CHAPITRE I
1 (3). Vid. Varnhagen, Histaria do BrasU, tome I, p. 31. Rio de Janeiro, 1854-58. Il affirme qu'un certain NuAo Manuel a visité le Rio de la Plata avant Solis. D'après Humboldt (Kritische Unters., etc. Ueber die Entd. d. neuen Welt, t. 111, p. 177), ce Nuno fut un successeur de Magellan; car il aurait tra vérité le détroit de Magellan en 1525 et fait mention du Rio de la plata.
2 (3). La vie de Juan Dias de Solis est assex imparfaitement connue. Navarrette a recueilli, dans sa Coleccion de documentos de loi viages y detn cubrimientos que hicieron por mar los Espanoles de$de fines del siglo ^, i page 46 et seq., quelques faits intéressants qui s'y rapportent. Ainsi nous apprenons qu'en 1497 il fit, en compagnie de Vincente Yanez Piiucon et Juan de la Cosa, un voyage à la baie de Honduras, où l'on contourna la presqu'île de Yucatan et longea les côtes du golfe du Mexique jusqu'à ce que Ton eût atteint la Floride. On la contourna aussi et le voyage fut prolongé jusqu'à la baie de Chesapeak d'où Ton revint en Espagne. Dans ce voyage, Cuba fut reconnue comme une lie ot elle tpparatt pour la pi'emière fois sur la carte de leurs découvertes publiée par J. do la Cosa en 1500. — Varnhagen a prouvé dans son mémoire sur A, Vespucci (Lima 1865, FoK, p. 98, réimprimé à Vienne en 18G9 avec additions) que ce dernier faisait aussi |iartic du voyage, et que ce fut sa première expédition restée problématique jusqu'à ce jour. — Au retour, Solis i\it accusé par Pinzon de ne pas avoir rempli son devoir (Herrera, Décad. I, p. 189), peut-être plus pour la jmrt qu'il avait prise à cette navigation que pour des fautes réelles. Pinzon a toujours été envieux de la célébrité des autres et se conduisit notamment très-mal à l'égard de Colomb. Solis hxi incarcéré et resta quelque temps en prison, jusqu'à ce qu'on se fût convaincu du manque de fondement des inculpations. W quitta alors le service de l'Espagne et passa à celui du Portugal, comme Varnhagen {Nouv. recherch., p. 17) le prouve. Il se rendit au Brésil en 15(W avec Gonialo Coélho, resta quelque temps à Rio de Janeiro et fit probablement entre 1505 et 1506, sur les navires portugais avec le même Coëlho, un voyage au sud, dans lequel il peut avoir visité l'embouchure du Rio de la Plata. Ce savant combat l'assertion de Herrera (Décad. I, lib. VII, cap. i et IX), que Solis a fait en 1508 un second voyage avec Pinzon et s*eftorce de prouver que l'historiographe s'est embrouillé dans ses indications, ce qui est vraisemblable, car les deux marins étaient en mauvais rapports. Mais il est certain que Solis repassa de nouveau du service du Portugal à celui de
Notes 3,1. lis
rEspagne, probablement en 1510, ou à la fin de 1509, et fut nommé pUoio mayor après la mort de Vegpucci (2â février 1512), afin de l'attacher plus solidement à TEspagne. C'est à ce titre qu'eu 1514 il reçut ordre de faire le voyage qui le conduisit à l'embouchure de La Plata et lui fit prendre pos^ session du pays pour la couronne d'Espagne.
