‹ Description nautique des côtes de l'Algérie (volume 2)Chapitre 22 sur 35 · TRAVERSEES DE TOULON A ALGER ET D'ALGER À TOULON · texte numérisé non relu

TRAVERSEES DE TOULON A ALGER ET D'ALGER À TOULON

D après {es observations qui précèdent et qui sont pius particulièrement relatives aux climats de Touion , des îles Baléares et de la côte d'Afrique, ii sera facile à chaque capitaine de déterminer la route qu'il aura à faire pour ies diverses saisons de l'année, quand il faudra se rendre d'une côte à l'autre. Toutefois, nous avons cru que nous pouvions donner ici les résultats auxquels nous avons été conduits en les examinant avec attention.

Ainsi nous pensons que pendant ies mois d'avril, mai, juin, juillet, août et septembre, lorsqu'on veut aller de Touion à Alger avec un bâtiment à voiies, on doit passer à i'E. des îles Baléares, Dans cette saison, en effet, les vents dominants au N. de ces îles sont ceux de la partie de ï'O., tandis qu'au S. ce sont ceux de la partie de i'E.; on aura donc de cette manière des vents favorables pour toute la traversée.

A ïa même époque il sera plus avantageux pour le retour de passer à ï'O. de Majorque; mais on conçoit qu'il y a des circonstances où l'on peut essayer de passer de i'autre côté : par exemple, iorsqu'en quittant Aïger on est accompagné par ies vents d'E. jusqu'à ia hauteur de cette îie 7 que ià on n'éprouve pas de changement de temps, et que ces vents paraissent établis d'une manière généraie.

Pendant i'hiver, c'est-à-dire depuis ïe mois d'octobre jusqu'à ia fin des mois de mars ou d'avril, on peut faire route directement de Toulon à Alger; mais il est probable qu'en gouvernant de manière à laisser l'île de Majorque à i'E., on rencontrera pins de chances favorables pour abréger la traversée. Nous ajouterons pourtant que si l'on quitte ïes^côtes

de Provence avec un vent de N. O. établi déjà depuis plu sieurs jours, et qu'on aperçoive du côté de l'E. une large panne de gros nuages d'un gris de plomb, quoique le ciel soit clair dans îes autres parties de l'horizon, si en outre on voit baisser le baromètre, il est prudent de diriger sa route à i'E. de l'île de Minorque, parce qu'il y a apparence d'une saute de vent du S. E.

En consultant les extraits de journaux qui nous ont été communiqués par MM. Jacquinot, Lefèvre d'Abancourt, Servale et Boïïe, qui ont commandé la Meuse, l'Oise, le Finistère et le Loiret, tous bâtiments de charge; en nous servant aussi des documents puisés dans les journaux du vaisseau la Provence et du brick le Loiret, pendant ses campagnes hydrographiques, nous trouvons que sur vingt-huit traversées faites de Toulon à Alger, la moyenne est de six jours, et que sur un pareil nombre entreprises pour le retour, fa moyenne est de huit jours.

En prenant les données qui sont fournies par les Annales maritimes , à i'article mouvements des bâtiments, nous voyons (jue jusqu'en septembre 1834, il y a eu 134 1 bâtiments de toute espèce, depuis le vaisseau de 100 canons jusqu'à la goélette et même le chébec, qui ont fait les mêmes traversées et que sur 62 qui ont été de la côte de Provence à la côte d'Afrique, la moyenne a donné encore 6 jours, tandis que sur 7 2 qui ont fait leur retour, la moyenne a été de 7 jours.

L'armée expéditionnaire a mis cinq jours pour se rendre devant Alger.

La navigation des bateaux à vapeur peut aussi tirer un grand parti de ces observations. Les documents que nous avons recueillis sur les nombreuses traversées qui ont été faites par cette classe de bâtiments nous conduisent à donner comme règle que, dans tout ïe courant de l'année, avec un bateau a vapeur, on doit faire route directement de Toulon à AI-

1 Nous n'avons compris dans ce nombre que ceux dont tes jours de dépari et d'arrivée sont bien détermines.

ger; et que pour le retour il vaut mieux quelquefois passer à i'O. de Minorque, surtout dans la mauvaise saison. En général, dans tes jours de beau temps, lorsque les vents sont faibles, la route directe est évidemment la meilleure.

Les résultats que nous présentons sur les traversées des bateaux à vapeur , ainsi que la plupart des remarques qui les accompagnent, sont dus aux communications qui nous ont été faites par MM. Lelieur, Lévêque, Janvier, Paris, Dispan et Duparc (Léon) . Nous en donnerons ici un tableau.

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