LA PETITE SALINE SEPTENTRIONALE
caractère que les pampas stériles. C'est un sol arenacé, friable, sans lapis de verdure, sans aucune graminée et pauvrement peuplé des buissons de plantes ligneuses à petites feuilles, dont nous avons déjà parlé. Pendant mon voyage, j'ai traversé un des districts situés le plus au nord de ces plaines stériles : la route de Catamarca à Copacavana (part. II, p. 222) est presque toute entière tracée à travers ces terrains. Cette partie extrême est encore assez élevée et entourée de montagnes. Mais à partir de ce point, le sol s'abaisse rapidement vers le sud-est et alors on rencontre les salines proprement dites, ou dernières flaques de l'ancienne mer évaporée. Elles sont toutes placées au bord méridional des branches de la dépression générale qui partent en rayonnant dans certaines directions.
La partie la plus au nord, entre la Sierm Ambato, la Sierra de Belen, la Sierra Famatina et la Sierm Velasco, est la plus petite et en même temps la plus élevée. Elle est coupée au sud parle Rio Colorado et dans sa partie est, en avant de la Sierra Ambato, elle enveloppe une saline de grande étendue. Le sol est totalement dénué de végétation, l ut au plus voit-on au bord du bassin quelques petites plantes herbacées salines, parmi lesquelles une Salicornia analogue i celle d'Europe. La vraie lagune est recouverte d'une croûte de terre dure, blanche d'efflorescences salines. Comme tous les sols de vase, cette croûte en se desséchant se fendille en grands et petits compartiments. Après les pluies, rares ici, la lagune se remplit d'eau et se transforme momentîméinent en un bourbier vaseux. Mais ces pauvres flaques d'eau durent peu de temps, car l'évaporation en a promptement raison pendant la saison chaude, de décembre à mars. Le bassin a environ 10 lieuej de longueur et 2 à 4 lieues de largeur. A l'extrémité nord il est un peu plus étroit qu'au sud, ou il atteint sa plus grande largeur. Au milieu s'élève une chaîne basse de dunes, qui s'avancent également loin au sud. Sur les deux côtés de la saline, où se développent des forets assez denses d'algarrobas, on voit d'autres chaînes de dunes. Elles datent sans doute de l'époque ou la saline formait encore un véritable lac avec des eaux permanentes, dont