DÉPART DE CABOT
verte par Magellan du passage occidental si longtemps cherché. Le navire Victoria, le seul survivant de l'expédition , rapporta sous la conduite de Sébastien de Elcano la confirmation (vid. Navarrete loc, cit., t. IV, p. 3) de la découverte ainsi que celle de la mort du chef et d'une grande partie de l'équipage. Cet heureux couronnement des efforts faits par les Espagnols et la rivaHlé perpétuelle des Portugais ne firent qu'accroître l'ardeur à do nouvelles découvertes. Beaucoup d'habitants riches de Séville offrirent leur aide au gouvernement s'il voulait organiser une nouvelle grande expédition dans la môme direction (llerrera, Ûccad. III, 259). Mais le moment n'était pas favorable. Le roi d'Espagne venait, le 20 mai 1520, de quitter son royaume pour monter sur le trône impérial sous le nom de Gharles-Qumt. De plus, le soulèvement suscité par Juan de Padilla , qui éclata peu après le départ du roi et qui ne put être réprimé que par la baUiille de Yillalar (23 avril 1521), paralysa les entreprises de la Couronne dont le gouvernement, dirigé par des conseillers flamands, n'était pas aimé dans le pays. La situation s'améliora lorsque Charles-Quint revint en Espagne en 1522 et prit luimême la direction des affaires. Une nouvelle grande expédition aux Moluqucs fut décidée. Elle partit le 24 juillet 1525 sous le commandement de Fr. Garcia de Loaysa et dut prendre sa direction par le détroit de Magellan pour en reconnaître la viabilité. En outre , une autre entreprise analogue , à laquelle plusieurs maisons de commerce de Séville prirent part, fut équipée sous la conduite de Cabot. Cette expédition sortit le 3 avril 1526 du port de Lepe.
Les apprôls de ce voyage furent faits assez à la hâte. Les commerçants précipitaient le départ, et Cabot eut bientôt remarqué que, jalousé par les P^spagnols en sa qualité d'étrangtîr , on ne cherchait qu'à entraver ses préparatifs. 11 s'efforça donc ùo son côté de mettre à la voile aussitôt que possible, ce qu'il fil avant d'avoir complété son équipement. Comme ses prédécessoui-s , il se dirijrea d'abord vers les Canaries , d'où il gouverna vers les côtes du IJrésil et les atteignit dans le voisinage du cap Augustin.