SIERKA DEL PIÉ DE PALO
montagne, de même que la Sierra Buruyaco (p, 224), est constituée par une masse ovale de roches métamorphiques, longue d'environ dix lieues. En ses points les plus larges elle a environ quatre lieues; ses sommets les plus élevés atteignent 1500 à 4800 mètres, et son altitude moyenne est de 800 à 4000 mètres au-dessus de la mer. Telle est la Sierra del Pie de Paie, située à l'est de San-Juan sous 31* 45-40' lat. S., masse de roches en ovale allongé, sans végétation. Rétrécie au nord, elle s'élargit en s'arrondissant à son extrémité méridionale, et sa forme pittoresque fait un joli décor pour le pays. J'avais auparavant rattJiché cette sierra aux Cordillères antérieures, mais je me suis aperçu qu'elle ne leur appartient pas, parce qu'elle n'est pas constituée comme elles par de vrais sédiments, mais par des roches métamorphiques. La Cordillère antérieure finit avec la Sierra Villicun, au Rio de San-Juan. Cependant elle se prolonge en réalité plus au sud, par des mamelons isolés de roches calcaires, et sa véritable extrémité se trouve dans les roches calcaires de Calera à Mendoza.
SYSTÈME D'ACONQUIJA.
Ce système de montagnes ne fait plus partie des annexes immédiates des Cordillères, car il forme un tout indépendant. Mais il court dans une direction parallèle, et on doit le considérer comme une expansion plus éloignée des mêmes phénomènes plutoniques qui ont soulevé des profondeurs le système des Cordillères avec ses annexes. Le tronc principal de l'Aconquija se trouve assez exactement sous GS** 20' ouest de Paris (66** ouest de Greenwich). 11 forme un puissant massif montagneux, dirigé du nord au sud avec une légère inclinaison au sud-ouest. Sa longueur dépasse un peu un degré de latitude, et ses sommets les plus
LE SYSTÈME D'ACONQUIJA. 221
élevés se dressent jusque dans la région des neiges éternelles. Le côté occidental de cette montagne a une pente très-abrupte et tout escarpée ; aussi on y rencontre très-peu de vallées. Deux gorges étroites seulement sillonnant cette pente et conduisent par des ruisseaux insignifiants une faible quantité des vapeurs condensées en pluie sur les sommets. Au contraire, de longs éperons se détachent des pentes dirigées à Test, et entre eux de longues vallées descendent à la plaine et y apportent la fécondité avec les eaux abondantes qui roulent sur leur thalweg. Le tronc principal de TAconquija est assez rétréci à son milieu. Cependant les éperons et les vallées de sa pente orientale sont encore beaucoup plus larges que ceux de l'ouest. Mais aux deux extrémités la pente s'élargit par de larges saillies avancées et de longs prolongements qui lui donnent une si grande extension, qu'elle s'étend sur cinq degrés de latitude et constitue un système très-complexe de chaînons, de vallées et de plateaux. Ce sont ces différentes parties que nous allons avoir a distinguer, mais en consacrant encore auparavant quelques lignes à la description du tronc principal.
Sa charpente pélrographique est formée de roches métamorphiques, sur les points les plus élevés desquelles font saillie des masses granitiques. Telle est du moins l'affirmation qui prétend que les sommets les plus élevés sont de granit. Ces sommets se trouvent assez exactement sous ^2T 20' lat. S. et représentent de très-hautes dents aiguës, dont la médiane est la plus élevée et peut atteindre 16 000 pieds (5400 mètres). Il existe encore deux autres groupes de sommets aigus, dont l'un, le plus long, fait saillie avec six dents au milieu de la montagne, tandis que le second, situé à son extrémité nord, porte trois dénis seulement. En janvier 1860, j'ai vu les deux groupes également couverts de neige dans toute leur étendue. J'en conclus qu'ils atteignent l'un et l'autre la zone des neiges éternelles, bien que quelques personnes affirment qu'ils ne sont pas toujours revêtus de neige. J'estime donc leur hauteur à 15000 pieds (4-980 mètres), car la ligne des neiges permanentes ne descend pas au-dessous