FIN DE L'EXPÉDITION
Ils devaient revenir au bout de trois mois ; mais on ne les vil pas rentrer pendant les deux années que Gabot resta encore dans le pays. César reparut à S. Espiritus seulement après une absence de trois ans et y apprit le départ de Cabot et la ruine des Espagnols laissés par lui. 11 se décida à pénétrer de nouveau à l'intérieur en suivant la même route. Ce qu'il y avait vu avait plus d'attrait pour lui que le Rio Paranâ et Espiritu Santo. Si nous en croyons les récits de César, tels que Guzman les reproduit'^, dans son premier voyage il s'était arrêté dans les plaines fertiles de l'intérieur de la Bolivie, à peu près dans la région de Santa-Cruz de la Sierra ou Gochamba, chez des Indiens avec lesquels il vécut en bonne intelligence. Il avait suivi la route, déjà utilisée par les Indiens et très-viable, par Tucuman, Jujuy et Tarija. Celte roule était le chemin d'étapes des troupes des Incas. Il entendit parler de la richesse du Pérou (1528-30), non encore conquis^*. II retourna dans les mêmes régions à son second voyage en 1 531 . N'ayant point de bêles de transport, il ne pouvait avancer que lentement et rentia en Bolivie au moment de la chute de l'empire des Incas. A cette nouvelle, il se mit en route pour le Pérou, traversa les Cordillères et rejoignit ses compatriotes qui s'étaient déjà avancés jusque dans la région de Cuzco. Il fut le premier Européen qui, parti du Rio delà Plata, traversa l'Amérique méridionale jusque sur le rivage de l'océan Pacifique au Pérou et put arriver à Lima par ce chemin.
La seconde expédition au Rio de la Plata se termina donc aussi malheureusement que la première. Le pays du fleuve de Targent, après ces tentatives, ne semblait guère propre a attirer de son côté l'esprit d'entreprise et de conquête des Espagnols, excité alors au plus haut degré par les succès de Cortesi au Mexique et par les débuts audacieux de Pizarre au Pérou. Mais la passion des aventures utie fois éveillée, l*habitude des caractères entreprenants de négligiîr les fatigues et les dangers des uns pour ne voir que les succès des autres ne laissa pas durer beaucoup ce temps d'arrêt, et bientôt une troisième grande expédition lepril la route abandonnée sans succès par les navires de Cabot.