NUNEZ DE PRADO OCCUPE LA RÉGION DE TUCUMAN
résister comme ils l'avaient fait avec Almagro. Rojas fut tué dans ce combat contre ces belliqueux Indiens, et comme de coutume ses compagnons se disputèrent son héritage. Gutierrez se sépara des deux antres et s'enfuit avec quelques hommes en se dirigeant vers le sud-ouest pour échapper à Mendoza qui voulait l'arrêter. Les autres prirent la route du sud-est et traversèrent toute la contrée depuis Salta jusqu'au Carcaranal et par conséquent passèrent dans la région des localités actuelles deTucuman, Santiago del Estero et Cordova. Pendant ce trajet, on apprit des Indiens de la province de Cordova nommés Gomechingones, qu'il existait déjà une colonie espagnole au Paraguay. On se remit en marche en remontant le Paranâ et l'on trouva une croix au pied de laquelle Irala avait déposé une notice sur son expédition, après avoir abandonné la colonie de Buenos-Ayres. Mendoza voulait se rendre au Paraguay ; mais les soldats s'y refusèrent et massacrèrent leur chef qui persistait dans son dessein. Ils retournèrent alors sur leurs pas et allèrent rejoindre Heredia demeuré en arrière. Celui-ci les ramena au gouverneur La Gasca, alors occupé à réprimer la révolte de Gonzalo Pizarre.
Lorsque cette guerre fut terminée en 4548 et que le dernier Pizarre fut tombé sous la hache, le gouverneur La Gasca trouva bon d'imiter la conduite do son prédécesseur Yaca de Castro et d'envoyer les officiers les plus remuants à la conquête des contrées éloignées. Déterminé par les récits do Herodia ou de ses compagnons sur la beauté des contrées parcourues par eux, il chargea Nunez de Prado d'en faire la conquête. Celui-ci se mit en route en 1550 avec quatre-vingts Espagnols et de nombreux Péruvien:. Il arriva d'abord sur le territoire dos Chiquanos et ensuite des Chichas, qui habitaient entre les villes actuelles de Tarija et Ju juy. Continuant sa marche à travers la contrée montafOiouso do Salta, il descendit enfin dans la plaine do Tucuman et y rencontra les Calchaquis sous la conduite do leur célèbre chef Tucumanao. Nunez do Prado réussit à les repousser et fonda, au pied do la montagne élovoo d'Aconquija, une ville qu'il appela Bîuco de la Sierra,, du nom du lieu d'oriji:ino du gouverneur. Elle
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était placée près du Rio de Escoba (ou Escava, tête de Rio Marapa), dans la réfîon du village actuel de Namnja Esquina. H t\xi troublé dans celte occupation par Fi-anz de Yillagran qui, parti du Pérou, conduisait une troupe de renfort à son chef Peter de Yaldivia. Les deux chefs se querellèrent aussitôt, on en vint aux mains, Pmdo tût fait prisonnier et contraint de se soumettre au gouvernement du Chili. Lorsque ViHagran fut arrivé près de Yaldivia et Teut instruit de sa conquête, celui-^ci envoya son ia* raeux lieutenant général Franz Aguirre à Barco, pour prendre l'administration de cette nouvelle province. Aguirre, homme dur, ignorant et grossier, se plaisait à tourmenter ses subordonnés. Il se condui^t ici suivant ses habitudes. Il mit d'aboixl Nuâez de Prado dans les chaînes et l'envoya prisonnier au Chili, pour le faire juger par Yaldivia. Mais Prado i^éussit à lui échapper et accusa son persécuteur d'avoir usurpé le pays qui lui avait été donné. Comme on laissa Aguirre tranquille, il gouverna à sa manière et souleva contre lui les belliqueux Calchaquis. Ils Tassiégèrent dans Barco, et comme ils étaient très-nombreux, ils le forcèrent à s'échapper de la place avec ses hommes dans une sortie désespérée. Il se dirigea au sud-est et, pendant que les Calchaquis détruisaient Barco, il parvint dans la contrée du Rio Dulcc, où est actuellement Santiago del Estcro. Il y fonda en i553 une nouvelle ville qu'il baptisa du même nom que la capitale du Chili, en y ajoutant del Estero, parce que la contrée à l'entour est plate, basse ot exposée aux inondations du fleuve, qui change fréquemment son lit. Il soumit quarante mille Indiens des envi* rons, les organisa en réductions et en distribua les encomiendas à ses ofRciers. Mais los Indiens, encouragés par l'exemple dot Calchaquis, l'assiégèrent à leur tour et tinrent la jeune ville si bien bloquée, qu'Aguirre se vit encore forcé de l'abandonner et de prendre la route du Chili pour y demander des renforts.
Le moment était des plus défavorables pour une semblable demande. Les Arau(!;uiiens , pleins d'audace et d'intrépidité, avaient fait Yaldivia prisonnier en 155â, et un de leurs chefs l'avait massacré pendant qu'on traiUiit de son écliaoge. Dansées
ZURITA DEVIEiTT CAPITAINE DE SANTIAGO DEL ESSTBRO. 89
circoBstances, son successeur momentané, Franz de Villagran, déclara ne pouvoir se passer d'aucun de ses hommes. Il garda ÂguiiTe auprès de lui pour user de son aide et abandonna la cdonîe de Santiago del Ësteroà Juan Gi^gorio Bazan, qui y tenait garnison avec quelques hommes. Enfin, Aguirre envoya en 1557 une petite troupe de renfort, sous la conduite de son neveu Rodrigo. Mais c^lui-ci ne put conserver aucune autorité sur lesvieux soldats; il fut déposé par les partisans de Prado, et le vicegouverneur Villagran se vit forcé d'y envoyer Miguel Ardiles pour y rétablir Tordre. Pendant ce temps, le véritable gouverneur Garcia Hyrtado de Mendoza, fils du vice-roi du Pérou Andréas Hyrtado de Mendoza, marquis de Caneta, arriva en 1558 au Chili et nomma Juan Pcrez de Zurita capitaine de la province de Santiago del Estero. C'était'un homme actif et capable, audessus des basses jalousies de la plupart de ses compatriotes, et préoccupé avant tout d'assurer son territoire contre les attaques des Calchaquis toujours menaçants et toujours insoumis. Il fonda sur la frontière de son territoire trois nouveaux centrés de résistance pour les Espagnols. Il donna à l'un'ti'teux le nom de London en Thonneur dé la jeune reine Marie Tudor, que Philippe II avait épousée peu auparavant (1554), et à toute la contrée environnante celui de Nouvelle-Angleterre: inspiration assez peu heureuse, car il serait difficile de trouver iin pays plus désolé et plus misérable que celui auquel il donnait ce nom. Zurita s'efforça d'établir des relations amicales avec les Calchaquis. 11 conclut la paix avec eux et soumit les habitants de la vallée de Catamarca, qu'il plaça dans des réductions, déposant ainsi parmi eux les premiers gérmés de la civilisation.'
A celte époque (15(50) un nouveau vice-roi, Diego Lopez de Zuniga, cortite de Nieva,fut nommé au Pérou. C*étai( un principe de la couronne d'Espagne de ne jamais laisser longtemps un haut fonctionnaire dans son emploi, de peur qu'il ne prît trop fortement racine dans le pays gouverné par lui et ne fit défection. Le noiËveau vice-roi pensa qu'il était nécessaire de séparer du Chili une province aussi éloignée de la capitale que Tétait Santiago del