‹ Description nautique des côtes de l'AlgérieChapitre 16 sur 40 · TEMPÉRATURE DE LA MER · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE DE LA MER

à M iurfaee.

Minimum moyen. *

OU

Maiimom moyen.

OBSERVATIONS

Différence : «* 4.

Teropératnre des souices.!

d'après M. Roset. . . 17^|

Mois dt! janvier. Les vents domiuanls de ce mois sout ceux de la partie de l'Ouest. Lorsqu'ils sont faibles le temps est ^clair, lorsqu'ils sont forts ils amènent d'épais nuages et de la pluie; dans ce cas ils soufflent par grains et soulèvent une grosse mer. S'ils varient au N. N. 0. ou au N. il peut se déclarer un coup de vent qui est quelquefois annoncé par une forte houle du N. et par des pannes noires qu'on voit s'élever de cette partie de l'horizon, accompagnées d'éclairs et de tonnerre. A mesure que le vent fraîchit, la pluie devient plus «errée et la mer plus menaçante; c'est alors que l'on voit arriver de grands désastres sur la côte.

Les coups de vent se déclarent aussi par le S. 0. et varient ensuite à l'O. et au N. 0. ; ils soufilent par rafales et sont accompagnés de grains. Peut<^étre est-ce parce qu'ils ne battent pas en côte qu'ils ont paru moins violents que ceux de Nord.

Il y a des années où ce mois est très-beau, d'autres où il est extrêmement pluvieux ; en général, il faut s'attendre à autant de mauvais temps que de beau temps.

Depuis que nous sommes établis sur les côtes de l'Algérie, on a éprouvé plusieurs coups de vent * dans les divers mois de janvier qui se sont succédé ; mais le plus fort est celui qui s'est fait sentir en 1835 (du 24 au 25) entre Bone et Bougie : il a commencé. avec un ciel couvert de gros nuages et par un vent de N. E. grand frais qui a augmenté de force en variant au N., il a éclaté dans cette partie de l'horizon avec du tonnerre et une pluie abondante; la mer est devenue extrêmement grosse. Tous les bûtiments, au nombre de onze, mouillés aux Caroubiers et au Gassarin ont été brisés à la côte. Le brick CAlcyonCy qui était au mouillage du fort Génois, a seul résisté au mauvais temps.

^e même coup de vent a fait périr à Bougie un brick du commerce et quelques bateaux de pêche mouillés devant la ville.

Mois de février. Les vents de la partie de l'O. prévalent pendant ce mois; ils soufflent souvent grandirais et avec un ciel couvert. Les vents de N. N. 0, au N. N, E. sont aussi trèsfrais et accompagnés de grains et d'une grosse mer. Les coups de vent se déclarent assez souvent par le S. 0. ou l'O. S. 0.;

1 Les 8 et 9 janvier 1831, la frégate la Sirène, mouillée en rade d'Alger, et un chebec chargé de troupes amarré derrière elle, ont couru de grands dangers pendant un coup de vent de N. 0. an N. N. 0. et au N.

ils remontenl toujours au N. 0., et lorsqu'ils vout jusqu'au N., c'est là qu'ils atteignent leur plus grande violence. Celui qui a eu lieu en 1835 a été annoncié quatre jours à l'avance par une houle semblable à un ras de marée. Il a commencé au N. O., le ciel s'est couvert, les grains se sont succédé avec furie à mesure qu'il avarié au Nord. La mer arrivait tellement grosse au pied dp môle d'Alger» qu'en s'y brisant elle passait pardessus les magasins. Dix-huit bâtiments ont été broyés sur la côte et dans le port même; cinq ont eu de grandes^ avaries.

Les vents de la partie de TE. sont aussi très*frais ; mais ils le sont rarement autant que ceux de l'O.

M. Roset a remarqué que c'est le mois où le baromètre atteint ^a plu grande hauteur annuelle. En 1831 il l'a trouvée de 773*"™ 8, ou 28^ 7».

Mois de mars» Les vents de la partie de l'O. sont ordinairement les plus fréquents, et alors lé ciel est souvent couvert et pluvieux, il y a des grains. Mais., si les vents de la partie de l'E. prévalent, le mois est beau. On ne doit plus s'attendre à des coups de vent de N. ; il peut y avoir des vents grand frais de l'E.

Mois d'avril. Ce mois est quelquefois très- pluvieux. Les vents d'O. prévalent encore, mais il y a des années où ce sont au contraire les vents d'Ë. qui prennent le dessus. Dans ce cas, on commence à observer des rosées pendant la nuit, c'est le présage du beau temps. On n'a plus à craindre les coups de vent de N. ; les vents d'O. et de N. O. sont cependant frais^ niais ils n'amènent plus autant de grains. On éprouve de temps à autre des vents d'E. bon frais.

