RÉVOLUTION A L'ASSOMPTION
rent les révoltés. Ces derniers, voyant la un de leur domination usurpée, se retirèrent secrètement avec cinquante soldats qui leur étaient restés fidèles, et Irala put rentrer sans difficultés dans la ville pour en reprendre le gouvernement.
En peu de mots voici les causes qui avaient amené ces événe* mcnts. Avant son départ pour le Pérou, Irala avait laissé l'administration à Franz de Mendoza, cavalier de haut rang, ancien page près de Ferdinand, frère de Charles-Quint. Irala n'étant pas encore revenu après une année révolue, Mendoza réunit les officiers et les principaux fontionnaires civils. 11 leur représenta qu'Irala avait sans doute succombé, comme Ayolas, et ne reviendrait pas, et leur proposa de le nommer gouverneur à sa place. Mais Diego de Abreu et ses partisans lui fit opposition parce qu'il était en hostilité déclarée avec Mendoza. On admit cependant comme certaine la mort d'Irala et donnant suite à la proposition de Mendoza on élut Abreu comme gouverneur. Les deux prétendants armèrent leurs partisans; mais les troupes plus nombreuses d' Abreu écrasèrent leurs adversaires. Mendoza fut fait prisonnier, accusé de rébellion contre l'autorité légale et exécuté publiquement sur la place de l'Assomption. Abreu se conduisit comme un véritable gouverneur jusqu'au moment où l'arrivée d'imlale renversa comme nous l'avons raconté. H s'enfuit de la ville avec ses partisans dans les forêts au nord-est et y mena une véritable existence de brigand. Appelé par Irala à se soumettre, il refusa pour lui-même; miiis plusieurs de ses compagnons, p^iiini lesquels les officiers Ortiz de Vergara et Alonzo Riquelme de Guzman, père de l'historiographe, acceptèrent le pardon offert, cl plus tard se réconcilièrent si complètement «ivec Irala qu'il leur donna deux de ses filles en mariage. Irala envoya contre Abreu et les autres un détachement conduit par Escaso. Ils surprirent les révoltés dans leurs huttes au milieu de la forêt et les mirent à mort.
Avant ces derniers événements, à l'époque où Irala tenait bloquée la ville de l'Assomption, il fut rejoint par Nuflo de Chaves, qu'il avait laissé derrière lui à titre d'envoyé auprès du vice-roi