3 (4). Alex, de Humboldt, dans son ouvrage déjà cité sur les progrès de notre connaissance du nouveau monde (Paris, 1850, în^8, 1 vol. et Berlin, 1852, 3 vol.) a éclairé avec une profonde critique la vie de cet homme remarquable et sa part indirecte à la dénomination de l'Amérique. 11 ^ prouvé que le nom America a été employé pour la première fois par un savant allemand, WaldseemtUler, professeur au collège de Saint-Dié en Lorraine, qui dans ses travaux scientifiques se nomme Hylacomylus. 11 park d'abord de Amer ici terra, et bientôt après on se servit simplement du terme America par consonnance avec Atia et Africa, Vespucci n'y contribua pas aoirement que par la prompte publication de son premier voyage dans des lettres adressées au gonfalonier de Florence, Pedro Soderini, et au chef de la famille des Médicis, Lourenzo Pedro Francesco. Ces lettres parurent en italien en 1504, mais furent traduites et imprimées en latin en 1507 en Allemagne. C'est à cette traduction latine que Uylacomylus emprunta les faits qu'il relate dans sa Cosmographiœ introdt^ctio (Saint-Dié, 1507, in-8 et Strasbourg, 1509, in*8). Connue ce livre est devenu très-rare, Navarette l'a réimprimé dans sa CoUeccUm, etc., t. III, p. 185. Humboldt ne put établir avec certitude que trois voyages de Vespucci ; mais son successeur dans ces recherches, M. Yamhagen, a prouvé non^seulement la réalité d'un quar trième, dont Vespucci lui-même parle (dans le mémoire cité, note 2), mais de plus il a cherché à démontrer qu'il en avait fait six. Dans aucun d'eux il ne fut chef unique de l'expédition, et par conséquent ne fut pas le décou* vreur des pays visités, mais assista simplement aux découvertes d'un autre. Il ne nomme pas dans ses lettres ces véritables découvreurs et ne parle que de lui, ce qui l'a fait accuser d'avoir cherché à tromper le lecteur; mais Humboldt et Varnbagen ont mis à néant cette accusation. On peut toujours lui reprocher un désir insatiable de se mettre au premier rang et sa jacr lance. — Il fit son premie;* voyage en 1497-98 avec Vincente Yanez Pinzon, en compagnie de Juan Uiax de Solis; le second, avec Uoyeda en 1499; le troisième et le quatrième sur des navires portugais avec Gonaalo Coëlho; — iuan Dias de Solis se trouva de nouveau avec lui pendant le dernier 1503- 1504. Il ne nous reste aucun document des deux derniers voyages, le cinquième et le sixième, que Varnbagen lui attribue.
4(4). D'après Herrera (Décad. I, lib. VII, cap. l et ix), ce fut le second voyage avec Vinc. Yanez Pinzon en 1508 qui fut roccasiou de ses accusations contre Solis. Nous avons préféré la version de Varnbagen, parce qu'elle coQcorde mieux avec les faits antérieurs. Solis, d'après Herrera, quitta le service de TEspagne seulement après avoir été reconnu innocent en 1510. 11 est difficile que deux ans plus tard il se fût assez bien réconcilié avec la couronne d'Espagne pour se voir appelé à remploi de piloto mayor. 11 est
plus vraisemblable qu'il entra plutôt au service du Portugal et que la renommée de ses voyages au sud détermina le gouvernement espagnol à le reprendre à son service.
. 5 (i). La carte que Magellan a vue chez le roi de Portugal n*est pas connue autrement et a été perdue. On présume que c'était un travail de Martin Behaires, qui était en relations avec le roi de Portugal, il Faurait tracée à Taide de son globe de Nuremberg (Peschel, Gesch.d.Entd,, p. 318). De Humboldt dans ses Krit. Unters,, 1, p. !252, et J.-G. Kolil dans le texte ajouté à ces deux anciennes cartes de l'Amérique conservées à la bibliothèque de Weimar, ont fait des recherches étendues sur ce point. La plus jeune de ces deux cartes, de Tannée 1529, a été dessinée par le célèbre cartographe espagnol Ribero ; la seconde, de 1527, peut-être par le fils naturel de Colomb, D. Hernando Colon, qui vivait à Séville en savant et cartographe. Ijes deux cartes furent apportées en Allemagne pour l'empereur Charles-Quint avec les relations des nouvelles découvertes. Elles contiennent les résultats des voyages de Solis, Cabot et Magellan, et sont de la plus grande importance pour l'histoire des contrées du Rio de la Plata, et au sud jusqu'à la Terre de Feu.
La carte de 1527, qui contient les découvertes de Juan Diax de Solis, porte au fond du bassin du Rio de la Plata l'tle actuelle de Martin Garcia, mais sans nom. Le fleuve est désigné par le nom de Rio Jordam, et on le fait sortir hypothéiiquement de l'intérieur comme prenant sa source dans de hautes montagnes boisées. La seconde carte de 1529 s'appuie sur les découvertes de Cabot et leur sert de document principal. Â côté du Rio de la Plata, qui ne porte aucun nom, on a écrit sur le continent : Esta iierra descubrià Juan de Solis ano 1515 à 16; donde ahora esta Sébastian Gaboté en una fuerte que alli hizo; es tierra tnuy despuesta para dar pan y vino en mucho abundancia; el rio es muy grandissimo y de mucha pescaria. Creen que hay oro y plata en la tierra en dentro. On suit le fleuve à l'intérieur, jusqu'au 22* de L. S. Il est tracé conmie un large courant avec de nombreuses îles et reçoit des affluents nommés comme il suit. D'abord à droite le Rio Uruguay, qui vient du nord, ensuite la courbure du fleuve au nord et bientôt après sa courbure à gauche vers l'ouest avec le Rio (^rcarana et à côté au nord le port construit par Cabot. Le principal cours porte ici le nom de Rio I^aranà. Plus au nord et à une grande distance \f Rio Lepiti (aujourd'hui Vermejo), et plus loin la bifurcation du fleuve en Rio Paraguay à l'ouest et Rio Paranâ à l'est ; mais ce dernier beaucoup plus large et sans nom. I^a direction du premier est tracée comme venant du nord-ouest, ce qui l'a fait prendre faussement pour le Rio Pilcomayo. Mais le nom iVrit montre (]iril s'agit bien du Rio Paraguay, dans lequel Cabot remonta qut'lquo temps; tandis (|u il n'a jamais atteint l'embourhurt* du Pilcomayo. l^a partie supérieure prolongée jusqu'au tropique doit t^lre considérée comme un tracé hypothétique , car Gibot ne dê)>a$sa \^^ le rétrécissement encore appelé aujourd'hui La Agustura, sous 25*36' de L. S.