Mois de mai. Beau tenops, les vents de la partie de TE* deviennent les plus fréquents ; on les trouve souvent frais an lai^ge de la côte, oii ils soulèvent une mer assez grosse. Ils soufflent ainsi pendant toute la journée, et continuent même bien avant dans- la nuit, après quoi ils mollissent. Pendant la croisière, ils nous ont souvent forcés à prendre deux ris aux huniers. Les vents de la partie de l'O. soufflent avec un ciel clair, il n'est pas rare de les voir s'élever à la suite d'une brise d'E. qui a varié au S. et au S. O.

Mois de juin. Très-beau temps; pas de pluie. Les, vents d'E. sont les vents dominants. Il existe pendant le jour, dans l'atmosphère, une légère vapeur rfai parait plus épaisse à mesuré qu'on regarde plus près de l'horizon et qui empêche de

voir les terres quoique Ton n'en soit pas très-ëloigné. Pendant la nuit le ciel est pur, les rosées sont très-abondantes. Si ee» yents fraîchissent beaucoup, ils amènent de gros nuages qui se fixent sur les hautes montagnes»

Auprès de la c6te on éprouve de petites brises de terre et de mer : vers la fin du mois on voit quelquefois apparaître le sémoun^ vent chaud, qui soufBe entre le S. et le S. 0.

Mois de juillet. Très-beau temps ; les vents de la partie de TE. durent presque tout le mois. Il y a des rosées très-fortes la nuit. Pendant le jour, le ciel est légèrement voilé par des vapeurs qui lui donnent une teinte blanche. Les pluies sont très-rares. Auprès de terre il fait calme dans la matinée, i dix heures la chaleur devient insupportable, mais bientôt après les brises du large s'établissent; elles sont faibles d'abord et pénètrent difficilement au fond des baies. Le vent du désert peut soufDer plus souvent que dans le mois précédent, mais il ne dure pas.

On voit les vents se fixer pendant plusieurs jours de suite entre l'E. S. E. etl'E.N. E., soufBer ainsi bon frais jusque bien après le coucher du soleil et continuer même jusqu'à minuit.

Les changements de vents, surtout lorsqu'ils sont subits, amènent presque toujours des pluies d'orage.

Le baromètre se maintient au-dessus de 28^ , il est plus haut avec les vents d'E. qu'avec ceux d'O.

Moii d^aaùu Ce mois est assez semblable au précédent. U y a de grandes chaleurs et qudques orages. Lorsque les vents d'E. par leur durée ou leur force ont amoncelé les nuages sur les terres âevées et qu'on voit celles-ci s'obscurcir, on doit s'attendre à un orage et à un changement de vent. Ce sont ordinairement les vent d'O. qui viennent ainsi édaircir les terres et rafraîchir l'atmosphère.

Les vents d'E. sont souvent frais au large, surtout lorsque le temps est sombre ; la mer est alors assez grosse.

D'après nos observations, c'est le mois de l'année où le baromètre est le plus élevé. Il est presque toujours au-dessus de 28p.; en 1828 et en 1832 il a été au-dessus de 28p 7^ ( 773» 8 ) : ce maximum a eu lieu avec les vents d'E. , le minimum est ordinairement observé avec les vents d'O.

On éprçuve quelquefois le simoun.

Mois de septembre. Les vents d'E. prévalent encore dans le mois de septembre ; il y a plus de beau temps que de mauvais temps. Les orages sont plus fréquents que dans le mois précé-

dent. La plupart des pluies sont amenées par. un vent d'O. qui succède tout à coup à un vent d'Est. Il n'est pas rare de voir apparaître le vent du désert. Vers la fin du mois il arrive qu^on éprouve des coups de vent d'Ë. ou de N. E. dans les parages de Bone ; cela a eu lieu du 19 au 22 septembre 1832, plusieurs bâtiments se sont perdus.

Gomme dans la' plupart des autres mois» le baromètre est élevé avec les vent d'E. et bas avec ceux d'Ouest. On voit des années où le ciel est vaporeux ou couvert pendant une moitié du mois de septembre.

Mois d*octobre. Les vents de la partie de TE. et ceux de FO. se disputent davantage, et cependant il arrive quelquefois que le temps est beau. C'est ordinairement à la fin de ce mois qu'on fixe l'époque des pluies; elles ^nt très-abondantes i mais il y a moins d'orages qu'en septembre. Le mauvais temps de ces parages commence sonvent vers le milieu d'octobre^ leà vents d'O. prennent alors le dessus : ils soufQent par rafales et avéè des grains. C'est à la fin de ce m<HS (27 et 28] qu'eut lieu le désastre de Charles-Quint.

