‹ Description nautique des côtes de l'AlgérieChapitre 29 sur 40 · DEUXIÈME PARTIE, €ofnfri%e entte Alger ei ks tUs Zafarines · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, €ofnfri%e entte Alger ei ks tUs Zafarines

Le cap Caxine. — Pointe Pescade.

Le cap Caxîne est cette masse de terres qui s'avance à TO. 4e la baie d'Alger, dont Abou-Zaryah est le sommet le plus -élevé, et la pointe Pescade, l'extrémité la plus saillante vers le Nord. Il se termine à la mer par des couches de roches qui «ont taillées à pie prévue partout, excepté vers la pointe Pes- "isade,' qui descend par ubc pente douce jusqu'à fleur d'eau. Cette pointe se divise en deux ; la mer pénètre au milieu et vient ' former une petite crique assez profonde, avec une plage où les bateaux de pèche et les sandales du pays vont souvent se réfugier. La partie de VO. est basse; celle de TE. a quelques mètres d'élévation, elle s'avance moins au large, et se terAiine d'une manière abrupte ; on voit sur son extrémité les derniè^ res fortifications ou batteries qui ont été établies pour défendre les approches de la baie, et à quelque distance au N. deux pe*lites lies plates, à peine élevées de quelques pieds au-dessus de l'eau, qui peuvent servir d'amers pour éviter la roche Mtohem lorsqu'on entre dans la b^e en serrant la côte; il s'agit, pour cela, comme nous l'avons déjà dit, de les tenir ouvertes par la pointe des Coasnkf.

ReeonnaissftDce d*AIfer.

Les terres qui forment le mont Abou-Zaryah et le cap Caxine paraissent isolées dès qu'on se trouve éloigné à 12 ou 15 milles,

dans quelque direction que de soit. Elles deviennent ainsi une trèsrbonne reconnaissance pour Alger ; mais on doit leur préférer encore ces hautes montagnes situées au delà de la plaine de la Mitidjà, qui font partie de ce qu'on appelle le petit Atlas» et dont les formes et le$ contours sont si remarquables. Il est impossible de confondre la montagne de Uoùxaïa aved une autre, et de ne pas fail*e attention à cet espace tide qu'on a appelé la Coupée^ qui existe entre cette montagne et Bény- Stalah. Le mont A'mmal est aussi un des sommets de cette chaîne les**plus faciles à reconnaître à une grande distance^

Pointe des Ck^nsuls.

A i'Ë. de la pointe Pescade, la côte s'arrondit peu à peu vers ie S.; elle est très-dentelée et bordée de débris de roches, mais sans aucun danger caché ; elle continue ainsi avec le même as^ pect jusqu'à la grande plage des jardins du Dey. On reuxar-" que, sur cette étendue, un assez grand nombre de batteries placées aux endroits un peu saillants. Parmi ces derniers, ce-* lui qui s'avance le plus a été appelé pointe des Consuls i il est utile de la connaître à cause du relèvement que nous avons donné plus haut pour éviter l'écueil qui porté le nom de Mtahem.

On voit des jardins, des maisons de campagne, des terrain^ défrichés sur toutes les hauteurs des environs, jusqu'à 1 mille à rO. de la pointe Pescade; mais, au delà, les versants des collines n^offrent plus, du côté de la mer, qu'une teinte de vert grisâtre assez uniforme, occasionnée par les broussailles et les petits arbustes dont ils sont couverts^ A 2 milles ^/g^ il y a une falaise plus élevée que le reste de la côte, d'une couleur jaune et rousse, qui s'avance un peu au N. avec quelques roches à son pied, c'est ce qui est le plus communément appelé le cap Caxine. On le reconnaît à sa teinte jaunâtre et à un petit sommet de montagne situé à environ 1 mille vers le S. O., qui, dans quelques positions, prend une forme conique saillante, et qui est connu sous le nom de Djerba*

Entre ce point et lé Ras^Agnaiftyr^ au milieu de falaises d'une hauteur uniforme, on trouve les carrières d'où Ton a tiré presque tous les matériaux qui ont servi à construire les fortifie»-' lions d'Alger. »

CÔTES DE l'Algérie.

