‹ Description méthodique des produits divers recueillis dans un voyage en ChineChapitre 142 sur 303 · Tsan-kien. Cocons de vers à soie · texte numérisé non relu

Tsan-kien. Cocons de vers à soie

1° Ou—Jcien. Cocons de Ou-Tchou , d'où viennent les plus belles soies de Chine, connues dans le commerce sous le nom de tsat-li, yun-fa cl iay-saam.

2° Tou-kien. Cocons blancs de Canton, du village de Long-Kong, district de Shun-Ti.

3° Tou-kien. Cocons souffres de Canton, du village de Hong-Ling, district de Shun-Ti.

467. Hang-tchin-tsan-kien . Cocons de vers provenant de Hang-Tchou ; ils sont le produit de l'éducation de M. Champoiseau, de Tours, avec les graines rapportées de la Chine par M. Hedde. Ils ont été reconnus magnifiques et supérieurs à tout ce qui a été produit de plus beau par nos meilleurs vers Sina. Voir le rapport adressé au ministre du commerce, par la Société d'Agriculture d'Indre-et-Loire.

468. Tsan-kien. Cocons récoltés de graines de Chine, par Mme Ve Romain , d'Yzieu. Ces graines, rapportées par M. Hedde, avaient été distribuées par la Société d'Agriculture de Saint- Etienne.

469 * King-shen . Eventails tissés par les vers à soie.

Sur une monture de bambou, on dispose des fils en tous sens, ou une simple feuille de papier; sur la surface, on place des vers qui courent çà et la , et qui , ne pouvant se fixer, sont forcés de filer leur soie à plat. Voir la planche 36 de l'Album Sunkira.

470. Modèles d'appareils employés à l'éducation des vers à soie.

1° Sàrig-ti, marche-pied pour la cueillette des feuilles.

2° Tsiésang-tchin , tamis en paille de riz pour la distribution des feuilles de mûrier.

3° Yê-shè , crible en bambou pour la préparation des feuilles de mûrier propres à alimenter les jeunes vers.

h° Tsan-fcwang . corbeilles lotides en bambou , servant de claies pour l'éducation des vers à soie. Les gens de Tchang-Tchou, en élevant de vers à soie,

les comptent par corbeilles. La corbeille pèse I mace de graines , ce qui produit 20 à 24 taels de jeunes vers, après l'éclosion, et 5 à 6 cattis forment le poids de ceux qui sont dans le grand sommeil. Ces corbeilles sont plus légères et plus maniables au service que nos tables immobiles servant de claies.

5° Sié-tsan-wang , filets en ma, propres au délilement des vers. Cette méthode, connue en Europe, a été remplacée avec avantage par des feuilles de papier trouées.

6° Tsang-wang, autre filet perfectionné, employé au même usage.

7° Tan-tsan-mao , plumeau composé de plumes très-douces d'oies sauvages, dont on se sert pourfaire tomber dans les corbeilles les jeunes vers après leur éclosion. Un auteur chinois blâme cette méthode , car, dit-il, ces petits êtres délicats et minces comme des cheveux on des brins de soie , ne peuvent supporter les blessures occasionnées par le plumeau, quelque doux qu'il soit.

8° Tsan-tchu , baguettes de bambous effilées et semblables aux bâtonnets dont les Chinois se servent pour manger. Ces baguettes , attachées par un cordon à leur partie supérieure, sont employées soit à prendre les vers, soit pour le décoconage.

9° Ta-tsan-tchi, étagères pour les gros vers. Elles sont à trois piliers et forment plusieurs étages séparés et superposés , de sorte que les corbeilles servant de claies peuvent se placer et s'enlever facilement.

10° Siao-1san-tchi , étagères pour les jeunes vers. Celles-ci sont moins considérables que les précédentes; elles servent à faciliter les éducations où les vers ne viennent pas tous à la fois.

11° Sse-tsan-po , banc provisoire pour le service des claies.

12° Ti-tsan-po, banquette peu élevée pour recueillir les vers égarés.

13° Shan-pong-lou-kien-tsao-haou , paillassons et bruyères. Ces paillassons sont des tissus de baguettes de bambous et placés sur deux bancs en bois et mobiles. On y établit un certain nombre de bruyères qui servent à encabaner les vers. Ces bruyères sont de différentes espèces et croissent sur les bords des canaux. Cette méthode est tout à fait différente de celle décrite plus loin. Voir les coconières à noeuds, I\TO 18 suivant.