Mois de novembre. Les vents d'O. sont plus fréquents que les vents d'E. ; ce sont eux qui amènent les pluies et le mauvais temps qu'on remarque pour l'ordinaire dans le courant de ee mois. Lorsqu'ils varient du 'SU. N. Q. au N. N. E. ils augmentent de force » soulèvent une grosse mer et sont suivis ae grains; ils peuvent se chaoger en coup de vent, mais ce]a n^est pas commun. Les meilleurs pratiques des côtes de l'Algérie prétendent que les grands mauvais temps ne commencent à, s'y faire sentir que lorsque les Pyrénées çt les Alpes sont çritièrement couvertes de neige. Le mois de novembre est pluvieux et souvent obscurci par les nuages. , \ ^

Mois de décembre. C'est encore un mois remarquable par des pluies très-abondantes qui sont amenées aussi par les vents de la partie de l'Ouest. La plupart du temps le ciel est CQiJ\\ert. On doit s'attendre à des coups de vent de N. ; ils se déclarent par l'O., le vent anordit ensuite peu à peu en fraîchissant. On considère le mois de décembre comme l'époque du mauvais temps de ces parages. Il y a quelquefois des gelées blanches et même de la neige, comme on l'a observé en 1830. ,

Généralités.

Les vents qui régnent le plus ordinairement sur les cèles

septentrionales d*Afriqne*, entre Bone et Oran, sont ceux de la partie de TE. et ceux de l'Ouest. Ils suivent à peu près la direétion générale de la côte. Les vents d'E. dominent pendant les mois de mai, juin, juillet, août et septembre, c'est-à-dire pendant la belle saison. On les voit se fixer plusieurs jours de suite entre l'E. N. E. et TE. S. E., d'autres fois varier jusqu'au N. E. ; mais lorsqu'ils descendent vers le S. , ils atteignent rarement le S. E., à moins que ce ne soit pendant la nuit dans les baies profondes ou très-près de terre. A cette époque on remarque dans l'atmosphère une légère brume blanchâtre qui devient plus dense à mesure que le vent Iraîchit et qui souvent est cause que les terres disparaissent avant qu'on en soit à 8 ou 10 lieues. Lorsqu'on vient du large et qu'on commence à les apercevoir, cette espèce de vapeur les fait paraître trèsé'.evées. Ordinairement le ciel est clair au zénith et vaporeux à l'horizon, même durant les plus beaux temps. Néanmoins, il y a des jours où l'air est d'une transparence remarquable, et cela a lieu plus particulièrement avec les vents d'O.

S'il survient de gros nuages poussés par des vents frais de TE. , on les voit aussitôt se fixer sur les hautes montagnes voisines de la côte. C'est ainsfque le mont Edough de fione, le cap de Fer, Goureya, Raz-el-Amousch , le cap Ténès, le cap Ferrât et probablement le mont Noé, ont leurs sommets tellement enveloppés qu'on ne peut plus les distinguer. On remarque ces mêmes effets sur des points moins élevés, tels que le pic de la Galite, Abou-Zaryah et quelques autres. Mais lorsqu'au contraire ces montagnes ou ces caps apparaissent avec des contours bien tranchés , c'est une preuve que les vents d'O. régnent ou qu'ils ne tarderont pas à souffler. Cependant nous les avons vues aussi quelquefois couvertes de nuages avec ces derniers ventjs, mais leur aspect n'était pas aussi sombre.

Les terres bien embrumées sont l'indice des vent d'E.

Quand le cap Matifou paraît élevé par l'effet du mirage et que sa pointe extérieure semble suspendue en l'air, c'est encore un signe de vent d'Est» Au contraire, si ses contours se présentent d'une manière unie et bien arrêtée, il est probable qu'on aura des vents d'O.

Lorsque les vents d'E. sont établis, on remarque que pendant la nuit il y a des rosées très-abondantes ; et si , dans un calme plat, on voit celles-ci se déposer sur toutes les parties du bâtiment, on peut compter sur un vent d'E. pour le lende-

main; tandis que, si Tair est sec, il est presque certain qu'on * verra paraître les vents opposa. A cette époque» après le coucher du soleil , on éprouve » aux environs de la côte , des calmes ou des brises faibles qui varient de TE. au S. E. et quelquefois au Sud. Avec les vents d'0« les brises de nuit varient au S. 0. et au S. S. 0. et reprennent à l'O* et au N. 0. le lendemain, comme les premières ont regagné TE. ou le N. E.

Il y a des jours bu les vents d'E« soufflent bon frais avec un ciel sombre, et par grains ou par rafales. Ces rafales sont annoncées par des pannes de brumes qui s'élèvent de FO. et vont à rencontre du vent ; elles sont pin» fortes lorsque ces brumes passent au zénith.

