‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 405 sur 583 · DURÉE DE L'EXISTENCE DES ANIMAUX ÉTEINTS · texte numérisé non relu

DURÉE DE L'EXISTENCE DES ANIMAUX ÉTEINTS

préglaciale européenne, et de la plus récente contenant les espèces correspondantes à Tépoque actuelle au temps poslglacial ; sans cependant indiquer par ce parallèle TeiisteDce de forces ou moyens de même nature, car les preuves foDl complètement défaut pour établir l'existence dans ce pays de forces glaciales. (Voyez note 28).

La manière dont sont disposés les squelettes entiers des animaux éteints, nous démontre aussi qu'ils n'ont pas été victimes d^une force momentanée, d'un cataclysme qui aurait tué tous les animaux, car dans ce cas les squelettes entiers doivent être déposés non-seulement tous dans la même couche, mais aussi également conservés ou décomposés. La différence de conservation et la différence de hauteur, quoique peu considérable, prouvent que ces animaux ont été tués dans des temps différents et de différente manière, et qu'il s'est écoulé au moins des siècles, sinon plusieurs milliers d'années, depuis leur apparition jusqu^à leur complète destruction. EI^ minant toutes les circonstances avec soin, il me semble très vraisemblable que ces animaux soient morts d'une mort mturelle en différents temps et de différentes manières, el >i quelques-uns dénotent une morte subite ,c'est qu^ils seront tombés par aventure dans des marais, ou auront été surpris par des crues momentanées dans leur lieu de repos. De telles inondations se sont répétées de temps en temps, délruisanl les cadavres des animaux noyés et transportant les membres de quelques-uns à différentes distances, du reste, selon que le courant était plus fort ou plus faible. Assez souvent on ne trouve pas les squelettes dans leur position naturelle ; principalement les grandes cuirasses des Glyptodontes sont généralement renversées, ou sont quelquefois en position perpendiculaire ; j'en ai vu moi-môme dans la vallée de LaPunAk- (Voyage^ II, 85). Dans ce cas ils sont vides, comme celui dont je parle; et seulement si la position est la véritable position naturelle, ventre en bas, on trouve dans la cuirasse les ossements du squelette, c^mme cela s'est présenté dans le casdn

OPINION DE BRAVARD. 193

magnifique exemplaire du Panochthus tuberculatus, conservé dans notre Musée, ayant été trouvé parfaitement intact dans sa position naturelle (Voyez Anales del Museo Pûblico de Buenos Aires, tome II).

M. AuG. Bravard, qui s'occupait beaucoup de la recherche des ossements fossiles dans les environs de Buénos-Ayres, dit dans sa description du territoire (Registro Estadistico de Buenos Aires, tome I, page i 1), qu'il a observé souvent dans les contours des squelettes parfaits une grande quantité de petites coques ovales vides, qu'il croit être les cages des larves des mouches qui ont mangé la viande de Tanimal mort; il en conclut que ces cadavres n'étaient pas submergés, mais déposés sur un terrain sec, parce que les larves des mouches ne peuvent pas vivre dans Teau. II résulte de cette observation, que le cadavre dût être couvert bientôt après la destruction des parties molles par les larves, et enveloppé d'une couche de sable mouvant, qui s'augmentait et se renouvelait de

temps a autre. Cette explication semble non-seulement très-

ingénieuse, mais aussi très-naturelle, si on concède l'exacti-

lode de l'observation. Pour ma part, je doute beaucoup de

^tte exactitude ; je n'ai jamais vu un semblable phénomène,

^oique j'aie extrait aussi plusieurs exemplaires presque

Complets de squelettes, et je doute aussi que des coques si

fragiles et si minces aient pu être conservées et que la peau

dépouillée d'une larve de mouche ait échappé à la destruction

pendant un séjour de plusieurs milliers d'années dans la

terre. Je crois que Bravard s^est trompé, ou si en vérité son

observation est exacte, il a pris un simple cas pour la règle et

^H a sorti des conclusions dont il n^était pas permis de tirer".

^our cette raison je ne donne aucune valeur à son opinion,

Quoique je n'en veuille pas nier positivement la possibilité, en

*^îsant observer que les larves des mouches vivent aussi dans

^^!» cadavres, mais seulement demi-couverts par Teau et que

'^ présence de leurs coques ne prouve pas absolument le

tpôt du corps sur un terrain sec. L'animal pouvait être

lÉP. ARG.— T. II. 13.

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