APPLICATION AU RIO PARANA
ment et laisse tomber les débris dans l'ancien lit, où de nombreux bas-fonds déjà existants opposent un obstacle à sa progression régulière. 11 se trouve ainsi contraint à rester en partie dans le nouveau lit et à abandonner l'ancien à moitié obstrué. Il tend toujours vers les parties les plus basses de la plaine qu'il a inondées, et en y séjournant plus longtemps il forme constamment de nouvelles sinuosités pour le peu d'eau qui lui reste encore. C'est ainsi que naissent peu à peu des fits entièrement nouveaux et des bas-fonds que l'on doit étudier pour les éviter et les marquer.
Bien que le Rio Paranâ, qui vient du Brésil, soit alimenté par les abondantes pluies tropicales et reçoive chaque année une masse considérable d'eau, cette dernière n'est cependant pas régulière. Dans la saison sèche, de mars en octobre, le fleuve décroit et alors on y voit se produire, d'une façon moins apparente il est vrai, toutes les particularités qui se manifestent si énergiquement sur les petits cours d'eau de l'ouest. La largeur énorme de son courant est l'obstacle principal à sa régularité, et cette grande largeur est la suite soit de la faible inclinaison de la plaine à travers laquelle il coule, soit de l'irrégnlarilé de la quantité d'eau et de ses crues considérables et momentanées. Bien qu'on n'y voie pas de bas-fonds émerger hors de l'eau, ils y existent cependant et en deviennent d'autant plus dangereux. A ceci viennent s'ajouter les nombreuses îles, principalement sur les bords, qui se sont élevées sur les bas-fonds plus solides à l'aide de la végétation qui s'y est établie. Il se fait des changements continuels dans ce grand fleuve et rien n'y est permanent.
Il résulte de toutes ces particularités que le fond de tous ces cours d'eau ne peut être formé que d'une vase fine pendant leur cours à travers la plaine, qu'ils ont tous des eaux troubles et n'en roulent de limpides qu'au voisinage des montagnes, aussi longtemps qu'ils coulent sur des graviers et des galets polis. Le fond du Paranâ, de même que celui du Rio de la Plata, est composé d'une vase terreuse grise, très-fine, dans laquelle se trouvent aussi beaucoup de grains de sable ténus, mais qui contient