‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 26 sur 583 · COMPLOT DES INDIENS · texte numérisé non relu

COMPLOT DES INDIENS

partie des Espagnols, les Indiens pensèrent à se soulever. Mais le soulèvement resta à l'état de projet. Les Yaperis étant d'anciens ennemis des Carios, ceux-ci prêtèrent leur concours à Tcxpédition, qui ne servit qu'à accroître la puissance des Espagnols. En marche on visita plusieurs tribus amies, les Ibitirucuys, les Tibicuaris et les Modes, afin de leur prouver par les yeux la puissance espagnole. Ces tribus de la grande famille Guarani étaient justement celles qui pensaient à la révolte. Elles comprirent que le temps n'était pas encore venu.

Une demi-année s'écoula encore jusqu'à ce que ce moment fût arrivé. Les Indiens attendirent que l'effet de l'expédition se fût effacé, bien que leur assujettissement ne fît que s'accroître et qu'ils eussent à supporter des traitements très-durs de ces rudes soldats espagnols, qui s'abandonnaient au plaisir d'exercer leurs caprices tyranniques. Ils se vengeaient ainsi sur les Indiens de la rigoureuse subordination dans laquelle eux-mêmes étaient tenus par leurs chefs, et assez souvent les pauvres Indiens étaient obligés d'avoir recours à ces derniers. Les fêtes de PAques 1539 arrivèrent et les Carios voulurent en profiter pour mettre à exécution leurs plans. Ils se trouvèrent à l'Assomption au nombre d'environ huit mille hommes, sous le prétexte de prendre part à la fête. Le complot devait être mis à exécution dans la nuit du vendredi saint. Heureusement le plan fut découvert quelques heures avant le moment fixé par une Indienne, fille d'un Cacique, qui vivait dans la maison du capitaine Juan Salazar et à laquelle un jeune Indien portait une grande affection. Il la conjura de s'enfuir avec lui. Comme elle lui en demandait avec instance la raison, il lui raconta le secret. Elle lui promit d'obéir le soir à son désir , mais se rendit sur-le-champ auprès de son maître et lui communiqua ce qu'elle avait appris. Celui-ci en fit part aussitôt au gouverneur ; on battit le rappel général et en une demi-heure les chefs de la conjuration furent arrêtés^'. Convaincus de leur crime, on les pendit à l'heure même où le complot devait éclater.

Cette conduite fit une profonde impression sur les Indiens. Ils

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