COUCHE DE GRAVOIS SUR LE PLATEAU
teau est le sédiment rougeâtre argilo-arenacé dont les éclats et débris de la surface sont en grande partie formés. Je montai sur le second gradin du plateau par une échancrure peu profonde dans laquelle coule une petite source. Je m'arrêtai une demiheure près d'elle et fis mon obser\ation d'altitude (4200 mètres). Le second gradin est donc un peu plus élevé et a au moins 4220 mètres. L'Ëstanzuelo,aubord du premier gradin qui n'a\'ait pas de cimes neigeuses, ne doitpas dépasser 4600 mètres.
 la surface du second gradin je trouvai tout semblable au premier. Une troisième terrasse, accompagnée également d'une chaîne de montagnes moins élevées, se dressait devant nous à une distance de 3 à 4 lieues; au pied un, second bassin d>au allongé, la lagune Brava. Arrivés auprès nous retrouvâmes les mêmes porphyres et trachytes accompagnés, sur une vaste étendue, des mêmes cailloux anguleux et en éclats, qui, cette fois, se détachaient en taches d'un rouge clair ou d'un noir sombre sur le sol brun grisâtre, et se développaient en bandes bariolées à la surface du plateau. Je n'ai pas vu de sable mouvant comme celui que j'avais observé en si grands amas dans la vallée du Rio Jagué, surtout au pied des pentes. Le vent violent qui, venant de l'ouest, nous soufflait en face, chasse tout le sable dans les vallées. Les chutes de pluie ne sont pas assez considérables pour mettre en mouvement les détritus de la surface. Ces eaux pluviales s'accumulent dans les lagunes et n'atteignent pas la vallée du Rio Jagué. La surface de chaque gradin doit être un peu inclinée vers l'ouest, car les amas d'eau s'y rassemblent dans la partie la plus déclive. Les pluies proprement dites sont très-rares, mais les\^peurs qui, pendant les mois d'hiver, de mai en octobre, se condensent en amas déneige, couvrent toute la surface d'une épaisse couche que le vent entraine ensuite dans les gorges, de sorte que le passage des Cordillères est dangereux pendant ces mois cl a déjà coûté la vie à de nombreux voyageurs. Les animaux euxmêmes périssent pendant le trajet par manque de nourriture convenable, et partout nous vîmes leurs ossements blanchis aux deux côtés du sentier étroit et contourné que leurs sabots ont