‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 67 sur 583 · FONDATION DE S. LUIS · texte numérisé non relu

FONDATION DE S. LUIS

les convertis dans le confessionnal, ou même aux derniers sacrements sur les mourants, en leur promettant de riches indulgences ou le salut éternel®^. Tout était permis pour atteindre à un si grand bénéfice, car, d'après la morale jésuite, la fin sanctifie les moyens.

La troisième ville de la province de Cuyo, nommée S. Luis, fut fondée beaucoup plus tard, en 1596, par le gouverneur Martin de Loyola et s'appela d'abord S. Luis de Loyola. Plus tard on changea ce nom en celui de S. Luis de la Punta, parce qu'elle foimait la pointe du gouvernement chilien à l'est. Le bruit de l'existence de mines d'or dans les montagnes voisines fut encore le mobile qui dirigea la colonisation. En réalité, il y existe des mines d'or importantes qui aujourd'hui sont exploitées par deux sociétés allemandes •*. Mais dans ces premiers temps on ne fouillait qu'à la surface du sol, et la nombreuse population accourue dans la jeune ville tomba bientôt dans la misère, de sorte que S. Luis est restée une des moins importantes des 14- capitales provinciales de la République. Les habitants y étaient exposés aux attaques répétées de temps en temps des Indiens du sud des Pampas. Ces peuplades sauvages, sans avoir le courage élevé des Araucaniens,- nourrissaient la même haine insatiable contre la colonisation européenne et ne voulurent jamais s'accoutumer à un mode d'existence plus civilisé. Aujourd'hui encore des attaques semblables se sont renouvelées et ont mis en péril Toxistence dés habitants du sud de la province et détruit leurs établissements. Dans leurs razzias ils s'en prennent surtout aux femmes et au bétail. En général ils égorgent les hommes, à Texception de quelques misérables qui s'allient volontiers avec eux pour continuer leur vie de pillage. Il n'est guère probable que ces Indiens, avec de semblables habitudes, deviennent jamais membres utiles de la société humaine.

no INSTITUTION DE LA VICE-ROYAIITÉ DE LA PLATA.

pour les défendre contre les attaques de leurs ennemis et emicux. Le revenu des colonies diminua peu à peu et la mère patrie s'appauvrit dans la même mesure. Déjà au bout d'un siècle l'Espagne n'avait plus que l'ombre de la puissance qu'elle possédait au moment de la fondation des colonies.

Pendant cela l'administration intérieure des colonies, dont la population s'accroissait lentement , de vint de plus en plus difficile . La couronne se vit forcée, pour simplifier le mécanisme du gouvernement, d'établir plusieurs centres d'administration en Amérique et de restreindre sur un champ plus petit les attributions du vice-roi du Pérou. A la suite de guerres avec le Portugal et de conflits de délimitation avec cette puissance, ce besoin fit créer en 1776 la vice-royauté du Rio de la Plata avec Buenos- Ayres pour capitale. Cette nouvelle vice-royauté embrassait exactement le territoire actuel de la République Argentine y compris les provinces de Cuyo et les républiques actuelles du Paraguay et de l'Uruguay, qui se séparèrent plus tard. Par sa position et surtout par celle de sa capitale, cette vice-royauté était la plus en communication avec l'Europe. Il n'était pas possible de préserver cette ville des idées d'indépendance qui en vinrent ainsi que de l'Amérique du Nord. Aussi fut-ce Buenos-Ayres qui, la première, abandonna la mère patrie, lorsque la guerre d'Espagne avec Napoléon 1" occupa toutes ses forces et la força de laisser ses colonies à elles-mêmes. Les Anglais étaient déjà venus ici et avaient occupé la ville pendant quelque temps. La population apprit en cette occasion à connaître se: forces et les tourna contre un régime que peu de temps auparavant elle avait défendu avec la même énergie. En 1808, loi-sque Napoléon fit son frère Joseph roi d'Espagne et que celui-ci voulut remplacer les anciens vicerois par de nouveaux, dévoués à sa personne, l'attachement à l'Espagne se manifesta encore clairement. On obéit à la junte de Séville, et le désir de l'indépendance ne se fit complètement jour que lorsque la junte eût été dispersée par les armes françaises. Le ib mai 1810, on constitua à Buenos-Ayres un gouvernement particulier, en excluant tous les vieux Espagnols. Cependant l'ad-

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