LES CAKIOS APPORTENT DES ALIMENTS VÉGÉTAUX
fleuve, était protégé par un lac et on ne put l'attaquer. Les Espagnols brûlèrent tous les canots dont ils purent s'emparer. Schmidt estime à 95 lieues la distance entre cette tribu et les Tucaqués. Ils devaient donc habiter assez loin dans leGranChaco actuel.
En continuant toujours au Nord on arriva au confluent du Rio Paranâ et du Rio Paraguay, et, comme ses instructions lui prescrivaient d'aller au Nord-Ouest, Ayolas s'engagea dans le dernier. On y rencontra la nation des Curumobas (Mocobis). Ils accueillirent amicalement les Espagnols et leur offrirent le premier aliment végétal, la moelle dessiliques de l'Algarroba (Prosopis dulcis)j dont ils faisaient aussi du vin. D'une haute taille, les hommes portaient des plumes de perroquet fixées dans les ailes du nez ; les femmes se peignaient des bandes bleues sur les joues et avaient un tablier de coton. Ils étaient éloignés de 40 lieues des Abipones.
Apres un court trajet de 35 lieues l'expédition atteignit l'embouchure d'un grand fleuve qui vient de l'ouest des montagnes des Tuchkami (Tucuman?), et prend le nom de Jepedi (Ypila). La peuplade des Agazes habitait sur ses rives. Montés sur leurs canots ils tentèrent de barrer le passage aux Espagnols, comme ils l'avaient fait à Cabot. Après avoir combattu courageusement et avoir tué 15 soldats ils furent contraints à la retraite. On les poursuivit à terre , mais sans leur rien prendre, car ils s'enfuirent promplement à l'intérieur avec ce qu'ils possédaient et leurs familles.
La continuation du voyage en amont du fleuve conduisit, 50 lieues plus loin, l'expédition chez les Carios. Four la première fois les Espagnols trouvèrent chez des Indiens des plantes cultivées, à savoir du maïs, du mandiocca et des bâtâtes, ainsi que la boisson préparée avec la moelle de l'algarroba, substance que Si*Iiniidt prit pour du miel ^^. En outre des animaux domestiques, des moutons aussi grands que des mulets, des poules et des oies: l'oie turque sauvage qui est encore aujourd'hui commune dans tout le pays du Paranâ. Semblables aux précédents, les habitants mar-
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chaient entièrement nus et portaient dans un trou percé dans la lèvre un stylet de pierre, de couleur jaune et de l'épaisseur d'un tuyau de plume. Schmidt prétend qu'ils mangeaient leurs prisonniers après les avoir longtemps engraissés afin de les rendre meilleurs ; mais nous aimons mieux croire Azara et ne voir là qu'une calomnie. Toutefois cette coutume existe, dit-on, chez d'autres sauvages du Brésil, peu distants de là. Les Carios habitaient un village bien défendu, entouré de trappes, appelé Lambaré et situé sous le 25° 21' 50" de L. S. Ils reçurent les Espagnols à coups de flèches, lorsque après être descendus à terre sous la conduite d'Ayolas, ils se présentèrent pour faire des échanges avec eux. Un combat assez vif commença aussitôt; mais les armes à feu des Espagnols le firent promptement tourner au désavantage des sauvages. Ils s'enfuirent dans leur village et le défendirent pendant trois jours. La supériorité militaire des Européens l'emporta encore ici et les assaillants pénétrèrent dans la place après avoir perdu seize des leurs. Ceci se passait le jour de l'Assomption, 15 août 15:16*^.
Après avoir ainsi constaté la supériorité des Espagnols, les Carios se décidèrent à abandonner la résistance. On se disposa à fonder un établissement et on commença par construire, avec Taidc des Indiens, une grande maison fortifiée, située un peu au nord du théâtre du combat, par 25* 1(5' 44". A volas et ses officiers y habitèrent, tandis que les soldats s'installèrent autour dans des baraques. Ce petit fort fut le commencement de la ville de l'Assomption qui a pris son nom du jour où eut lieu le combat des Espagnols avec les Carios. A partir de ce moment les Indiens, convaincus de plus en plus de la supériorité des Européens, se prêtèrent de bonne grâce à leur rendre toutes sortes de services et conclurent une union intime avec eux en leur offrant et leur cédant leurs filles. Chaque soldat eut h son service deux femmes, les chefs trois et plus et Ayolas sept, dont la plus rtgée avait à peu près 18 ans.
Afin de s'attacher ses nouveaux amis, Ayolas promit aux Carios de les venger de leurs ennemis, les Agazes, qui avaient commis
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quelques hostilités contre les Espagnols. Il concerta avec eux une expédition militaire contre ces derniers, à laquelle les Carios prirent part avec cntliousiasme. 8000 Carios bien armés descendirent le fleuve avec 300 Espagnols commandés par Ayolas, pour aller chercher les Agazes et les battre. On arriva de nuit sur leur lerritoire et attendit prudemment jusqu'au premier jour. On tomba alors sur les habitants du village encore à moitié endormis et tua tout que l'on put atteindre, jeunes et vieux. Quelques-uns, qui s'étaient enfuis dans les fourrés voisins, demandèrent grâce et reçurent leur pardon. Le roi avait expressément recommande à tous les chefs de l'expédition d'épargner ceux qui se soumettraient, de pardonner aux révoltés et de ne les châtier qu'après une troisième défection. On devait dans ce cas les condamner à l'esclavage.
Après ce massacre commis sans raison, simplement pour montrer sa force, Ayolas revint à l'Assomption avec ses gens. Il y reslasix mois tranquille, occupéàl'achèvomentde son installation. Il pensa alors à mettre à exécution la mission d'ouvrir une route vers le Pérou cl s'apprêta à la remplir. 11 équipa 5 petits navires avec 300 soldats et remonta le fleuve avec les meilleurs officiers et de nombreux Carios en qualité de serviteurs. Il descendait de temps à autre à terre pour se procurer des vivres frais chez les peuplades riveraines. Schmidt qui prit part à cette campagne les nomme et comme de coutume, décrit son voyage sans faire de remarques intéressantes. Les populations de la rive orientale, près de laquelle on resta, se montrèrent amicales et donnèrent ce qu'elles avaientpourronlenterles Espagnols. On trouva (par ii*if) une haute montagne isolée, le Pan de Azucar actuel, que l'on baptisa du nom de Monte de San Fernando, mais que les indigènes appelaient lUipucu-Guazu (grande montagne). Après s'être avancé encore d'une» faible disUmce (jusqu'au i,V 5 de L. S.), on fonda, près d'un élargissement en forme de lac des rives du fleuve, une station sous le nom de Puerte do Candelaria. Ayolas y laissa les deux meilleurs navires avec 50 hommes sous le commandement de Domingo Martinez de Irala, ivec ordre d'attendre cinq mois son