‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 579 sur 583 · SUR LES LAGUNES DE LA PATAGONIE · texte numérisé non relu

SUR LES LAGUNES DE LA PATAGONIE

produites par les fleuves qui viennent du terrain stérile des salitrales, par exemple: la lai^une Bevedero, qui reçoit les eaux des rivières de San Juan» de Mendoza, du Tunuyan et de San Luis, toutes parcourant la Pampa ou plaine de salitrales. Une autre lagune de la môme classe amère un peu plus petite et plus à TEst» est nommée, d'après la qualité de son eau, Laguna Amarga ; elle reçoit les eaux du rio Quinto, et se continue dans un terrain marécageux jusqu'aux sources du rio Salado, rivière qui a le môme caractère d'amertume de l'eau (*). Entre ces deux grandes lagunes formées par l'écoulement des rivières, existe une quantité de petits lacs formés seulement par la pluie, dont la plupart sont d'eau douce et quelques-uns d'eau amère. Les deux espèces sont notées sur la carte du colonel Melchert, où l'on distingue par la différence du dessin des lacs, que principalement le terrain au sud du rio Quinto est plein des lagunes d'eau douce potable et amère qui prouvent l'existence de deux classes de lacs tout près l'un de l'autre, comme il est dit au commencement de cette note additionnelle.

L'écoulement de la lagune Bevedero se fait à travers un terrain marécageux, qui s'étend jusqu'au grand marais d'Urre Lauquen ; les eaux conservant dans toute leur étendue le caractère amer. Nous voyons assez près de ce district des lacs d'eau douce, mêlés avec d^autres d'eau amère, comme par exemple l'amère Nahuel Mapu (36' W L. S.) tout près du lac Chilhue (37* 15' L. S.) avec de l'eau potable, et à côté de celui-ci les grands dépôts de sel commun, un peu plus à l'Est. Plus près de la côte de l'Océan Atlantique les relations des lacs entre eux sont les mômes. C'est là quK mon jeune ami a fait ses principales recherches, et je reproduis ce qu'il m'écrit sur cette partie de la Patagonie.

« Prenant mon chemin à côté du rio Sauce Chieo, petite rivière qui « vient de la sierra Ventana ( voyez tome I, page 317), je le suivis jus- « qu'aux ruines de la Nueva Roma^ d'où, tournant au Sud-Ouest pour « arriver au terrain bas des Satinas Chicas, je traversai un grand ialitral, « contenant dans son sol du sulfate de soude en abondance. Continuant dans « la môme direction, je passai une chaîne de dunes, connues sous le nom « de Cabexa del Buey (tète de bœuf), et de l'autre côté de cette chaîne existe « la lagune du sel commun, déjà nommée, de Salinas Chieas (Chaste des « Indiens). Cette lagune a une longueur de 6 kilomètres, coulant de Sud* « Est à Nord-Est, et à son extrémité occidentale existe une autre petite « lagune, nommée par les Indiens Chapai-eô (esLU de paille), alimentée « par un petit ruisseau. Marra - cô ( eau de lièvre ). — Les lacs de « Salinas Chicas sont accompagnés, au Nord, de dunes de 10 mètres de « hauteur, qui donnent naissance à de petites sources d'eau douce, et ces V sources, augmentées des eaux des pluies, pendant l'hiver, s'accumulent

(*) Lesdites lagunes Bevedero et Amarga sont brièvement notées et décrites, tome I, page 806 et page 293 de cet ouvrage.

« dans la lagune et contribuent à faire sortir le sel commun da fend d« « la lagune, pour le laisser déposé quand Feau s'évapore pendant l'éi^. » En octobre, c'est-à-dire au printemps, quand je la visitai, la lafu? » contenait encore de l'eau au centre.

« De SaUnas Chicas, à l'Est, on trouve une autre petite saline» nomiDéf « Escobas, située aussi au pied des dunes et alimentée par un niisseao « qui sort des dunes. Dans la même direction on arrive, plus au Sod. j « une autre lagune, nommée Calaveroê, alimentée de la même manière ^' « un ruisseau, mais contenant de l'eau amère. La lagune se trouve i>i » milieu d'une chaîne de dunes et de collines basses, parallèle à celle di « Nord, renfermant divers bas fonds, riches en sulfate de soude, comoi^ (< ceux du Romero Grande (Potrili Huilru des Indiens).

« Il y a encore beaucoup d'autres endroits avec dépôts de sulfates u « sud du rio Colorado, généralement sans eau en été, se changeinl ^n « lacs pendant l'hiver. C'est toujours près des dunes que l'on rencontrf « l'eau dans ces parages stériles; les puits artificiels donnent généralemeoi « une eau peu potable et une personne qui la boit, sans être accootoiD^' « à son usage, ressent bientôt un malaise général. De même que daasl' <c sud de la province de Buénos-Ayres, tout le terrain de la plaine pati- « gonienne abonde en dépôts de ce sel ; j'en ai trouvé jusqu'à Ranquk-^i « près du CoHon-Curà, à peu de distance de la Cordillère des Andes.

«c Les vraies Salinas, c'est-à-dire les lacs avec chlorure de sodf. ^ comme les Salinas ChitaSy sont toutes situées plus près du rio y^ir^ « sur les bords du rio Colorado; je ne connais l'existence d'aucune. U « mieux connue est la Satina À Igarrohos, au nord de El Carmai ; je i^ « l'ai vue que de loin ; elle m'a paru très-étendue et d'une grande Iib- « portance. Un peu plus au Sud se trouvent deux autres dépôts de $^ <r commun : l'un nommé Salina de Piedra, Tautre Salina del IngU». H « ce sont elles qui fournissent la plus grande quantité du sel apporté d< « la Patagonie à Buénos-Ayres. Encore plus près de El Carmen, i 2^ « kilomètres à Touest de la ville, se trouve la Salitia de Crispo, qn'oa « exploite beaucoup. C'est cette saline qui fut visitée par Darwin, el i* <f même que ce savant, j'ai vu le sel récemment recueilli, d'une eoileof « rose, qui semble devoir sa couleur à des infusoires contenas du» «l'eau. Cette couleur du sel se prononce seulement dans cetta l^i*' « le sel de la Salina Chica a une conteur absolument blanche, tionti^ « aussi celui de las Salinas de la Cruz, plus au sud de la Patagonie.

« Dans cet endroit, au sud du rio Negro, existent plusieurs utmU- « gunes salées, mais elles sont très-peu connues. Je fus informé ptf 1^ « Indiens de la présence de semblables lagunes à Test du rio 0"^ « Leufû, où vont les Indiens du côté de la Cordillère, pour faire ktf> ^ provisions, en même temps que la chasse des guanacos. Pi^s de b ^ rive de l'Océan Atlantique, à 300 kilomètres au sud de El Carmn « on trouve la Salina de San José, où, pendant la domination espa|nol^ «^ il y avait un poste militaire : de même, on en trouve d'autr«s pt^^

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