‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 113 sur 583 · PROLONGEMENT AU SUD · texte numérisé non relu

PROLONGEMENT AU SUD

d'un degré de latitude (du 32* au 33* de lat. S.). Aidé de mon compagnon, habile dessinateur, je fis une esquisse du panorama que je reproduirai dans l'Atlas, pi. I, en y joignant une description. Pour le moment je me contenterai de faire remarquer que les deux sommets culminants de cette partie, TAconcagua et le Ligua, nommé Mercedario sur la carte de Pissis, se trouvent sur la me, La hauteur du dernier est de G83i mètres, celle du premier de 6798 mètres. Ce sont les deux pitons qui dans toute la chaîne des Cordillères se rapprochent le plus des sommets culminants de la Bolivie ^^.

A Mendoza j'avais chaque jour devant les yeux une seconde vue de la Cordillère du Sud, et encore mieux dans la petite ville de Lujan située plus au sud. Mais on n'y aperçoit que la première chaîne orientale, avec le point culminant de Tupungato de 6710 mètres qui est entre les deux, chaînes. Je pris aussi cette vue et je la reproduirai avec la précédente dans l'Atlas. Elle s'étend au sud jusqu'à la passe de Portillo et embrasse sur la longueur d'un degré de longitude toute la chaîne orientale, comme on la distingue à une distance de dix à quinze lieues. Je ne puis pour le moment rien dire de plus sur ces deux vues et je renvoie aux explications. Les indications actuelles doivent se limiter aux traits généraux que l'on peut saisir sans avoir les dessins sous les veux.

D'après tout ce que nous venons de dire, le système des Cordillères, large d'un degré et demi de longitude et formant une masse compacte dans sa partie située au nord de 29* 30' de lat. S., se divise en chaînes isolées au sud de ce point. Des vallées s'inlercalent entre les larges arêtes montagneuses et remontent leurs pentes au fond de gorges profondes qui les découpent en chaînons secondaires. Sous le 30' de lat. S., outre la Sierra Famatina qui se détache déjà sous le 29' de lat. S., il existe encore quatre autres chaînes plus ou moins parallèles entre elles, dont la largeur et la hauteur vont croissant de l'est à l'ouest. La quatrième et dernière, la plus occidentale, constitue la vraie chaîne des Cordillères et forme la limite entre le Chili et la république

Wi LES TROIS CHAINES DES CORDILLÈRES.

Ai^gcntîne. Cette chaîne élevée est la seule qui ait encore des sommets neigeux, comme nous l'avons déjà indiqué. Les trois autres jusqu'à Mendoza sont peu élevées, sans sommets particuliers et en grande partie sans arêtes et sans dents, couvertes de débris et de sables et ne portent qu'une rare et pauvre végétation.

De ces trois chaînes nous avons déjà suftisamment décrit (p . i 89) la première et plus orientale. Elle est composée des quatre petites sierras de Vinchina, Guandacol, Mogna et Villicun, que nous avons fait connaître comme les rameaux de la troisième terrasse du système de Famatina, la Sierra de Machaco. Cette manière de voir a été reproduite brièvement à la page 199 et il est inutile d'y revenir ici. Afin de faciliter l'intelligence des faits je donnerai à cette chaîne isolée et orientale le nom de Cordillère antérieure (Procordillera),

La seconde chaîne a aussi été mentionnée au même endroit comme le prolongement du plateau oriental. Elle reste un peu plus large, ne renferme aucune vallée longitudinale et a une grande importance par sa richesse en filons métallifères, dont les plus riches sont ceux de cuivre et d'argent. Par son caractère pétrologique elle se rattache au plateau oriental et est composée en grande partie de sédiments paléozoïques des périodes primitives, avec des enclaves de porphyre. Elle commence avec la Sierra de Jachal, puis vient la Sierra de Gualilan, suivie au sud du Rio de San-Juanpar laSienadeTontaletse termine près de Mendoza par la Sierra de Uspallata, dans laquelle, ainsi que dans les précédentes, on trouve des trachytes et des tuffes volcaniques. J'appellerai cette seconde chaîne Cordillère latérale (Contracordillera), parce qu'elle court à côté de la Cordillère principale et sort directement du plateau oriental comme un prolongement.

La troisième et la quatrième chaîne constituent la Cordillère principale {Cordillera real). Elles sont très-rapprochées Tune de l'autre, et une large vallée longitudinale dans laquelle coule le Rio Blanco les sépare complètement de la Cordillère latérale. Cette vallée, à partir de l'endroit où le Rio Blanco coupe la Cor-

EXTRÉMITÉ DE U PRINCIPALE CHAINE DES G(miHlJi3(£S. 9103

(lillère latérale et devient le Rio de Jachal, reste sans eau et n'a plus d'établissements importants. Les localités habitées n'y redeviennent fréquentes que plus au sud, où le Rio de San-Juan se forme dans cette vallée et où la richesse métallurgique des deux flancs a attiré l'immigration. Les deux chaînes de la Cordillère principale s'élargissent beaucoup à Test et rétrécissent si bien la vallée, large jusque-là, qu'elle ne forme plus qu'un étroit passage de plusieurs lieues de long, nommé vallée de Calingasta. Dans cette vallée se réunissent en une seule rivière les deuxbras du Rio de San-Juan, le Rio Castaiio et le Rio de los Patos, qui coulent entre les chaînes des Cordillères, fort larges en cet endroit. A l'époque de la domination indienne, ce lieu était l'emplacement de la ville principale des populations de la contrée. Le village actuel de Calingasta est le centre de la population moderne. Au sud de ce goulet, la vallée se rélargit, mais en même temps redevient aride. C'est là que se dresse le piton culminant de nos Cordillères, le puissant Acon* cagua, masse de roches sédimentaires semblables à celles, qui constituent les deux chaînes et qui a été soulevée par des porphyres. Son sommet est découpé en deux dents peu élevées et d'une assez gi*ande longueur, comme on pourra le reconnaître sur une vue dessinée par moi et qui sera insérée dans TAtlas. La vallée du Rio de Mendoza, qui prend sa source sur le flanc occidental de l'Aconcagua, coupe au sud la chaîne orientale de la Cordillère principale par une gorge étroite, nommée par les indigènes El Cajon. Elle entre dans la plaine à côté de la Sierra de Uspallata, et le fleuve prend sa route au nord-est en contournant l'extrémité de cette sierra. La chaîne orientale de la Cordillère, plus large que Toccidentale, se continue au delà du Cajon ; la chaîne occidentale ne subit pas d'intenniption, mais s'abaisse un peu pour former, avec une altitude de 3803 mètres, la passe de Cumbre, qui a toujours été la route principale du Chili. Les deux chaînes se continuent encore quelque temps au sud en laissant entre elles une étroite vallée, dans laquelle se dresse le cône volcanique de Tupungato (6710 mètres) ; puis elles se rapprochent peu à peu pour venir se fondre en une seule chaîne dans le voisinage du volcan

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