ETENDUE DE LA FORMATION
La courte description que j*ai donnée ici de la formation est fondée sur mes propos études près de la ville de Paranâ, en Enlrerios, où elle apparaît dans l'escarpement trèsélevé de la rive orientale du fleuve, depuis la ville de Diamante jusqu'à Tembouchure du rio Guaiquirarô. Il résulte d'autres observations que peut-être la même formation se trouve au-dessous de la diluvienne, dans la partie orientale du pays, et se prolonge au Sud, au-delà de la limite, que nous lui avons fixée plus haut (page 200), de Bahia Blanca au volcan de Maipù, en s'élevant au niveau de la plaine échelonnée de Patagonie, jusqu'au détroit de Magellan, pour s'abaisser avec des chutes assez rapides près de l'Océan Atlantique. Dans l'intérieur de la République, on ne connaît pas de couches semblables au nord de la ligne indiquée, mais nous savons par les perforations exécutées à Buénos-Ayres que la même formation se trouve ici à une profondeur de 90-92 mètres au-dessous de la diluvienne, avec la même épaisseur qu'à Paranâ, et nous déduisons de cette observation qu'elle doit s'étendre plus à l'Ouest et peut-être jusqu'au pied des Cordillères.
Le long de la côte atlantique, d'Orbigny le premier, et depuis Darwin, ont étudié la formation. Plus tard, Bra- VARD l'a examinée, ainsi que je l'ai fait moi-même, à Parané, en Entrerios. Comme celui-ci en 1838, j'ai publié sur cette localité, pkis lard, une monographie spéciale dans mon Voyage, tome I, page 410, seq.
La description de d'Orbigny se trouve dans son grand ouvrage sur ses voyages dans l'Amérique Méridionale (tome III, part. 3, Paris 1842. 4). Il a visité le même endroit que moi à Paranâ et aussi la Patagonie dans les environs du village El Carmen, au rio Negro ; il a décrit les couches qu'il a étudiées; ses indications sont d'accord
37« lO* L. s., et la truisième au côté méridional de la chaîne de la sierra Ventana, à 37* 20* L. S., d'après les observations du Colonel Melchert, de Tétat-major du Gouvernement national.
fm ANIMAUX TROUVÉS DANS LA FORMATION
avec ce que j'avais antérieurement relevé. Pour délerrainer plus exactement ses résultats, il classait les espèces suivantes de mollusques :
Ostrea patachonica. Pecten Darwiniantis,
— Ferrarest. Ventis Mânsteri
— Àlvarezt, Àrca Bonplandiana.
Pecten paranensis. Cardium multtradiatum.
Quelques années plus tard Darwin visita les mêmes endroitSy poussant plus au Sud, vers la côte patagonienne, et examinant la Bahia Blanca^ la bjiie de Saint-Julien et le rio de Santa Cruz jusqu^à sa partie la plus haute, comme je Pai dit tome I, page 310. Les résultats de sa observations sont publiées dans son Voyage; il les reproduit plus tard, avec plus de détails, dans ses Geolojieol Observations (London 1846, 8), où il ajoute les espèces suivantes à celles observées par d'Orbigny :
Pecten actinoides. Nucula omata.
— centralis. — glabra.
— geminatus. Fusus patagontcus.
Cardium puekhum. — Noachinus.
Cardita patagonica. Scalaria rugosa.
Mactra rugata. Turritella ambulaerum.
— Darwini. — patagonica.
Terebratula patagonica. Voluta alta. Cucullaea alta. Trochus collaris.
Crepidula gregaria.
Les deux descriptions, se complétant l'une par l'autret donnent une esquisse bien nette de toute la formation; elles suffisent à la faire connaître, quoique des redb^ches postérieures aient augmenté beaucoup le nombre des espèces fossiles, et élargi notre connaissance de li faune de cette partie de la période tertiaire. Il faut d'au-