C. de Garde au X 61? E. à xj milles
Vue prise du mouillaae du
7'ÎV<v Caroubiers
JioeAer le Lion Casha de M,
Rax elHamen au X. 2 mille*?
Edouah
courants portent à l'E; nous avons éprouvé au contraire qu'ils se dirigeaient presque toujours vers l'O., du moins pendant la belle saison; on peut donc croire qu'ils sont irréguliers , et c'est une raison de plus pour donner du tour à ce cap, quand on viendra prendre le mouillage ou que l'on sortira du golfe.
Dans un cas forcé on peut passer entre l'îlot et la pointe Tchekidish ; tous les dangers sont apparents.
Le cap de Fer et le cap Bougaroni sont , à très-peu de chose près , sur ie même parallèle ; la distance qui les sépare est de 3 6 milles; le vaste enfoncement qui existe entre les deux est rarement visité, parce qu'en été on y trouve souvent des calmes, et qu'en hiver on craint d'y être surpris par des vents deN.
Sydy-Akessa.
Lorsqu'on vient de l'O., le cap de Fer apparaît comme une île; les terres du S. par rapport à lui sont trop basses pour être aperçues. Toute la partie de ce cap qui fait face au N. présente une muraille de rochers ; à quelque distance vers TE. on trouve une petite baie en partie garnie d'une plage, où les caboteurs viennent quelquefois chercher un abri contre les vents du N. E. à l'E. On la reconnaît à un marabout blanc situé sur le petit mamelon qui ferme sa partie orientale. Ce marabout porte le nom de Sydij-Akessa. Les environs de cette baie sont cultivés ; ils contrastent d'une manière agréable avec les terrains arides et rocailleux du cap de Fer.
A partir du marabout, la côte court d'abord au N. E. et forme une pointe basse, de couleur noire, environnée dê quelques roches à fleur d'eau qui s'écartent jusqu'à un demimille de la pointe. Elle se courbe ensuite peu à peu et va rejoindre le cap Toukousch offrant un aspect assez triste de falaises uniformes entrecoupées de plusieurs petites plages et défendues en divers points par des roches détachées. Dans le milieu de cet espace, à un mille de terre, se trouve l'île Toukousch, portée sur quelques cartes sous le nom d'î/e de
Fer. C'est un rocher peu élevé, de couleur jaune ou rousse, et qu'on n'aperçoit que lorsqu'on en est très-près ; on peut passer entre elle et la côte. Dans cet endroit les terres hautes sont voisines de la mer et forment une chaîne qui va jusqu'au cap de Garde.
Cap Toukouscli.
Le cap Toukousch s'avance vers le N. en se séparant de la côte comme une presqu'île, de manière à offrir un abri pour ies vents d'E. et un abri pour ceux de 10. Ce dernier paraît préférable au premier et convenir à toute espèce de bâtiment; mais on ne peut encore le considérer que comme un mouillage de circonstance. On trouve à sa partie S. O. quelques petits îlots très-bas et très-près de la pïage. La manière dont le cap se détache vers le large le fait reconnaître facilement lorsqu'on vient dei'E. ou del'O. Si i on vient duN. ; iî est au contraire projeté sur des terres beaucoup plus élevées que lui, et on ne peut alors le distinguer que par ses roches, qui ressortent comme autant de taches blanchâtres et verticales. Les environs, du côté de l'E., sont bien cultivés, ainsi que tous les versants des montagnes qui bordent la côte jusqu'au Ras-Arxin. On voit là des plages, des falaises, quelques roches détachées, mais non éloignées; et avant d'arriver à ce cap on remarque une pointe sur laquelle il y a un rocher qui a la forme d'un pain de sucre et qu'on distingue d'assez loin, quoiqu'il puisse être quelquefois confondu dans ies terrains qui l'avoisinent.
Ras-Arxin.
Le Ras-Arxin est une montagne arrondie du côté de la mer, et qui paraît ainsi dans presque toutes les directions. Sa couleur rousse peut servir à le faire reconnaître, ainsi qu'un manque presque absolu de végétation. Cependant dans sa partie N. O., sur les points élevés, on voit un petit vallon où il y a des traces de cultures et quelques cabanes. Au N. de ce
cap, à une distance de 0,6 de mille, iï y a une roche à fleur d'eau. Le reste de la côte est sain.