6 (i). Navarelte a fait connaître le texte de l'instruction donnée à Solis par le roi (Colecc, etc. JII, 134). En voici les termes : de ir à las espaldas de la tierra^ donde agora esta Pedro arias, mi capitan de Casiilla de Oro, y de alli adelante ir descubriendo por las dichas espaldas etc.,. mil e setecientas léguas mas si pudiendes, contando desde la raya e detnarcacion que va por la punta de dicha Castilla de Oro. Castilla de Oro est Fisthme de Darien ou de Panama, et ir à las espaldas veut dire se rendre sur l'autre côté de l'isthme, ce que J'on ne pouvait faire qu'en découvrant le passage à l'ouest.
7 (5). Navarette prend l'Isla de Plata pour l'île Sa-Catharina, qui a souvent changé de nom. La ligne de démarcation tracée par le pape touchait le cap Cananea.
8 (6). Les anciens auteurs sont assez unanimes pour raconter, d'après le récit des hommes de l'équipage, que les Charmas coupèrent en morceaux les cadavres des tués, grillèrent les morceaux sur le feu et les mangèrent. Le reste de l'équipage du petit navire Gt alors feu sur eux et vint ensuite rejoindre les deux autres navires. Azara et après lui les historiens modernes du pays contestent ces faits, parce qu'on n'a jamais parlé d'aucun autre cas dé cannibalisme chez les Indiens du Rio de la Plata. Ils y voient une invention des fuyards pour justitier leur conduite et leur retour. (Vid. It Revista de Buenos-Ayres, tome VIII, page 493.) Azara cependant dans son voyage (tome II), aussi bien que dans son ouvrage posthume {Histoiia del Paraguay; Madrid, 1847, II, t. VIII) décrit les Charmas comme une nation très-sauvage et même comme la nation la plus sauvage des Indiens du Rio de la Plata; et leur lutte avec les colons espagnols, perpétuée jusque dans les temps modernes et terminée seulement avec leur anéantissement complet, semble justifier celte description. Quand même il serait faux qu'ils aient mangé les cadavres des premiers Espagnols tués, il est bien certain au moins qu'ils les ont maltraités.
9 (0). Le nom de l'île Martin-Garcia n'est indiqué sur aucune des deux vieilles cartes signalées dans la note 5, bien qu'on voie au fond de l'estuaire de La Plata une grande Ile peinte en blanc et devant elle, plus à Test, trois autres petites îles en rouge également sans nom. Nos cartes modernes portent à peu près sous 40° de Long. Ouest de l'île de Fer (00" de Paris) le petit groupe d'île de S. -Gabriel, et 16' plus à l'ouest l'île Martin-Garcia. Les îles rouges des anciennes cartes seraient donc le groupe (le S.-Gabriel, la grande île bloue celle de Martin-G.ircia.ll est possible que Solis ait remonté le fleuve encore plus loin que l'île bleue, car la carte do 1527, dessine encore la terre ferme au-dessus de l'île et trace assez exactement la partie supérieure du fleuve qui se rétrécit rapidement. On en pout conclure que Solis remonta encore au delà de l'île Martin-Garcia et pénétra dans l'embouchure du Rio Uruguay avant de se faire tuer sur le rivage. Le nom de Martin Garcia n'est pas celui du pilote de Solis, car il s'appelait Francisco de Torres. Solis laissa l'île sans nom, et Cahot fit comme lui. Son nom actuel est d'origine plus récente. Les premiers écrivains à
H8 NOTES iO, il.
{|iii mariquaii la carte dé ld27 n'ont pas contiu ëtaetettietit l'endrtrit où Solis fut tué. Pedro de Angélis, datis Tihdex de son édition de VHisi. Arf de GuJmian dit» au mot MAhTiN GaagU) ifue Solis A sueeonibé à é4té de (i«tt(î lie. AÉat^ reporte cet endroit beaucoup plus à l'esi^ entre Molddtlâdo et Montevideo, ce qui est sûrement inexact, quahd môme^ éottime il l'aflllldé, il existerait là tin petit ruisseau qui porterait S0ti notUi