MENDOZA PART CHEZ LES TIMBOS
Indiens attaquèrent aussi les navires et ils parvinrent à en incendieB quatre des plus rapprochés du rivage en leur lançant des flèches enflammées. Les équipages se sauvèrent avec peine sur les plus grands stationnés plus loin. Avec leurs canons ils éloignèrent les Indiens et firent de si grands ravages par* mi eux, qu'ils se retirèrent et abandonnèrent l'assaut. Les Espagnols perdirent dans cette affaire un enseigne et trente soldats. Si les Indiens avaient eu plus de persévérance et bloqué les Espagnols, ils les auraient probablement épuisés et vaincus.
On ne pouvait plus songer à rester en cet endroit funeste ; on se prépara au départ. Déjà Mendoza songeait à retourner en Espagne et faisait ses préparatifs, lorsque Ayolas revint de son ex^ pédition dans le haut Paranà et apporta l'heureuse nouvelle que là habitaient des peuplades amies, les Timbos, avec lesquels on pourrait nouer des relations pacifiques. Ceci détermina l'Adelantado à renoncer au retour et à aller chez les Timbos. Il ordonna de tout préparer pour le départ . 11 voulut auparavant passer une revue de sa troupe et constata que des 2,500 hommes partis avec lui il ne lui restait plus que 560 soldats affaiblis et épuisés par la faim. Il laissa 160 hommes sous le commandement de Juan Romero, partie sur les grands navires stationnés dans le fleuve, partie dans le fort sous les ordres de Frantz Ruiz Galan et Nuno de Silva. 11 divisa les ^400 autres en deux troupes et envoya en avant une moitié sur les navires les plus légers, sous la direction de Juan de Ayolas, pourarriver chez les Timbos aussitôt que possible. Il suivit lui-même avec l'autre moitié, ne s'avanrant que lentement, affaissé sous la. douleur. Cinquante hommes périrent encore d'épuisement par suite de la famine pendant ce voyage.
Les Timbos étaient ces mêmes Indiens chez qui Cabot s'étiiit déjà fixé cinq ans auparavant et avait fondé le fort S. Espirilus Ils appartenaient à la grande famille des Guaranis ^', qui liabitiut la rive occidentale et méridionale du Rio Paranà et possédait un caractère plus doux et moins belliqueux. Ayolas à sa première rencontre avec eux reconnut aussitôt leurs bonnes qualités. Il laissa le capiUiine Alvarado avec 100 hommes pour préparer