IL REMONTE LE KIO PARANA
vorable des rentrants , voyant qu'il était difficile d'espérer une heureuse réussite dans cette région , se décida à abandonner la rive nord du fleuve et à passer sur celle du sud. Il laissa donc à S. Salvador le plus grand de ses navires encore existants et s'engagea avec la Caravela et la Brigantina dans le principal bras méridional du Paranâ, appelé aujourd'hui le Rio de las Palraas**.
11 arriva , en remontant le courant , dans la région (à Zarate) ou les berges s'élèvent à l'approche du fleuve, et en continuant de les longer il pénétra bientôt dans ce vaste et large cours d'eau (à S. Pedro). Celui-ci conserve encore longtemps une rive élevée au sud , tandis que de larges îles basses forment sa rive au nord. Plus loin les deux rives changent d'aspect; les hauteurs s'abaissent au sud à l'embouchure du Rio Carcaranal , tandis que le sol se relève au nord à Punla Gorba, un peu au sud de Diamante , jusqu'auprès du fleuve. Cabot' fit halte ici près de la rive méridionale, pénétra dans la large embouchure du Carcaranal, danslt bras du Paranà qui vient de Santa Fé et y fonda un second fort, S. Espiritus (ou Espiritu santo). Cette région porte encore le nom de Rincon de Gaboto**.
Les Indiens de cette contrée se nommaient Caracai*as ; plus tard, il appai^issent sous le nom de Timbos. Ils étaient d'un caractère doux et bien difl'érent des Charmas du Banda oriental. Ce fut le principal motif qui décida Cabot dans le choix de la position d'un établissement. Pendant qu'il était ainsi occupé, il envoya un de ses navires à S. Salvador pour y faire connaître sa situation. Il expédia en môme temps en Espagne quelques morceaux d'argent que Ton avait obtenu par échange des Indiens étiiblis à S. Espiritus. Ils devaient être présentés au roi avec une relation, afin de justifier ainsi le changement de direction adopté'*. Ses deux envoyés étalent l'Anglais Georg Barlow, qui, à moitié son compatriote, lui était fidèle et dévoue, et l'Espagnol Ilornando Caldi'ron, payeur de l'expédition, également homme de confiance et sans ambition personnelle. Tous deux parvinrent, heureusement en Espagne et furent présentés au roi le 15 octobre 1527 à Tolède.
EXPLORATION m RIO PARAGUAY. H
Les morceaux d'argent et quelques objets de parure en orque les Indiens portent excitèrent aussitôt l'avidité des Espagnols. Comme d'après le dire des sauvages, ils tiraient ces métaux de l'intérieur au nord-ouest, Cabot envoya dans cette direction un certain César et quatre Espagnols, avec commission d'étudier les ressources du pays et de reconnaître la provenance de l'argent. Après l'achèvement du fort de St-Esprit , il se remit luimême en route vers le nord, en remontant le cours du fleuve. 11 laissa au fort un ofQcier, Gregorio Caro, comme commandant avec soixante soldats. Les deux navires qui restaient encore partirent pour cette excursion le 23 décembre 1527. On choisit le bras latéral du fleuve <{ui s'ouvre dans le Carcaranal, près du fort, et s'appelle Rio de Carunda. 11 se détache du cours principal beaucoup plus au nord et se relie avec une autre artère analogue, le Rio Colastine. Ce fut par cette voie que l'on atteignit pour la première fois le grand bi'as du Paranâ. Après une navigation de 120 lieues au milieu de nombreuses difficultés, on arriva au point de jonction du Rio Paranâ avec le Rio Paraguay (27* 1 6'). Le premier étant le plus large. Cabot le choisit pour s'y engager. Il le remonta jusqu'à l'île Apipé (59^ 10' à l'ouest dn Paris). Arrivé en cet endroit, les Indiens l'informèrent qu'il rencontrerait beaucoup d'obstacles à la continuation de son voyage en amonl du fleuve à cause des rapides, des écueils et des cascades. Ils lui apprirent aussi, à son étonnement, qu'un nouveau navire avait pénétré depuis peu dans l'estuaire du Rio de la Plata, nouvelle qui leur était déjà parvenue par terre. Il se décida alors au retour et arriva de nouveau, le 28 mars 1528, devant IVmbouchurc du Paraguay où il s'engagea. Peu au-dessus du confluent avec le Paranâ il rencontra un grand affluent venant de Touost, que les Indiens nommèrent Lepeti (aujourd'hui Rio Vermejo). En cet endroit de nombreuses barques chargées d'Indiens essayèrent de lui barrer le passage *^ Cabot fil descendre dans un canot un oflicier, Michael Rifas, avec vingt soldats, pour s'entendre avec les Indiens. Us se laissèrent attirer à terre par ceux-ci et furent aussitôt attaqués et mis en déroute dans les épais fourrés du ri-