Pendant Tété les pluies et les orages sont presque toujours amenés par un vent d'O. qui remplace subitement un vent d'E. régnant. Entre le cap Caxine et Raz-^l-Amousch nous avons eu souvent occasion de faire cette remarque. De même, dans cette saison, des éclairs vers une partie de l'horizon annoncent un vent du côté opposé ; c'est le contraire en hiver, le vent vient du côté où il éclaire.

On a observé sur toute la côte, et principalement dans les golfes ou les baies un peu profondes, que, vers le milieu dti jour, la brise du large qui s'établit parait venir du N. , tandis qjue lorsqu'on s'éloigne en pleine mer on retrouve les vents à la partie de l'E. ou de l'O. , variant un peu vers le Nord. Il est probable que ce changement de direction n'est dû qu'à la présence de terres fortement échauffées.

En été les vents de N. N. E. au N. N. 0. annoncent un beau temps fixe ; ils sont toujours faibles. En hiver, au contraire, ce sont les vents les plus redoutables. Le' vent de N. est connu des Algériens sous le nom de charpentier mayorquin^ à cause des débris qu'il occasionne dans le port même. On a eu en efTet , dans le mois de février 1835, la preuve qu'il peut produire de grands désastres.

Les coups de vent ne sont pas généraux^ ou du moins ils ne se font pas sentir partout avec la même intensité* Ceux qui se déclarent entre Tile de la Galite, Bone et Bougie» commencent presque toujours par TE. ou le N. E. et varielit ensuite au N. , il est rare qu'en atteignant Alger ils conservent la même violence. Ceux qui ont lieu dans cette dernière partie de la côte commencent par l'O. et le N. 0. Dans les environs d'Oran ^ ils éclatent par le S. 0. , TO. et le N. 0.

Aux mois de juin y juillet et août » les vents de la partie de rO. soufflent parfois avec assez d'impétuosité , mais avec un ciel clair et des circonstances dignes de fixer l'attention des marins. Us sont modérés au moment où ils s'établissent, leur force augmente ensuite progressivement; on remarque à l'horizon de rO. des masses de gros nuages qui paraissent fixes. Dans les partie élevées du ciel se montrent quelques nuages éparSy peu denses, d'une couleur blanche, ressemblant à des bancs de sable. Si on les observe pendant quelques temps» on est étonné de la rapidité avec laquelle ils s'évaporent et disparaissent; plus cette évaporation est prompte, plus on doit s'attendre à un vent frais, suivi de rafales.

Ces mêmes vents prévalent dans les mois d'octobre, novembre , décembre , janvier, février, mars et avril ; mais ce n'est qu'à partir du mois de novembre qu'ils amènent habituellement le mauvais temps dans ces parages. Alors ils sont souvent frais, le ciel se couvre de gros nuages, ils soufflent par grains, et soulèvent une grosse mer. C'est aussi avec les vents d'O. qu'à cette époque on voit arriver les grandes pluies ; ils font presque toujours baisser le baromètre. Pendant les beaux jours de l'été, et en général quand ils sont modérés, ils régnent avec un ciel clair.

Les vents de S. établis d'une manière fixe sont rares ; mais on les voit s'élever assez souvent après le coucher du soleil , lorsque le temps a été très-beau pendant la journée. Cela a lieu aussi au fond des golfes et des baies, quelques heures avant le lever du soleil. Ces vents servent encore de transition d'^n vent d'E. à un vent d'O., et réciproquement. Durant la croisière d'Alger, nous les avons éprouvés une seule fois grand frais; il parait que, dans quelques circonstances, ils acquièrent une grande force : le capitain Boutin , dans son rapport , cite le brick le Requin^ qui, ayant mouillé devant Alger, fut surpris, en juin 1808, par un coup de vent de cette partie et dérada avec quatre ancres devant lui.

Le vent du désert, appelé sémoun, soufQe du S. au S. O. et même à l'O. S. 0. ; il est assez chaud pour faire monter subitement le thermomètre jusqu'à 3b°^ comme nous l'avons éprouvé deux fois à bord du Loiret , étant à un mille de la cÂte. M. Roset a trouvé à terre une température un peu plus élevée, 38<». Le sémoun est rare fort heureusement; c*est aux mois de juillet et d'août qu'il se fait sentir plutôt que dans le

reste de Tannée. Cependant on Ta va soafBer en juin et en septembre.

Le baromètre monte ordinairement avec les vents de N. au N. E. et à TE. , il baisse avec les vents du S. au S. 0. » à YO. et au N. 0. ; on voit quelquefois le contraire avoir lieu.

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