N. DE CHAVES AMÈNE LES PREMIÈRES CHÈVRES
du Pérou, D. Pedro de la Gasca. Il rapportait un refus définitif. Mais ce qui était plus intéressant pour la colonie, il était accompagné de 6 cavaliers et 40 soldats et ramenait quelques chèvres destinées à l'élevage. Elles furent la souche d'une nombreuse postérité, dont les descendants peuplent encore aujourd'hui le Paraguay. Chaves, homme astucieux et intrigant, épousa la fille de Franz de Mendoza et exigea la punition des meurtriers de son beau-père. Irala la lui promit et la fit exécuter en envoyant Escaso et ses soldats.
Peu de temps après la rébellion d'Abreu et de ses compagnons, Uhrich Schmidt, auquel nous avons tant emprunté dans notre récit des événements, quitta la colonie de Paraguay et retourna en Europe, où il arriva au commencement de l'année 1554. 11 partît par terre en traversant le Brésil. Il quitta l'Assomption le 26 décembre 1552, le jour saint Etienne, descendit le Paraguay jusqu'à sa jonction avec leParanâ, remonta cette rivière jusqu'aux limites des possessions portugaises au Rio Jaguy (?), et de là continua son voyage à pied par le pays des Tupis et de plusieurs autres peuplades jusqu'à la côte au cap Saint- Vincent (24* deL. S.), où il arriva le 13 juin 1553 (jour saint Ajitoine). RuyDiazMelgarejo,un des compagnons d'Abreu, qui s'était enfui aveclui dans les forêts, mais avait échappé aux poursuites avec.trois autres Espagnols, se joignit à Schmidt, sur le Rio Panarâ. Accompagnés de quelques Indiens, ils s'ouvrirent une route à travers les déserts. Les Espagnols restèrent au Brésil, Schmidt continua son voyage. Il s'embarqua sur un navire allemand et emporta avec lui plusieurs rapports d'Irala au roi d'Espagne, dans lesquels il faisait le récit des derniers événements survenus dans la colonie '^ Il les remit àSéville au chef de l'administration coloniale dans la Casa de las Indias
Lorsque les troubles, que la rivalité des officiers supérieurs avaient fait naître ici, comme dans toutes les autres colonies espagnoles, furent apaisés, le Paraguay jouit de la tranquillité pendant quelque temps. Irala fut reconnu gouverneur sans contestation et s'efforça de mériter la confiance générale par de bonnes insti-