils que nous avons sous les yeux , nous donnent les cotes de fond suivantes au-dessous de la basse mer.

A 1 a5" de l'entrée du port o"67o.

A a I S" idem ' 1 ,563.

Ab&isseuejmt sur 90" 0,893.

La déclivité est d'environ 0,01 ; et si elle se continuait à peu près uniformément, il ne faudrait pas aller à 4oo" ^^ 'a bouche du port pour trouver les 3" de profondeur dont on a besoin : "nous sommes, feute de sondes assez avancées en mer , obligés de nous borner à cette conjecture; mais il nous parait assez certain qu'on aurait le fond requis -- à peu de distance du port. Quant aux. sables que charie le courant littoral, on a , en supposant le fait constaté, les moyens bien' connus de la courbure adonner aux jetées, et de la disposition de leurs têtes , pour empêcher les sables de s'introduire dans le chenal, et leur en faire dépasser Ventrée ; mais, pour appliquer ces moyens au cas particulier dont il s'agit ici, il faudrait avoir des renseignements de détail sur les

4uo MARAIS PUNTINS.

localités des sondes , des plans, etc. qui iiouu niaiiquent : nous avons seulement reconnu , en général . que le gisement «le l'entrée du chenal, favorable à Tapplication dont nous parlons, la mettnnt dans la direclioo du véritable sa'roœo, ou vent de sudest , qui est, sur celle plage, celui que les navigateurs désirent de préférence. ( f^ojret ^ dans rarticle aaprès, à Kappiii de cette assertion, la phrase d'une citiition de M. l'ingénieur en chef Scaccia , imprimée en caractères italiques. \

Enfin la partie des eaux du canal de navigation qui se rend au port de Terracine, et quou regarde , dans Tétat actuel des choses , comme bien peu capable d'opérer nne chasse à l'embouchure , serait augmentée , si cette embouchure était élargie : il serait très-facile, au besoin, d'empêcher la diversion qui se fait à l'origine du Mortaccino; et même, ce derni^r canal étant à-peu-près horizontal , on doit prévoir que ses eaux se trouveront dominées par celles que le Foilatore et le canal délie Voile verseront à fla:!»uo, et que leur cours se portera du coté de Terracine, lorsque les canaux proj^'^s pour les eaux supérieures, pour rAmazeno, ruffenle, etc. seront terminés. Cet effet résultera, tant de rélêvatioD des eaux, aux embouchures du Portatore et ù(^\\^ Volte, que de leur abaissement dans le canal de navigation , à sa rencontre avec le Mortao cino.

554- Si l'entrée du port de Terracine et du canal de navigation qui \ aboutit éf^it rendue possible aux petits bàliments de commerce, et si le canal Mortaccino était élargi el recreuse , ces bàliments jouiraient d'un espace d'environ Sooo" de longueur, depuis le port jusqua Badine, indépendamment de la surface intérieure du port : mais, pour compléter le système d'établissements maritimes. Il faudrait qu'ils pussent entrer et sortir par la passe de Badino, tout comme par la passe du port de Terracine; ce qui offrirait le système île deux ports unis par un canal intérieur.

Les sonder que nous avons sous les yeux, nous donnent des profondeurs de 3 et fC au-dessous de la basse nier, dans le canal Portatore, k loo ou iSo" du rivage : une barre formée à une centaine de mètres de ce rivage, en mer, n'a , à son sommet, qu'un mètre d'eau ; mais, à oo ou 60 audelà, on retrouve les cotes de 3" et plus. Si les projets que nous avons proposés pour I écoulement des eaux Pontines, s'exécutaient, cette barre serait certainement reculée el son sommet fort abaissé au-dessous de la basse mer; et pour assurer encore mieux cet effet, il serait cODvcnalilc de prolonger le canal Portatore eu mer par un chenal compris entre deux

dtgties. M. Fingénieur Scaccia s'^t occupé de ce projet 011 1810; et toiei le résultat de Bon travail donné par lui-même :