Bas-Âqnathyr.

Le Ras-Agnatbyr est une pointe basse ; la côte après elle tourne au S. et forme ensuite une grande anse où Ton peut mouiller avec les vents d'Est. Dans la partie la plus au N., il y a une petite crique où les sandales se tirent quelquefois à terre ; les Algériens ont appelé cet endroit le port Calfate ; là, la mer est arrêtée par quelques falaises rocailleuses, après lesquelles vient une plage immense qui va joindre sans interruption la presqu'île de Sydy-Ferougj. Deux petites rivières se jettent à la mer dans cet intervalle; mais leurs embouchures sont barrées, de sorte que les eaux s'écoulent à travers le sable, et qu'il est alors difficile de les découvrir ; celle qui est la plus voisine du Ras-Aqnathyr est la plus abondante, on y fait facilement de {'eau, les embarcations pouvant accoster jusqu'à terre. Une ceinture de dunes couvertes de petits arbustes règne le long de cette plage, laissant quelques intervalles qui paraissent comme autant de grandes taches blanches.

' ' Sydy-Ferougj.

La presqu'île de Sydy-Ferougj est large d'environ Va de mille, elle s'avance de 1 mille vers le N. 0. et forme ainsi deux baies trèsouvertës, remarquables par les grandes plages et les dunes qui les bordent; elle est défendue du côté de la mer par une bande de rochers escarpés qu'on peut approcher de trèsprès. A la partie Nord-Est, il y a une île de peu d'étendue et de hauteur qui laisse un passage si étroit, qu'on peut le franchir à pied sec. A la pointe Sud-Ouest, on voit d'abord, à une très-petite distance, deux îlots plats, et plus loin, deux autres semblables, entre lesquels les embarcations légères peuvent passer^ et dont la position contribue beaucoup à mettre à l'abri les bateaux de la côte qui viennent relâcher dans cet endroit-pendant le mauvais temps. Sur le sommet de cette presqu'île, on voit un marabout et une petite mosquée surmontée d'une tour carrée, qui servent beaucoup à la reconnaissance de cette partie dé la côte, surtout lorsqu'on vient du large, car alors ils se détachent en blanc sur les terres de Tintérieur.

La baie du N. E. est rarement fréquentée, à moins que ce ne soit par les petits caboteurs ou les bateaux ; celle du S. 0. offre un bon mouillage pour toute espèce de bâtiments avec

des vents d*£. ou de N. E.; on y trouve fond de sable près dé terre, et de la vase quand on est à la distance de 1 mille. Il y a une batterie au bord de la mer, qui avait été établie pour en défendre les approches et en même. temps pour exiger le droit d'ancrage des navires de commerce. Avec les vents de N. 0., on ne peut y rester sans dangef, la mer devenant trèsgrosse.

C'est là qu'est venue mouiller, en 1830, l'armée française qiii a fait la conquête d'Alger. On fit un camp retranché de la prest^u'île, et, pendant un mois, ce point isolé de la côte d'Afrique présenta l'aspect animé d'une ville d'Europe. Aujourd'hui, ces plages solitaires offrent à peine les traces de ce séjour ; mais elles rappelleront sans cesse à celui qui passera devant elles l'un des beaux faits d'armes de notre époque, et peut-être le seul qui ait été utile à la civilisation et à l'humanité.

