CHAPITRE III
Moyens employés pour V entretien des Canaux,
3o8. Ir est convenable d'ajouter à ce que nous avons dit dans le chapitre précédent, quelques détails sur les moyens employés dans les marais Pontins pour débarrasser les canaux des herbes qui en obstruent le cours: ces moyens s'appliquent généralement à environ Taoooo*" de longueur de canaux, et phis pailiculièrement à 90000", quelques canaux, tels que Ic Fiumc Sisto, ayant un fond de sable peu propre à la végétation. '^|
Le plus ancien de ces moyens, pratiqué depuis plusieurs siècles, consiste à faire promener, dans le lit du canal qu'on veut purger d'herbes, un troupeau de buffles : ces animaux, qui, par leur naturel, aiment à se trouver dans l'eau, sur-tout dans les cluiieurs, soulèvent, en la foulant, la terre du fond, déracinent quelques herbes, brisent ou meurtrissent les autics. (Iclte méthode, Irès-insulfisante, est par-fois plus nuisible qti'utile : la terre soulevée forme, en retombant, des dépôts irréguliers; la plus grande partie des plantes échappe à la destruction, les contusions quVIles re<;oiverit uétant pas c^ipablesde les faire mourir; enfm les buffles dégradent les talus et les berges. Il serait à désirer qu'on abandonnât entièrement Tcmploi de ces animaux pour Textirpation des plantes aquatiques. '
309. JjC second moyen est l'usage du cylindre mentionné dans le tableau de dépenses de l'ait. 378. Ce cylindre, de bois, a ordinairement o"45 de diamètre, et 3'*'5G de longueur; il est garni, sur toute cette longueur, ' de palettes de fer pointues, posées en hélice, et également espacées entre elles, de manière qu'à cb:ique aliquote de la révolution, une palette atteigne le terrain. A chacune de ses extrémités, est un axe de fer fixe, embrassé par un collier de même métal, lequel tient à une chaîne defcf^ attachée au flanc d'une barque. ^^
Quand on veut faire travailler la machine, on attelle douze bufïles i U barque, qui, par son mouvement et la traction des deux chaînes attachées à ses flancs, détermine la rotation du cylindre sur le fond du canal, et renfoncement de ses palettes dans la paroi de ce fond.
On peut faire au cylindre quelques-uns des reproches que nous avons
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déjà faits à remploi des buffles. Une partie des herbes dont on veut opérer la destruction, survit aux blessures qn*elles ont e'prouvées; cependant le cylindre en détruit beaucoup plus que les buffles, et il ne cause pa3 d'ailleurs les mêmes dégradations dans les canaux; mais il ne peut être appliqué qu'à ceux qui ont des chemins de halage; ce qui limite son utilité et son usage.
3io. On a, en conséquence, on troisième moyen de débarrasser les canaux de plantes aquatiques, celui de les faucher avec une faulx d'une construction particulière. Une pièce de fer recourbée, longue de 3"a, a sa partie concave plate et tranchante comme un fer de faulx, et porte, à chacune de ses extrémités, un anneau auquel est attachée une corde. La faulx étant au fond de Teau, des hommes placés sur Tune et Tautre rive marchent eu tirant les cordes liées aux anneaux et en remontant te courant, afin que les herbes, pliées en sens contraire du mouvement de la faulx, doimeni plus de prise à son tranchant. De plus, pour faciliter encore l'action de cet instrument, les hommes combinent leur marche de manière que la faulx ne s'avanre pas parallèlement à la corde de sa courbe, mais fasse des espèces d'oscillations alternatives autour de chacune de ses extrémités.
L'effet de l'instrument que nous venons de décrire, est aussi prorapt que sûr; nous en avons cité des exemples (art. 83). Malheureusement, le peu de durée des avantages quon en retire, en diminue beaucoup le prix. La fauchaison accroît la furce végétale; les plantes taillées repoussent avec une nouvelle vigueur et en très-peu de temps. Cette reproduction est sur-tout très-rapide dans les saisons où naturellement les eaux devraient être à leur plus grand abaissement, elle a le funeste inconvénient de faire éprouver les désastres des crues dans les marais Pontins, à des époques où par-tout ailleurs les ouvrages hydrauliques n'ont rien à re^ douter.