THÉORIE DE LA FORMATION DES SELS
préexistence du plâtre, simultanément avec le carbonate de chaux, me semble plus vraisemblable, car il se montrée côté du carbonate dans toutes les eaux courantes et même dans les puits artificiels.
Cette grande quantité de sels contenue dans le sol delà République Argentine appelle l'attention de l'observateur, et il se demande, non sans étonnement, non-seulemenl d'où sont sortis les sels, mais aussi comment ils ne s'épuisent ou ne diminuent pas, depuis tant de siècles écoulés. Quant à leur origine, nous avons déjà donné notre opinion plus haut, et nous ne voulons pas revenir ici sur ce que nous avons dit de leur origine épigénélique. La décomposition des roches anciennes fournissait les matériaux, et la condensation de l'humidité atmosphérique les transportait et les distribuait. Admettre, comme le fait d'Orbigny et en partie aussi Darwin, que la mer s'étendait encore sur toute la plaine Argentine, au temps de la formation des dépôts diluviens, c'est ne pas tenir compte des phénomènes déjà indiqués antérieurement. Si les couches diluviennes se trouvent encore à une hauteur de 1500 à 1800 mètres, même sur le plateau central bolivien, il faudrait donc déclarer que presque toute l'Amérique méridionale se trouvait encore sous la mer à cette époque, et cette hypothèse extravagante ne s'appuie sur aucune preuve directe fournie par les couches du sol. Il n'est pas possible de soutenir une pareille opinion, si les couches même des dépôts la combattent. Mais si, pourtant, les sels diluviens ne peuvent être considérés sous un autre point de vue que comme dépôts d'une solution aqueuse, et dont le dépôt de la marne, qui les contient, est aussi évidemment une ancienne vase produite par des eaux courantes, on ne saurait attribuer à une autre force, que celle des précipitations d'eau douce de l'atmosphère et des courants de leur masse, Torigine des deux phénomènes. C'est la seule explication admissible d'après ma manière de voir.