A l'E. du Ras-Arxin, la cote suit à peu près îèS.E. sans faire aucun détour, mais elle est très-remarquable par la richesse des coteaux qui s élèvent derrière elle. On ne peut s'empêcher de faire attention aux nombreuses divisions et à la variété du terrain fertile qui les couvre jusqu'aux sommets les plus hauts.
Sur un mamelon avancé, tout auprès de la mer, il y a un marabout blanc qui s'aperçoit de très-loin ; il est à peu près à 3 milles du Ras-Arxin. Dans cet endroit il y a plus de falaises que de plages; un peu plus au S. on voit une petite crique où aboutit un ravin profond, et que l'on prendrait de loin pour un port bien abrité. Peut-être est-ce là qu'il faudrait placer ïe port de Tagodeile, le Sulluco ou Collops-Parvus des anciens. La côte se redresse ensuite vers le N. E., elle devient extrêmement escarpée et garnie de grands rochers qui forment une espèce de muraille jusqu'à la Voile noire. C'est ainsi que les Maures ont appelé une roche triangulaire ou plutôt conique, située à l'extrémité d'une pointe très-aiguë, qui s'avance en mer à plus d'un demi-mille , comme un môle. Après midi, c'est-à-dire lorsque le soleil éclaire la partie occidentale de cette roche, si l'on se trouve aux environs du cap de Garde, elle se détache en noir très-foncé et ressemble en effet à une voile latine. Il y a auprès d'elle, à une très-petite distance, une roche plate presqu'à fleur d'eau.
A environ un mille de distance à TE. , on rencontre une seconde pointe à peu près semblable à celle dont nous venons de parler, mais moins longue , se terminant aussi par une roche détachée qui, dans certaines positions, prend ïa forme d'un cône. Tout ce qui avoisine la mer en cet endroit est d'un aspect triste. A un mille et demi de cette dernière pointe on voit un petit enfoncement au bout duquel iï y a une plage et puis un joli petit vallon, bien verdoyant. La côte reprend ensuite sa teinte grise et ne présente plus jusqu'au cap de Garde qu'un terrain aride et désolé.
Cap de Garde ou Ras-el-Hamrah (cap Rouge).
Le cap de Garde paraît comme une île lorsqu'on commence à l'apercevoir en venant de i'O.; son sommet se présente alors sous un angle très-obtus ; à mesure qu'on avance, on découvre à sa gauche un second sommet sur lequel il y a les ruines d'un ancien château fort ou d'une grande tour. Il est formé par le prolongement d'une crête de montagnes de l'intérieur qui part du mont Edough. Toutes les terres de ce cap, et principalement celles qui font face au N., sont d'une aridité repoussante; les nombreuses crevasses dont elles sont sillonnées, les déchirements occasionnés par la mer, les débris et les grandes masses de roches qui l'entourent, tout y annonce ïa destruction. Lorsqu'on le double à petite distance, on y découvre plusieurs grottes d'une grande dimension. Il se termine à ï'E. par des roches basses qui se prolongent encore sous l'eau jusqu'à un quart d'encablure; on peut le ranger à un demi-câble sans avoir rien à craindre. H est connu par les Maures marins de la côte, sous le nom de Ras-el-Hamrah , qui signifie cap Rouge, sans doute parce que la roche dont il est formé conserve en certains endroits cette couleur 1 .
Du cap de Fer au cap de Garde les terres sont hautes ; à ï'E. de celui-ci, comme à I'O. du premier, la côte tourne brusquement vers le S. et la mer s'y précipite pour former un golfe profond , où l'on trouve plusieurs mouillages. Le creux qui existe entre le cap de Garde et le fort Génois peut offrir un abri pour les vents d'O. et de N. O.; mais on ne doit prendre ce mouillage que pour peu de temps. Dans cet endroit la côte est formée par des falaises de rochers; il n'y a qu'une petite plage où les embarcations accostent facilement. Un ravin étroit aboutit à l'extrémité S. de celle-ci; en le 'sui.