\k° Kien-lan , panier en bambou, dont on se sert pour le décoconage.

15° Tehu-sheou, balai en bambou propres à tirer les bouts de soie avant le filage. C'est un instrument perfectionné. On se sert dans le midi de la Chine de bâtonnets dans le genre du ÎN08 précédent. \ oirles différents dessins suivants au trait, représentant le filage.

16° Ho-pen , bassines. Elles sont en terre cuite, et servent, soit pour le filage, soit pour l'élouffement. Les premières portent généralement le nom de£o. Elles sont plus petites que les secondes, qui servent à mettre de la braise et des cendres chaudes pour échauffer les vases de terre où l'on a renfermé les cocons destinés à l'élouffement.

17° Tsan-po, natte en bambou pour transporter les vers ou les changer de litière. La facilité qu'on a de les rouler et les dérouler les rend très-propres au service de l'éducation.

18° Tchou-po, coconières à noeuds de bambou pour

éviter les doubles cocons. On en fait usage dans le midi de la Chine. Dans le nord , on emploie des cocon ières oblongues appelées ma-teou-tso , ainsi que des coconières rondes appelées ttvan-tso. La coconière décrite dans le rapport n° 19 de M. Hedde , au ministre du commerce , était en spirale et de ce genre.

Renvoi , pour la description de ces appareils, au résumé des traités chinois, traduits par M. Stanislas Julien, membre de l'Institut.

Fou-sz-kia, tour ordinaire de Shun-Ti , employé pour filer la soie.

Cet appareil se compose des pièces suivantes :

1° Fourneau, foung-lou, en terre cuite, porté sur deux traverses tsang de même nature ; il est chauffé au bois ou à la houille, à volonté. Une petite plaque siao-men , en terre cuite, en ferme l'entrée, quand on le juge nécessaire.

2° Bassine wa-pan, en terre cuite, posée à fleur de la partie supérieure du fourneau.

3° Vases en terre ua-po , propres à contenir de l'eau pour alimenter la bassine, et à mettre des cocons, du charbon, etc.

U° Bâtonnets Aïen-tchu , employés au battage des cocons.

5° Tchou-Ai , chaise en bambou sur laquelle s'assied la fileuse.

(>° Porte-lavelle pé-fang , dans laquelle tourne la lanterne de croisure. Elle est garnie d'une filière en métal, tso-sz'-yen, et repose sur la bassine même.

7° Tché-tcJio , aspe sur lequel s'enroule la soie et que la fileuse fait tourner de la main gauche, pendant qu'elle bat ses cocons de la main droite.

Ce tour, d'une simplicité primitive, présente cependant la croisure , dite à la tavelle, qui est un des derniers perfectionnements apportés de nos jours à la filature.

472. Ss-tché-tchoang-tsong, tour à filer, d'après les dernières méthodes perfectionnées, publiées, en 1845, par le commissaire des revenus impériaux du Kiang- Nam.

Cet appareil se compose :

1° D'une pédale, ta-kio-pan ; 2° D'une corde de la noix d'engrenage , rneouniang-ké-shing ;

3° D'un bâti, tché-tchoang ,■ 4° D'une cage à lanternes, péfang; 5° De deux tavelles ou lanternes, hiang-su ; 6° De deux filières, tso-sz'-yen ; 7° D'un va-et-vient, sz'-tching , 8° De deux crochets de fer, tié-keou . 9° D'un aspe, tché-tcho; 10° Fourneau et cheminée, tsao-yen .

11° Bassine, ho-pen; 12° Balai, tso-sz'-sheou ;

Voici la description de cet appareil :

1° Le bâti se compose de quatre piliers réunis par huit traverses pour en déterminer la largeur et la longueur. Une de ces traverses, celle de devant, et à sa partie inférieure, est cintrée, pour permettre le rapprochement du fourneau et de la bassine. A la partie supérieure de deux piliers de derrière sont deux échancrures pour recevoir le moyeu de l'aspc. A la partie supérieure du pied gauche de devant, est adapté un anneau, dans lequel entre la base du va-

et-vienl. A. la partie supérieure du pied droit, repose un pivot sur lequel joue une espèce de noix mue par une corde sans fin, et communiquant le mouvement au va-et-vient. Cette corde est mise elle-même en mouvement par le moyeu de l'aspe tourné par le bras extrême de la pédale. Les deux traverses supérieures, qui déterminent la longueur du bâti, le dépassent en avant de quelques centimètres , pour recevoir à gauche la cage des lanternes, et à droite le support des filières. Cette cage est une espèce de cadre où sont adaptées deux tavelles au moyen d'une tringle, et qui permettent la croi sure des deux brins.

