‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 108 sur 583 · OMBELLIFÈRES RABOUGRIES DU PLATEAU · texte numérisé non relu

OMBELLIFÈRES RABOUGRIES DU PLATEAU

racé sur ces cailloux anguleux. A cette hauteur, de même que ur le bord du premier gradin, il ne croît plus d'autres plantes ue de petits groupes de cactus sphériques et çà et là des touffes n forme de segment de sphère de 2 à 3 pieds de diamètre, forlées par une petite ombellifère rabougrie, parente du Selinum caule Cavan. {Laretia acaulisG. et II.), et connue des indigènes 3US le nom de Cuerno-Cabra à cause de sa racine en forme de >rne de chèvre. Cette petite plante, probablement VAzorella illiesii Ilook., a une grande valeur pour les voyageurs qui en imassent toujours partout où ils la trouvent pour l'emporter et i cherchent lorsqu'elle vient à manquer. Sa racine résineuse est î seul combustible de ces hauteurs désolées. Après avoir atteint le bord du troisième gradin, nous en fîmes ifficilement l'ascension, et devant nous se. développa une vaste tendue sans aucune autre inégalité que la chaîne basse de cônes )orphyriques et trachytiques. Isolés les uns des autres à la surace, ils sont alignés dans la direction générale. Nous nous arrelâmes au milieu du plateau, à côté d'une deces masses de trachyte. Autour de nous le sol était jonché de centaines d'os blanchis. Les hommes et les animaux ont coutumo de venir s'abrilei- là lorsqu'ils sont surpris par une tempête de neige, et beaucoup d'animaux fatigués y sont venus finir leur vie. Au nord et à une dislance de 4 à 5 lieues, se dressait le groupe du Corro Bonele avec ses cinq sommets neigeux. Je le dessinai sur mon album, malgré la violence des rafal.^s du contre-alizé supérieur-', et il me fut impossible défaire du feu pour observer la tenipérature de l'eau bouillante. Mais comme la limite des neii^es du Cerro Bonete se Irouvait encore beaucoup au-dessus du niveau du plateau, l'alliludo de ce dernier ne devait pas dépasser iGOO mètres. Je con- ^lalai clairrmenl qu'un ([uart du cône, au pied, élait sans neige, Imdisque la partie supérieure était eouvt^rle d'un épais manteau, 1^'après cela j'ai estimé la limite des neiiT^^s danscj^le atmosplièi'e Mie, échiiuffée par le rayoîineiiienl eonlinue! du sol briilé [>ar 'e soleil et qui reste toujours pure et claire, à i55() mètres et Talliludc du sommet du Cerro Bonete à 58 i5 mètres. Sa masse était

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iU BORD DU PLATEAU ORIENTAL.

d'une couleur un peu plus sombre que le sol environnant; j'en conclus qu'elle est aussi formée de trachyte ^•.

Vers cinq heures nous arrivâmes au bord occidental du troisième et dernier gradin et nous grimpâmes sur une faible hauteur d'environ 200 pieds. La surface ne me sembla pas aussi unie comme sur le troisième gradin. J'y remarquai deux légères dépressions dirigées du nord au sud, à fond plat, qui divisaient le gradin en trois terrasses assez semblables. On voyait dans le lointain de nombreux pitons massifs sans sommet neigeux et dont aucun ne présentait des dimensions comparables à celles du Cerro Boneto. Ici aussi le sol est couvert de cailloux anguleux, remplacés quelquefois par d'autres fragments de roches éruptives, parmi lesquelles les trachytes noirs sont toujours plus nombreux que les porphyres quartzeux rouges. Tout était encore plus nu et plus désolé que sur les deux premiers gradins. Je n'y découvris aucune trace de cactus ni de cuerno-cabra. Mais les ossements blanchis d'animaux tombés ne manquaient jamais complètement, et un ou deux cadavres paraissaient encore asseï frais et avaient dû succomber depuis peu, car l'air, toujours découvert, très-pur et très-sec, dessèche rapidement tous les objets et donne bientôt aux animaux morts l'aspect de momie?. Pour la môme raison on distingue très-nettement les objets à de très-grandes distances. Enfin nous arrivâmes au pied de hauteurs peu élevées, doucement inclinées vers l'ouest, et, à côté d'elles, nous nous trouvâmes au bord d'un précipice escarpé qui devait nous conduire dans une gorge profonde située au-dessous de nous.

En descendant dans la gorge, le caractère des roches se modifie entièrement. Ce sont encore des sédiments, mais formés d*une masse friable d'un jaune clair, qui, sous l'action de l*alr, se transforme en sable. Ce sable recou\Te toutes les pentes de la gorge jusqu'au bord supérieur, et ne laisse à nu que quelques escarpements à pic semblables à nos murs des géants. Ces roches claires ont valu à l'endroit le nom de Barranca Blanca, On marche une demi-heure avant d'avoir atteint le fond de la gorge dirigée du

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