1 Là est une montagne de beau marbre statuaire exploité de toute antiquité'. J. Texier (1832 ) Ta vue, t'a décrite et a envoyé des échantillons. C M. Dureau de LamaHe. )
vaut jusqu'à une petite distance de la mer, on trouve une bonne aiguade.
Le cap arrondi sur lequel a été bâti le fort Génois est environné d'un grand nombre de roches peu éloignées de son pied ; il n'y a aucun danger à les ranger de près. La côte se creuse ensuite vers 10. en faisant plusieurs sinuosités, et offre ainsi une baie assez commode, où l'on trouve un trèsbon mouillage par 15 ou 16 brasses, fond de vase mêlée de sable, relevant le fort Génois au N. 20° E. On se trouve alors à 2 encablures et l/2 du point le plus voisin du rivage. Pendant la belle saison, on peut mouiller partout indifféremment dès qu'on est par 15 ou 16 brasses. Mais pendant l'hiver, iï vaut mieux s'approcher un peu plus delà terre; et si i on avait à séjourner longtemps à ce mouillage, il serait peutêtre plus sûr de s'amarrer à quatre dans l'anse même du fort. Lorsqu'il vente au large bon frais de l'E. ou du N. E., on n'y éprouve ordinairement qu'une houle très-forte; mais pendant les coups de vent de l'hiver, on doit être exposé au vent et à la mer réunis : cependant, d'après les documents qui ont été recueillis depuis que nous avons une station à Bone, il paraît que ce mouillage est celui qui présente le plus de sûreté, probablement à cause de la profondeur de l'eau et de la bonne qualité du fond. Les vents d'O. et de N. O. y sont souvent frais et soufflent par fortes rafales, même pendant la belle saison; et, chose digne de remarque, il arrive quelquefois qu'au même instant il fait calme au mouillage du Cassarin, ou que les vents y soufflent de l'E.; nous en avons eu un exemple bien frappant à bord du Loiret.
Le 9 juillet 1833, un vent très-frais de 10. N. O. au N. O. nous força à relâcher et à prendre le mouillage du fort Génois; nous doublâmes le cap de Garde et serrâmes la côte à moins d'une encablure de distance ; nous reçûmes là des rafales d'une violence extrême, auxquelles nous fûmes étonnés de voir nos huniers résister, quoiqu'ils eussent deux ris. Les bâtiments qui étaient alors mouillés devant Bone avaient
leurs pavillons agités par de petites brises de l'E. au S. E. Nous avions déjà remarqué plusieurs fois, étant au mouillage du Cassarin par un temps calme, ou avec des brises folles du S. au S. E., que la mer, entre les Caroubiers et le fort Génois, était moutonneuse et très-agitée par des rafales de vent de N. O. à 10. N. O.
Dans la partie occidentale du mouillage du fort Génois on voit une belle plage, et derrière elle un assez joli vallon, où l'on trouve quelques champs cultivés. Il y a une aiguade assez bonne, mais on doit préférer celle dont nous avons déjà parlé.
Mouillage des Caroubiers.
De là jusqu'au mouillage des Caroubiers, la côte n'est qu'une grande falaise continue, composée de roches et dirigée à peu près N. et S.; elle tourne ensuite à PO-, formant une petite baie où vont ordinairement les corailleurs pour se reposer, ou pour tirer leurs bateaux à terre et les réparer. Quelques bâtiments ont passé l'hiver dans cet endroit, étant mouillés à une ou deux encablures de terre , par 4 et 6 brasses fond de sable. H y a des marins qui regardent ce mouillage comme le meilleur de cette partie du littoral de l'Algérie, nous ne saurions partager leur opinion. II n'a d'autre avantage sur celui du Fort Génois que d'être plus rapproché de Bone, ce qui est à considérer lorsqu'on n'a que peu de temps à passer dans ces parages, et peut-être vaudrait-il mieux dans ce cas mouiller au Cassarin pour terminer plus promptement ce qu'on a à y faire et appareiller ensuite.