2° La cage des lanternes se compose de deux montants de toute longueur et de deux montants coupés à moitié, ces deux derniers dans le but de laisser libre le passage du bâton qui communique le mouvement au va-et-vient. Une barre supérieure assemble ces quatre montants, qui sont traversés par une tringle supportant deux rouleaux creux ou tavelles. C'est sur chacune de ces deux roulettes que la soie passe, et au-dessous desquelles doit se former la croisure par le fil qui, d'une part, s'élève de la réunion des brins des cocons agités dans la bassine, et, d'autre part, descend de la tavelle pour passer dans le crochet du va-et-vient. Chaque ouvrière file dans la même bassine deux fils de soie à sept ou huit cocons chacun. Dans beaucoup de localités, on file sur ce métier sans opérer aucune croisure.

3° L'aspe se compose d'un axe ou moyeu et de quatre ailes. A l'extrémité droite du moyeu, est une tête percée d'un trou pour recevoir la manivelle ou bras supérieur de la pédale. Près de la tête , une espèce de collet permet l'enroulement de la corde sans fin qui transmet le mouvement à la noix de va-

el-vient. L'aspe est garni de deux Jaises, en toile de ma, pour faciliter l'enlèvement des deux flottes de soie après la filature. Un vase à feu, placé à terre audessous de l'aspe, dessèche la soie au fur et à mesure qu'elle s'enroule.

Celte aquarelle, sur papier, est de grandeur naturelle. Elle a été faite aux frais de la Chambre de commerce de Lyon, d'après les matériaux fournis par M. Hedde.

473. Mien-ho, appareil pour faire les coiffes de bourre de soie dont on se sert pour ouates et autres usages. C'est un simple arc de bambou fixé sur un plateau.

474. To-mien-yeou-lo-heng , quenouille à filer la bourre de soie, qui se compose d'une boîte en cuivre garnie de deux crochets et portée au bout d'un bâton, plus d'un fuseau de bambou que la fileuse fait tourner et sur lequel le fil tordu est roulé.

Ù75. Tché-tsin, moulin à tordre la soie pour faire le crêpe de Chine.

Cet appareil se compose de trois parties : la roue, le bâti et l'aspe.

La roue est formée de cercles de bambou qui entourent six barreaux dans le centre commun desquels est placé un axe mis en mouvement par une manivelle. Cet axe repose au milieu de deux montants de trois mètres de hauteur.

Le bâti est composé de quatre piliers unis , dans une largeur de 75 centimètres, par deux traverses inférieures et quatre traverses supérieures. Quatre estases les lient aux montants de la roue dans une longueur de trois mètres et demi. Les deux Ira verses inférieures reçoivent deux planches parallèles per-

cées de seize Irons destinés à recevoir des broches de fer garnies d'un tuyau de bambou sur lequel agit une courroie sans fin. Cette courroie passe alternati- . vement sur un fuseau et sous un autre. Elle embrasse dans sa longueur et la roue et les fuseaux. Les broches de fer s'étendent à l'extérieur pour recevoir une bobine dont la soie doit recevoir un tors. A la partie inférieure des deux piliers gauches du bâti est fixé un cheneau, rempli de liquide, eau ou huile à volonté. Le fil de soie, en se déroulant de la bobine, passe dans ce cheneau, où elle est tenue en respect par une baguette mobile qui régne dans toute sa longueur et relient les seize fils. De là,, la soie se dirige vers l'aspe en passant dans une filière au milieu du bâti.

L'aspe se compose d'un moyeu porté sur deux supports appuyés sur le milieu des quatre traverses supérieures du bâti. Ce moyeu ou axe porte six ailes destinées à recevoir la soie après le tors. Il est mis en mouvement par une corde sans fin qui correspond au pignon de la roue, au moyen de quatre poulies servant d'engrenage.

Cet appareil tord la soie en deux sens différents; en ce que la courroie de mouvement passe alternativement tantôt sur un fuseau, tantôt sous un autre. Dans le premier cas, le tors a lieu à droite, et, dans le deuxième cas, il a lieu à gauche. On emploie ces poils ainsi tordus au tissage des crêpes de Chine. Pour opérer le doublage avec ce métier, on passe deux fils dans la même filière. On a alors une trame organsinée dont un brin est tourné à droite et l'autre à gauche.

Le modèle est l/20me de grandeur naturelle.

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