« Fra Terraciaa e il capo Girceo trovasi Timboccatura di tutte le acque a délie paludi Pontine, o sia del fiume Portatore. Questo aarebbe oppor- « tuno per formarne un porto a canale , che diverrebbe il porto di Terra- « cina, peressere stato fatto un canal navigabile (il Mortaccino) fra questa « città e la foce sudetta.

rt 11 fondale del fiume Portatore, finchè resta ristretto fra le ripe , è di a circa 4 ni^trii e le più grosse barche mercantili, e guarda-coste di « questi mari, non hanno bisogno cbe di 3 metri al più. Questo fondale « pero manca nell*ingresso del mare, ove la corrente, perdendo la sua ve- « locità, perde la fofza per tenerlo escavato, e si rîduce a' uti métro poco « fuorî dello sbôcéo, come si rileva dalli scandaglj presi a mare basso, in « tempo del riflusso.

ft Pei* fer dontinuare ii fondale uniforme da ricevére liberânmrente le «r bat*ch€r, non si déve fare altro che âccompagnare la ttttttntt del fiutne ^ t(m due ripe artefalie, per quanto si eâtetide là spiaggîa âottlle, ttlMtè* « iteridolo della stessa larghe^za ch« ha detifro ferra. Ciô si potrà ôttenefe a per mez2o di una doppia passonata, larga 10 metri, composta di passotii « di ferro, posti in dieci file, coramessi e Collegati con guide e tiniilti, d^e riempite, uei vani , con iascine e sassi. L'uno e Taltro ramo di pas- « sonata dev'essere fornito , ôlVesterfto, délia Sfia scogliera per garantirlo « dai coipi di mare.

« Nello scegliere la direriofte di qiKMtf» Abocco, si è avuto in vista di « voltarlo a sciroceo ^ cioè a quel venta che , di consenso di tutti i marim nariy è più favorevole in queste spiaggiCy e, dail* irigresso j meno penoon «c loso ai legni. Oltre di che risulta da moite osservazioni , che la correnUki « littorale f nel golfo di Badino, vi da dcstra a stntstfft , per tina Hp«rm omsionc prodotta dal capo Circea, ed il naoTo abocco ai è pofldto a eoN- «vergere con qmato corrente per eritare le depoala^tii delt'areAd solleu l'âne dal mare, neile tempestc.

« Pare ohe non debba temerai lu fonitazione <ii un nuovii hmiiS^ Aï e arefta iil faccia alVingresso del proposto porto a catidl&y almeno pei^^ti « tdmpo langV) y perché non Tt è alcuno fiume torbidof sopraven^r nlié tf p06M tramandart le aiCrne a queoca parte, e perché ({Utsta apiaggiil' éi m mantieue , da m^kisaitno teoip&y aeoaa aTamar^î aenaibilmenle! - <-' ' a La spesa occovreéte non ai è calcùiate. a rigote ; ;inB si iirim<'»4 iri ftreftfeO

|4oa MARAIS PONTINS

'« medio, di circa 4oo fr. al tnetro corrcnte, compresa la scogUera, e néllâ

« lungbezza totale di 700 rnetri , importa 280 mila franchi.

« Falto dal sottoscritto ingegnere ordinario délie paludi Pontine, <c Terracina, li no seltembre r8io. Scaccia ».

555. M. Scaccia , en disant que le port dont on vient de lire le projet sommaire , deviendrait le port de Terracine , semble ne pas penser à rouvrir le port antique de cette ville; nous ne doutons cependant pas qu'il ne regarde la double issue à la mer comme un avantage important, auquel on ne peut renoncer que par des motifs de difficulté et de dépense , dont il faut se rendre compte bien exactement.

Nous supprimons les observations de détail lesquelles ne pourraie être bien entendues qu'autant qu^elles seraient accompagnées des uièi du projet complet.

L'évaluation nous paraît faible, mais si le prix des travaux à la mer excède les estimations, nous pensons que le contraire aura lieu pour les fouilles de Tintérieur, si on emploie les machines dont nous avons parlé art. 485 et suivants; le Mortaccino, particulièrement, dont le fond n'est qu'un sable tourbeux et vaseux , pourra très-aisément être recteusé et élargi à Taide de ces machines.

la

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