‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 110 sur 583 · LE RIO BLANCO ET LE RIO SALADO · texte numérisé non relu

LE RIO BLANCO ET LE RIO SALADO

ment dirigée du nord au sud. Elle contient une rivière abondante, le Rio Blanco, qui reçoit TArroyo Blanco en cet endroit. Elle doit son nom à de vastes croûtes de sel étendues sur ses rives nues el sans joncs. Les parois de la vallée sont formées du même grés clair alternant avec de minces couches de gyps feuilleté. Ces deux roches couvrent les deux côtés des pentes de nombreux fi-agmenl5 anguleux. Une bande de porphyres quartzcux ferme le bassin de la vallée au nord et boinc la vue dans cette direction. On s'avance jusqu'auprès des porphyres et Ton voit le Rio Blanco tirer son origine do plusieurs petites sources qui sortent de prairies en forme de bassin. Le sentieV serpente entre les cônes de porphyre sur des cailloux anguleux et franchit une arôte transversc, qui ferme une autre vallée dirigée au nord, dans laquelle se trouve une petite lagune. On suit celte dépression au nord-ouest jusqu'à ce que la route, escaladant son flanc occidental, vient se continuer dans une troisième vallée assez profonde et lai'ge, parallèle aux deux précédentes, que le Rio Salado suit du nord au sud. Cette rivière est belle et claire, peu salée, avec ses rives couvertes de joncs. ¥Àl' se lient très-près au pied des pentes occidentales de la vallée el va plus au sud rejoindre le Rio Blanco. Ces deux rivières une fois réunies coulent au sud dans une étroite vallée, entre les deux plateaux des Cordillères, et entrent dans la plaine à l'endroit où les Cordillères cessent de s'étaler en plateaux et se resserrent en arèles. Le fleuve coupe l'arête orientiile sous le nom de RioJachal,prèsde la localité du même nom, et va se réunir avec le Rio Jaguc dans la large vallée encaissée entre les chaînes de Famatina.

On s'élève sur le flanc occidental de la vallée du Rio Salado pour remonter de nouveau sur le plateau et Ton se retrouve encore de\^ni une surface de cailloux et d'éclats anguleux. Mais la plaine esl bientôt coupée par une quatrième gorge étroite el pai*allèle aiiv autres, le Zîmgon. Elle ne contient qu'un très-petit ruisseau, n»ai> profondément encaissé et à parois escarpées; sps pentes sont semées de débris anguleux, tandis quo le fond est tapissé de fà- j zons humides. Dr giandcs masses de porphyr«'s sont disséniin»'»'^ partout. Après cette gorge on tiaverse, en se dirigeant à rouesi)

PUTEAU OCCIDENTAL DES CORDILLÈRES. i97

la partie Ja plus large du plateau occidental, grande plaine d'une étendue de plus de cinq lieues, dont la surface est entièrement nue et couverte de cailloux anguleux comme les autres. Des collines peu élevées, couvertes de sables, s'élèvent çà et là à la surface et boiiient la vue. On se croit dans une vallée transversale, mais ce ne sont que des inégalités locales. Le plateau lui-même s'élève un peu à l'ouest par deux faibles gradins et se termine par un escarpement à pic, qui forme à la fois la limite du plateau de la Cordillère et des ÉUits du Chili et de la république Argentine. On se trouve au bord d'un mur de 500 mètres de haut, assez escarpé, par lequel la montagne se termine du côté du Chili. Le regard plane a perte de vue sur le territoire accidenté et montagneux du Chili, et par les journées claires, dans les moments les plus favorables, atteint jusqu'à l'océan Pacillque, distant d'un degré et demi de longitude. Rien n'interrompt cet immense panorama en dehors d'un piton élevé et couvert de neige situé au nord, le volcan de Côpiapo, haut de 5210 mètres. Cri cône puissant et isolé offre le même aspect que les cinq cônes du Cerro Bonete, domine au loin le plateau et étend sabase j'usqu'au bord de l'escarpement. Nous exécutâmes notre descente à côlr de lui et prîmes noire campement sur le bord du ruisseau, connu niainlonant sous l(^ nom de Rio Piuquones, à environ deux lieues du point d'origine de la vallée, au Penaseo de Diego, et à une altitude de 3010 mètres ^". Le bord du plateau des Cordillères ne doit donc pas dépasser 4:235 mètres, car le Penasco de Diego est situé à 025 mètres plus bas que ce bord.

Après cette description détaillée et faite d'après des observalions personnelles du centre du plateau des Cordillères, il nous reste encore à faire connaître son prolongement sur les deux cotés, au nord et au sud.

Du côté du nord, j'ai déjà dit que le plateau passe sans interruption dans le désert d'Alacama et s'y abaisse peu à peu. Nous le connaissons assez mal dans cette région et uniquement par l'exploration de la passe de San-Francisoo, exécutée par M. W. Wheelwright pour Tétude de son projet de rlpmin de fer par-dessus les

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