‹ Description nautique des côtes de l'Algérie (volume 2)Chapitre 21 sur 35 · ENTRE ALGER ET LES ÎLES ZAFARINES · texte numérisé non relu

ENTRE ALGER ET LES ÎLES ZAFARINES

Nous allons maintenant donner les résultats de nos observations relativement aux courants que nous avons trouvés sur divers points de ïa côte, entre Alger et les îles Zafarines. Mais auparavant nous ferons remarquer que ces observations ont été faitesen grandepartie depuis le mois d'août jusqu'à îa fin du mois d'octobre de l'année 18 33. Quelques-unes d'entre elles ont eu lieu aux mois d'octobre et de novembre de l'année 1831.

Du cap Caxine a Raz-el-Amousch.

Aux environs du cap Caxine les courants portent plus ordinairement à l'E. ; ils continuent ainsi dans la même direction jusqu'au cap Matifou; ils s'infléchissent ensuite vers îa baie et y produisent îes remous et les contre-courants dont il a été déjà parlé (page 77).

A 2 milles au N. de Abou-Zaryah la vitesse des courants a été trouvée par nous de m , 8, et plus au large, à 12 milles, on l'a reconnue de 1 mille à l'heure.

Entre les caps Caxine et Raz-el-Amousch , à une petite distance de terre, on rencontre quelquefois des courants qui portent à 10., tandis qu'au large ils vont vers i'E.

Au N. de Raz-el-Amousch et dans les environs de ce cap , ils nous ont paru fort irréguliers, et il arrive qu'on y rencontre au même instant deux courants opposés, comme nous en avons été témoins ie 1 5 août 1833. Le bâtiment était alors en panne à 3 ou 4 milles de la côte, nous le voyions porté vers i'O. contre lèvent, qui était à la vérité assez faible, tandis qu'une embarcation qui avait été envoyée à l'île de Berinshel, parvenue à un mille de terre, était entraînée rapidement vers I'E.; dans cet endroit ia mer était unie parce que le courant suivait la direction du vent et des vagues; mais autour du

brick elle était dapoteu.se et agitée. À 8 ou lu milles pius au N. les courants portent presque toujours à i'E.

De Raz-eï-Amousch au cap Ténès.

Entre Raz-ei-Amousch et le cap Ténès, ia côte ne présentant aucune baie profonde, il semble que les courants devraient y avoir une plus grande régularité de direction , mais il n'en est rien : nous retrouvons encore de grands écarts dans leurs mouvements. Pendant le court espace de temps embrassé par nos observations, nous avons reconnu que ceux qui portent à I'E. sont les plus communs; qu'ils régnent presque toujours avec les vents qui viennent de cette partie de l'horizon, et qu'ils sont en général plus forts que ceux qui vont à 10. Nous avons vu quelquefois le courant changer avec îe vent; l'on doit se tenir d'autant plus en garde contre ces brusques changements , qu'on peut rencontrer dans le milieu de l'intervalle qui sépare ces deux caps, l'îlot Ashacq, ro cher noir peu élevé au-dessus de l'eau, distant de la côte d'environ un mille et demi.

Du cap Ténès au cap Ivi.

En parcourant ies parages compris entre le cap Ténès et ïe cap Ivi , nous avons observé qu'à 12 ou 15 milles de terre les courants sont assez réguliers et sont dirigés vers i'E.; mais que lorsqu'on s'approche de ia côte on les trouve quelquefois avec une direction opposée. On remarque cependant que ies courants qui portent à FO. sont très-rares avec un ventd'O., et cette observation , qui est générale pour toute i étendue comprise entre Alger et ies îles Zafarines, semblerait prouver que les eaux de la mer ont une tendance naturelle à i'E., et que leur vitesse est seuiement modifiée par les vents.

Du cap Ivi au cap Fégalo.

Du cap Ivi au cap Fégalo nous avons rencontré une seule fois des courants aïïant à l'O., et encore cette observation

a - 1 - elle été regardée comme incertaine à cause du placement de la station. Partout les courants se sont trouvés dirigés vers l'E. ou le N. E., soit pendant les vents d'E., soit avec des vents d'O. : leur vitesse moyenne était de m ,5, mais elle a été plusieurs fois de m ,8, l m ,0, et même de l m ,5. Les bâtiments qui ont tenu la croisière d'Oran antérieurement à 1830 ont tous reconnu la constance de ces courants; et ceux qui font aujourd'hui les traversées d'Alger à Mers-el-Kébir sont souvent étonnés de leur influence. Le 1 7 février 1834, M. Boile, avec le brick le Loiret, après deux jours de traversée pour se rendre d'Alger au cap Ferrât, a trouvé une différence à fE. de 52 minutes. Plusieurs capitaines ont éprouvé qu'il est extrêmement difficile de faire cette traversée avec des vents de la partie de i'O v à moins qu'on ne s'élève au N. jusqu'aux îles Baléares.

Aux environs du cap Ivi, à une petite distance de la côte, les eaux tendent à se précipitér dans le golfe d'Arzew, où il y a probablement des contre-courants qui suivent ie contour des plages.

Aux îles Habibas.

Autour dea îles Habibas, soit du côté de îa terre, soit au large, au mouillage ou sous voiles, nous avons trouvé les courants à l'E., ayant une vitesse d'un mille à l'heure.

Du cap Fégalo aux îles Zafaryies.

Si l'on considère la forme que prend le contour de ia côte à partir du cap Fégalo en allant vers l'O., on remarque qu'elle se courbe brusquement vers le S. et qu'elle s'arrondit ensuite peu à peu en formant un grand enfoncement presque en dehors de îa direction des eaux qui entrent dans la Méditerranée par le détroit; aussi celles-ci paraissent-elles se diviser en cet endroit, les unes poursuivre ïa côte versï'E., et les autres se dirigeant au S. et venant former entre ce cap et ies îles Zafarines

des contre-courants qui portent à Ï'O. : c'est ce que nos observations confirment par plusieurs résultats identiques.

Tofino, dans son Derrotero , dit que près de la côte, à partir d'Oran, le courant porte à 10. avec d'autant plus de force qu'on s'approche du détroit de Gibraltar.

Nous devons cependant ajouter que dans ces parages nous avons rencontré aussi des courants dirigés vers l'E.

Pendant notre séjour aux îles Zafarines, ils portaient presque toujours à l'O., mais ils étaient faibles. Néanmoins, le jour de notre appareillage, étant à un mille au N. de ces îles, nous leur avons trouvé plus de vitesse.

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