‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 166 sur 583 · LE RIO DULCE OU SALADILLO · texte numérisé non relu

LE RIO DULCE OU SALADILLO

plissent à l'époque des hautes eaux, de novembre en mai, période pendant laquelle la rivière s'accroît ordinairement de iO à 12 pieds; mais elle décroît bientôt de nouveau, abandonnant une partie de ses eaux dans les lagunes. On a signalé de grandes forêts dans la partie inférieure de son cours. Telles sont la Monte de los Lobos, dans l'étendue de laquelle la rivière se détourne au sud pour éviter les collines de Remate, et plus tard la Monte de Aguani, où elle reçoit près delà petite ville de Santa-Gruz l'afflux du Rio Vivoras qui descend du nord. A partir de là elle coule assez tranquillement jusqu'à Santa-Fé, et débouche un peu audessous de la ville dans le Paranâ. Mais auparavant elle s'étend en un grand lac, d'où sort le bras latéral du Parand qui accompagne le lit principal jusqu'à l'embouchure du Carcaraâal à l'ouest, et passe devant Gorunda, ce qui lui a valu le nom de Rio deCorunda. A l'est de ce lac, il existe un autre bassin d'eau encore plus grand, laLaguna[Setubal. Elle se déverse dans le Rio Salado, un peu au-dessous de Santa-Fé.

Le Rio Salado traverse presque en diagonale le territoire nord de la république Argentine, et par cette direction il devrait être la grande route de l'inlérieur du pays. Mais il est trop pauvre en eau pour jouer ce rôle. Tous les essais pour faire de la rivière une voie de communication utile ont échoué jusqu'ici, et les expériences acquises ne permettent guère d'espérer de meilleurs résultats dans l'avenir. M. Estevan Rams, citoyen entreprenant de la ville de Paranâ, située assez exactement en face de l'embouchure du Rio Salado, s'est donné beaucoup de peines et n'a épargné aucune dépense pour rendre navigable cette rivière. Mais en examinant sans passion les données de son projet, on est forcé de reconnaître que malgré son apparence brillante et séduisante, il est inexécuUible et le sera toujours. Nous n'en dirons rien de plus, car on le considère, même dans le pays, comme abandonné actuellement^*.

7. Le Rio Dulce ou Saladillo ne se déverse plus dans le Rio Paranâ, mais se perd dans un marais avant d'avoir atteint le pand fleuve. Par ses sources comme par sa direction il fait

Page 1