MARCHE A TRAVERS LE BRÉSIL
D. Pedro de Mendoza. Ils avaient dû s'enfuir secrètement de la colonie de Buenos-Ayres, parce qu'à l'époque de la famine ils avaient mangé un camarade mort. Ces deux hommes connaissaient la langue des Indiens et savaient par leur propre expérience qu'il fallait peu compter sur le Rio de la Plata. Leurs récits confirmèrent encore l'Adelantado dans son projet de voyage par terre.
Alvaro Nunez envoya à terre son facteur, Pedro de Orantes, et quelques hommes afin de reconnaître la meilleure voie à suivre. Il revint avec la nouvelle que les Indiens situés au nord-ouest étaient de mœurs paisibles et ne s'opposeraient pas à la marche. L'Adelantado se mit enfin en route le jour anniversaire de son départ d'Europe, 2 novembre 1541. Afin de transporter une partie des bagages en canot, il remonta la vallée du Rio Itapucu. Au bout de dix-neuf jours, on atteignit le pied de la chaîne de montagnes du littoi^l qui sépare les terres intérieures de la zone maritime étroite et couverte de forêts. Les grandes forêts des pentes et les gorges rétrécies des ruisseaux qui en descendent opposèrent de grandes difficultés. Cependant, on atteignit au bout de dix jours lacrôte des hauteurs et l'on se trouva sur des pentes douces inclinées à l'ouest, appelées La Tatua. Elles se rattachent à la vallée du Rio Iguazu ou Curitiba, qui est le dernier grand affluent du Rio Paranâ dans cette contrée. On arriva en cet endroit le 2 décembre. Les Indiens de cette contrée, dont on rencontrait les villages de temps en temps , se montrèrent hospitaliers. Ils apportaient pour les échanger des aliments, des fruits, des légumes et des volailles.
La vue des chevaux des Espagnols leur causa une grande surprise, parce qu'ils n'avaient jamais vu d'animaux d'aussi grande taille. Ils leur ofl'rirent aussi des volailles à manger, mais comme les chevaux les dédaignèrent, tandis qu'ils dévoraient avidement le maïs, les Indiens se moquèrent de leur sottise. Alvaro NuAez, après avoir constaté que ces contrées n'avaient jamais été foulées par un pied euiopécn , en prit possession pour la couronne d'Espagne avec les formalités accoutumées et baptisa le pays du nom de sa famille, Vera.