‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 196 sur 583 · LA MESOPOTAMIE ARGENTINE · texte numérisé non relu

LA MESOPOTAMIE ARGENTINE

Les deux provinces de Corrienles et d'Entrerios, qui conslilui^nt cette contrée, ont un caractèrf» entièrement différent du reste du territoire de la république. Elles concordent plutôt avec eolui de la Banda oriental del Uruguay et de la province subbré- >ilionne du Rio Grande, et appartiennent par leur nature physique ices régions orientales de rAmérique du Sud. Leur caractère principal est la disposition mouvementée de leur sol, qui n'offre ûuUe part de plaines étendues ou pampas, mais est tiès-ondulé H accidenté. Les lignes de hauteurs partent d'une ou de plu- >icurs chuines principales qui courent assez exartement du nord

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au sud à lravei"s le pays, et envoient sur les deux côlês des rameaux semblables et s'ai&issanl graduellement. Ces coteaux, qui ne dépassent pas 500 pieds au-dessus du niveau de la mer et en général même sont encore plus bas, n'arrivent nulle part à former de vraies montagnes avec des arêtes et de^ pics de rochers, comme cela a encore lieu dans la Banda oriental. Ils sont retouveits partout d'une couche féconde de terre végétale revêtue d'herbes qui font de bons pâturages. Entre les collines, daiii b dépressions, se développent des bosquets d'arbiisseaux qui remontent jusque sur les mamelons les moins élevés, et se transforment en forêts puissantes à côté des deux fleuves qui enveloppent le pays. Mais ces arbrisseaux sont tout à faits dilférenls de ceux des Pampas stériles. Comme ces derniers, ce sont des piaules arborescentes à feuilles petites, mais moins raïuiliées el en grande partie sans épines. Les feuilles ont pris le dessus dans ces plantes, et le développement du bois, qui prédomine dans le> arbustes des Pampas, a perdu le premier rang. Des plantes grimpantes au large feuillage, noUtmment une Passi/lom trè.>-irpandue ( t plusieurs Ijignoniacées, pullulent dans ers bosquets, el des cactus des genres Upuntia el C^/t'</s s'élèvent au-dessus ava leurs noiubrcuses fleurs jaunes ou rouges. Des jKdiniei's aussi, pai lui lesquels le Trinaw brasilien$is le moins élevé, le beau palmier Yatai, uneespèeede cocos qui est le plus grand, se <lre>senl vu forets étendues sur le bord de l'Uruguay. Toutes r. > plantes appartieunont principaleuienl aux disiriels boisés jmu élevés. Sur les hauteurs se développe une végétation arl>orescente plus faible el moins élégante, dans laquelle les légumineuses à épines jouent un rôle im|K)rtanl'*. Tous les points l s plus élevés sont dégarnis d'arbres, mais revêtus d'herbes.

La plupart d.^s vallées, «»n général assez larges, eontiennenl un grand ou un pelit eom-s d'«*au (pu sort des lianes des liauhur? centrales cl s'écoule de l'un ou de Tautre côté vers un des deux giands llcuves qui (enveloppent le pays, l^s ruisseaux de la province septentrionale sont aus>i nombreux que ceux de la province du sud, mais aucun n'y atteint une gi-andi^ur considérable.

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Le petit Rio Aguapey, qui vient du bord des Missions et tombe dans le Rio Uruguay, est la rivière la plus longue de la contrée. Les autres tributaires les plus grands du Paranà et de l'Uiniguay tirent leur origine des nombreux marais de Tintérieur de la moitié nord de la province. Us couvrent presque la totalité de la surface centrale de cette région, et plusieurs envoient des cours d*eau assez considérables aux deux grands fleuves. Tels sont le Rio Mirinay, qui se rend au sud-est à TUruguayet y a son embouchure très-près de la frontière ; le Rio Corrientes en face, qui se jette dans le Rio Paranâ et près de Tembouchure duquel se trouve la petite ville d'Esquina, et le Rio Santa-Lucia un peu plus au nord, qui se dirige également vers le Paranâ et y tombe près de la ville de Goya. Tous les autres ruisseaux sont sans importance et ne méritent pas d'être mentionnés. Les grands marais s'étendent au centre de la province en s'élargissant au nord, et rejettent sur la moitié sud-est la région des coteaux. Celle-ci devient déjà moins accidentée en sortant d'Entrerios, et va en s'efiaçant graduellement jusqu'à la petite ville de Mercedes. A pailir de cet endroit, des plaines s'étalent à côté des deux grands- fleuves, se prolongent au nord et portent de belles forêts de palmiers, surtout celles du côté occidental, jusqu'à ce que les marais deviennent de plus en plus prédominants, et renferment des bassins d'eau libre qui à la lin se fondent dans la grande lagune Ibera, au sud de il^:Hïy et couvrent un espace de plusieurs centaines de milles carrés. Dans cette lagune et dans les voisines plus petites croît une seconde espèce de la belle plante aquatique Victoria que j'ai signalée *-^ dans mon Vot/age, 11, p. 5. La partie nord de Corrientes, les anciennes Missions, n'a plus de ces bas-fonds, parce que la chaîne centrale de collines y devient beaucoup plus haute, et comme au Paraguay y prend un caractère plus montagneux. Le peu d'étendue du pays plat rend tous ces ruisseaux extrême-» ment courts, mais ils sont très-riches en eau, car toute la moitié orientale de ce territoire est couverte de forêts épaisses subtropicales qui prennent déjà le caractère des forêts du Brésil, et se dislinguent des forêts clair-semées argentines du Gran Chaco par

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