A 1 mille- au S. de Sydy-Ferougj, il existe un petit ruisseau qui se jette à la mer à travers des sables, où Ton peut faire de l'eau assez facilemept ; la côte, à partir de là, suit une direction générale vers le S. 0.; elle est peu élevée et conserve un aspect assez monotone jusqu'à Ras-el-Amousch, oii elle palraît former une baie très-profonde : du moins, c'est ainsi qu'on' en juge quand on est au mouillage de Sydy-Ferougj; cette illusion est causée par la hauteur des terres qui forment le cap et le creux d'une grande vallée qui se trouve derrière lui au Sud. Une plage de plus de 3 milles de long conduit du ruisseau dont nous venons de parler jusqu'à la rivière Maa-el- Zafrarif elle est bordée de dunes à moitié couvertes de broussailles ; dans l'intérieur, le terrain est très-accidenté et s'élève , graduellement. Avant d'arriver à cette rivière, à 1. mille du rivage, on remarque iin marabout blanc qui est appelé par les habitants Sydy-Abd-el-Kader.

Maa-el-Zafran ou Mazafran. — Fouka. — Qobr-el-Roumyah ou Tumulus.

Le Maa-el'Zafran est une des grandes rivières de l'Algérie *, on peut reconnaître sa position en venant du large aux deux collines entre lesquelles elle coule, qui sont plus élevées que ' les autres terres de la côte; celle de la rive gauche est la plus haute, elle a deux sommets arrondis. A partir de son embouchure, des plages et des falaises alternatives forment le bord de la mer ; à 4 milles, il y a une partie avancée, une espèce de

cap au haut duquel on a bâti un marabout appelé Fouka, qu'on distingue de loin à cause de sa blancheur. Nous avons mouillé à environ 1 mille Vs dans le N. de ce point, par 30 brasses, sur un fond de vase grise, mêlée de gros débris de coquilles et de madrépores capables d'endommager les câbles en peu de temps. Le marabout est situé sur des terres qui conservent assez longtemps une hauteur uniforme ; dans le milieu de Tintervâlle qui le sépare de Bas^l-Amousch, elles s'élèvent cependant un peu et forment un petit mamelon à sommet très-obtus, où l'on voit une petite élévation qui a la forme d'une pyramide; c'est là un monument très-ancien, appelé dans le pays Qatr-el- Roumydh (tombeau de la chrétienne), aujourd'hui très-respecté par la superstition des Arabes, et sous lequel on croyait autrefois qu'il existait des trésors. C'est un point facile à reconnaître, qui a été bien déterminé.

A l'E. du Ras-el-Amousch, il y a une baie assez ouverte où l'on peut se mettre à l'abri des vents de la partie de l'O.; on ne saurait y être bien durant le règne des vents d'E. ou de N. E.; cependant notre pilote Mohamet y a passé quelque temps de cette saison, avec un brick, pour y prendre des bois de construction; il avait eu la précaution de mouiller vers le large deux ancres en barbe ; une troisième amarre, fixée à terre, le tenait évité à la lame pendant le calme de la nuit, et servait en même temps pour les communications. Il y a éprouvé des vents d'E. assez frais et une mer grosse, les ancres ont tenu bon. Une petite rivière se jette dans la partie orientale de cette baie, c'est celle que Shaw désigne sous le nom de Gourmaat , qui s est encore conservé parmi les habitahts ; à t mille environ plus vers l'E., auprès d'une petite pointe, nous avons vu des ruines qui sont probablement celles de Tefessad^ dont parle le même voyageur. Le milieu de cette baie est occupé par une plage ; la partie Nord l'est par les roches, dont quelques-unes sont isolées, mais ne s'écartent pas de manière à devenir dangereuses; il y a, dans cet endroit, des points trèsescarpés.

Ras-el-Âmousch. — Ile Bérinshel.

Les terres qui forment Ras el-Amousch sont hautes ; elles occupent une grande surface de l'E. à l'O.; la montagne principale, dont le sommet a 850 mètres de hauteur, s'appelle Schénouah. Elles sont détachées des montagnes de l'intérieur par une vallée assez large, ce qui est cause que, de loin» ce cap pa-

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