FORÊTS DE LA PATAGONIE ET STEPPES SALÉES
avec une légère inclinaison à Test. Ils sont formés de matériaux homogènes fmement broyés, qui possèdent le caractère friable du sol des pampas fertiles. Quelquefois cependant on y rencontre des roches solides. Plus loin à l'est viennent les autres gradins qui, d'après Darwin, se conservent au nombre de sept ou huit à travers toute l'étendue du pays jusqu'à l'océan x\tlantique. Le dernier et moins élevé forme une bordure devant le rivage actuel, ayant seulement quelques pieds au-dessus du niveau de la mer. Leur surface est couverte de graviers et ils paraissent marquer d'anciens rivages préhistoriques. Les ruisseaux, qui le plus souvent descendent en torrent des Cordillères, parcourent ces plaines et viennent réunir aux fleuves. Mais la végétation est presque toujours misérable, semblable à celle des pampas stériles, composée de buissons peu élevés ou de fourrés épais, parmi lesquels quelques massifs de saules se développent dans les bas-fonds dcs.ruisseaux. Tout est désert et triste, sans apparence d'une culture possible sur ce sol misérable. Il faut aller plus vers le centre, au sud du Rio Cuarto et du Rio Quinto, pour rencontrer des forêts étendues d'algarrobas qui se continuent loin au sud. Mais elles ne sont encore utilisées que par les Indiens Ranquelas et par d'autres tribus des sauvages Araucans. Elles s'étendent jusqu'au delà des bassins du Rio Negro et du Ghubut.
La grande steppe salée, située dans la partie nord-ouest de la plaine argentine, est la contrée la plus déserte de tout le territoire. Nous avons réservé sa description pour la lin. Elle forme, ainsi que nous l'avons déjà vu (p. 15:1), une dépression ramifiée ontre les ramifications des Cordillères et la chaîne de montagnes conli*ale. A l'ouest elle s'étend jusqu'aux premiers ressauts de la Cordillère, à l'est jusqu'au Rio Salado et embrasse une superficie d'environ 500 milles carrés. Toute cette surface est salée et présente les phénomènes d'efflorcscence saline dont nous avons parlé <p. 169). Cependant elle ne constitue pas une saline générale et continue, mais renferme seulement des lacs salés localisés et î^ntéhistoriques, que l'on peut considérer comme .les restes d'une ancienne mer intérieure. En général, le terrain offre le même
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