‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 35 sur 583 · MÉCONTENTEMENT DES COIX)NS · texte numérisé non relu

MÉCONTENTEMENT DES COIX)NS

lion générale contre Âlvaro Nunez s'accrut de jour en jour. Il voulut aussi s'immiscer dans la vie privée des Espagnols, et s'efforça surtout de faire cesser leur habitude de vivre avec plusieurs femmes et de traiter les hommes en esclaves; mais il fut très-imprudent de toucher ce point le plus sensible des conquérants espagnols. En outre, les ofTiciers,, qui jusque-là avaient vécu entre eux et avec leurs soldats d'égaux à égaux, furent requis de se conformer à une sévère discipline militaire et d'obéir minutieusement à toutes sortes de règlements et aux fonctionnaires civils. Il tomba bientôt aussi en désaccord avec ceux-ci, en paiticulier avec le payeur, qui l'irrita le plus fortement. Il négligea aussi de suivre l'usage accoutumé de réunir en conseil général les ofliciers supérieurs et les fonctionnaires de la couronne dans les occasions importantes. Il donna des ordres émanant de sa volonté seule et irrita fortement contre lui les petits et les grands. Bientôt Topinion générale considéra Alvaro Nunez comme un homme dur, orgueilleux, qui n'entendrait jamais rien à l'administration d'une colonie, parce qu'il n'y avait jamais été revêtu d'un grade élevé ou n'en avait jamais connu de tel. Tout ce qu'il faisait ne devait aboutir qu'à gâter l'existence de tous et à les troubler dans leurs douces habitudes. Dès lors tout le monde lui fit obstacle dans ses entreprises et s'efforça de lui être désagréable en toute occasion possible.

Dans de pareilles circonstances, il était facile de prévoir que la seconde expédition ne réussirait pas mieux que la précédente. Mais elle put encore s'organiser, le mauvais vouloir général ne faisant encore que naître. Cabeza de Vaca équipa quatre briganlins, six grandes barques et plus de deux cents canots pour le transport de ses troupes. 11 s'ombarqua avec cent cinquante Espagnols et environ deux mille Indiens. Comme la première fois, on remonta le fleuve à la voile et à la rame jusqu'au Puerto de los Rayes. Le gouverneur y fut de nouveau pris par la fièvre et s'y anèta après avoir commandé aux navires et à la plupart des soldats de continuer à remonter le fleuve. On arriva d'abord à la grande île qui divise le fleuve en deux bras sous le 48" et le 19" de

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