Nous apprenons par les notes de M. Raimbert, ancien agent de la compagnie d'Afrique, que du temps que cette compagnie avait le monopole du commerce, les assureurs de Marseille ne reconnaissaient que deux mouillages : celui du fort Génois pourï'hiver, c'est-à-dire depuis le 1 5 septembre, jusqu'au 1 5 mai, et celui du Cassarin pour l'été. Ils n'étaient nullement responsables lorsque des naufrages avaient lieu sur tout autre point. Il faut croire qu'une longue expérience leur avait appris
tout, le danger qu'il y avait à assurer des bâtiments mouillés pendant ïa mauvaise saison, ailleurs qu'au fort Génois. Cependant quelques capitaines tentèrent par ïa suite de passer l'hiver aux Caroubiers, ils furent favorisés par le temps, et comme les communications avec Bone y sont plus faciles, ce mouillage devint le port d'hivernage pour ïes convois de la compagnie ; il est à présumer que les assureurs y consentirent, p.uisqu'en 179 8 ils payèrent onze bâtiments qui y furent jetés à ïa côte.
Pendant le coup de vent de N. E. qui a eu lieu du 24 au 25 janvier 1835, il s'est perdu plusieurs navires au mouillage des Caroubiers, malgré ïa précaution qu'ils avaient eue d'empenneïer leurs ancres. Les équipages étaient descendus à terre, selon l'ancienne pratique des marins pendant les mauvais temps de ces parages.
Entre ce point et Ras-el-Hamen (cap des Pigeons), on voit de grandes piages séparées par des falaises presque taillées à pic. Au N. de ïa première falaise, iï existe quelques roches sous l'eau, qui s'avancent peu au large; à l'extrémité de ia seconde, celle qui précède le Ras-el-Hamen, il y en a un plus grand nombre qui s'éloignent jusqu'à une encablure vers ïe N. E. Avant d'arriver au cap, on remarque une petite plage circulaire; c'est là que se trouve i'aiguade qui fournit de ï'eau à tous les bâtiments. Parmi ïcs Maures, elle est connue sous le nom (Xaiguade Française, parce que ce sont les commerçants français qui ont fait bâtir le puits qui renferme les eaux de cette source. Pendant longtemps ïe mouillage du Cassarin a été appelé le puits par les agents de la compagnie d'Afrique.
Ras cl Ilamen. — Le Lion.
Le Ras-el-Hamen est un massif de roches, tailïé à pic du côté de la mer, et couronné de quelque peu de végétation. H a été ainsi appelé à cause de ïa quantité de pigeons qui viennent se réfugier dans les crevasses que présentent les diverses couches dont il est composé. A sa partie la pïus avancée vers ï'E., iï
y a un îlot d'un seuï bloc, remarquable par sa forme extraordinaire. Quand on le voit du mouillage du Cassarin, il ressemble exactement à un lion; aussi lui en a-t-on donné le nom, et toutes les fois qu'il s'agit de fixer ïa position d'un bâtiment, on relève ce rocher beaucoup plus souvent que le cap. II a 1 7 mètres de hauteur.
A partir du Lion, la côte court droit au S. O., formée par des roches presque perpendiculaires, ayant à leur pied un grand nombre de débris rocailleux ; à environ un demi-mille elle rentre vers Ï'O., et forme un petit creux où il y a une plage qui a reçu le nom de plage du Cassarin, les corailleurs y viennent souvent pour prendre du repos, ou se mettre à l'abri. Quelques petits bâtiments, des tartanes de Marseille, amarrés vis-à-vis cette anse et aussi près que possible du rivage, ont tenté d'y passer l'hiver; ils y ont résisté à de fort mauvais temps. Après la plage la côte continue jusqu'au fort Cigogne avec le même aspect qu'avant, c'est-à-dire qu'elle présente de grandes masses de rochers qui descendent rapidement à la mer, et au milieu desquels il y a par intervalles quelques bouquets d'arbres, ou des raquettes.
Mouillage du Cassarin.
Le mouillage du Cassarin est vis-à-vis cette partie de la côte comprise entre le Lion et la pointe Cigogne, où l'on a une vue entière de la ville et de la Casba. On mouille tout au plus à un demi-mille de distance, par 5, 6 et 7 brasses d'eau ; on y trouve en général un fond de sable sous lequel il y a toujours de la vase, et plus on s'éloigne de terre, plus la vase devient pure.
