NOUVELLE EXPÉDITION AU NORD-OIEST
L. S. Elle était habitée par les Orejones, grande et nombreuse nation, dont les individus petits et d'apparence chétive, suivant Schmidt, ne dépassent pas cinquante ans, à cause de l'insalubrité de leur climat. On y resta deux mois, attendant le cours de la maladie du gouverneur. Schmidt raconte que ce fut là que pour la première fois il revit Tétoile polaire dans la Petite-Oui'se, perdue de vue depuis qu'il avait dépassé au sud les îles du Cap- Vert. Bien qu'on ne fut pas mal chez les Orejones, le gouverneur, dans sii mauvaise humeur, ordonna cependant, sous le plus futile prétexte, d'attaquer les Indiens et d'en massacrer le plus possible. Schmidt lui-même blâme cet acte comme sans cause et inhumain. La plupart des hommes furent tués, œuvre dont les Carios surtout se chargèrent; les femmes et les enfants furent mis en esclavage, transportés au Paraguay et distribués dans les villages {Azara, hist, d. Parag., I, 196). Pendant ce temps, le détachement de l'expédition envoyé à la découverte était revenu sans résultat aucun. La gi'ande chaleur, la vie au milieu de marécages où des millions de moustiques ne laissaient aucun repos, la mauvaise nourriture, qui faisait naître des maladies, le découragement et le mécontentement dos hommes, les attaques de fièvre intermittentes qui tourmentaient sans cesse le gouverneur, toutes ces causes le forcèrent pour la seconde fois à renoncer à sa marche vers le Pérou et à songer au retour. On envoya encore quelques détachements en expédition chez les Indiens riverains du fleuve. Elles se terminèrent comme d'habitude par le meurtre et le pillage; mais le gouverneur ne put se délivrer ni de sa maladie, ni de son humeur sombre, croissante. Le chagrin de voir ses espéi'ances trompées s'ajoutait à ses souffrances corporelles, et en se sentant abandonné par tous ses amis et partisans, il se laissa aller à un profond découragement. Schmidt et Guzman racontent encore quelques particularités sur l'expédition et donnent les noms des chefs qui commandèrent les razzias. Mais nous n'avons guère envie de reproduire ses récils, car ils aboutissent uniquement à prouver que le seul i ésullat de ces expéditions était le massacre inutile des Indiens, résultat dont les soldats eux-mêmes avaient