Lorsqu'on vient prendre ce mouillage pendant les matinées de ïa belle saison , avec les vents du large établis au N. E. ou à l'E., il arrive assez souvent que, dès qu'on est auprès du rocher ïe Lion , ces vents vous abandonnent et vous vous trouvez tout à coup au milieu de folles brises qui vous obligent à des manœuvres continuelles. En général, on doit s'attendre à un
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changement, même avec des vents d'O., comme cela nous est arrivé plusieurs fois ; if n'est pas rare, dans ce dernier cas, de rencontrer des brises faibles de S. E. après avoir dépassé le Lion.
L'endroit qui nous a paru le pîus convenable pour les grands bâtiments, ïes vaisseaux et les frégates, qui, pour l'ordinaire, ne font qu'une courte apparition dans ces parages, est par 9 brasses, fond de vase,
reïevant ia Casba. . N. 70° O.
Le Lion N. 40° O. à 3/4 de mille.
Le fort Cigogne.. . S. 84° O. à un mille.
On peut appareiller de là avec tous les vents.
Les petits bâtiments qui veulent tenter de passer l'hiver à ce mouillage doivent se mettre à une encablure ou une encablure et demie de la pointe du Cassarin, relevant
le Lion N. 33° E.
la Casba N. 36° O.
le fort Cigogne ... S. 54° O.
On se trouve alors par 5 brasses, fond de sable et vase, avec quelques algues. On pourrait s'affourcher N. et S., la chaîne du N. serait amarrée à terre, et celle du S., un peu plus forte, mouillée sur un corps mort. Mais avec l'expérience qu'on a aujourd'hui on ne saurait donner le conseil de rester au Cassarin pendant les mois d'hiver; il sera toujours prudent de se conformer aux anciennes décisions de la compagnie d'Afrique , qui ont été dictées par l'intérêt particulier et une longue pratique.
Les désastres qui ont eu lieu à Bone depuis que nous y avons une station permanente, ont été occasionnés par des coups de vent de N. E. Celui du 24 au 25 janvier 1835 a été un véritable ouragan. Onze bâtiments, parmi lesquels était le brick de l'État le Rusé , ont naufragé au Cassarin et aux Caroubiers ; le brick l' Alcyonc , qui était mouillé au fort Gé-
nois, a résisté à cette tempête, ï'une des plus violentes qui se soient jamais fait sentir sur cette côte.
Les bâtiments quiavaientchoisilesdeuxpremiers mouillages, étaient par 6 et 7 brasses, tous avec de longues touées ; quelquesuns avaient leurs ancres empennelées ; le Rusé se trouvait afïburché sur deux corps morts. Eh bien, toutes les ancres ont chassé; ce qui ne peut guère s'expliquer que par le mouvement inférieur des eaux. On conçoit en effet que sur un si petit brassiage, la mer étant agitée dans toute sa profondeur, acquiert une vitesse et une puissance qui augmentent à mesure qu'elle rencontre le fond : alors elle bouleverse ceïui-ci, et déchausse peu à peu les ancres en enlevant autour d'elles ie sable ou la vase ; cette mer animée agit en outre sUr le bâtiment, sur le câble, et finit par entraîner tout. Le brick ÎAlcyone, qui était mouillé par 12 ou 15 brasses, n'a point chassé.
Bone.
A l'O. de la pointe Cigogne, il y a un enfoncement où l'on trouverait un excellent abri, s'il y avait une profondeur d'eau suffisante pour recevoir des bâtiments : aujourd'hui il n'y va que des bateaux. La ville de Bone est bâtie sur le bord de cette petite baie, où l'on a établi une jetée en pierres sèches, pour servir au débarquement et à l'embarquement des marchandises. Elle est entourée de murailles de toute part, occupant un espace à peu près carré sur un terrain fort inégal. Léon dit qu'elle a été construite avec les débris de l'ancienne Hippone , que les Sarrasins avaient renversée. Elle est appelée par les Arabes Blaid-el-Aneh (la ville aux jujubes). Notre commerce avec cette partie de la côte remonte à des époques très-éloignées ; l'ancienne compagnie d'Afrique a toujours eu à Bone un de ses principaux agents.
La plage qui borde la ville tourne au S. après l'avoir dépassée, et, dans cet endroit, correspond à une immense vallée dont le sol bas et argileux relient les eaux qui ne peuvent s'é-
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