CHAPITRE IV
41 (iO). La relation du voyage d'Ayolas en amont du fleuve est défigurée chi'st Schmidt par les nombreuses erreurs de noms dos populations indiennes, iiussi avons-nous préféré suivre Azara dans sou Histor, del Paraguay, t. 11. Cependant cet écrivain lui-même, si plein d'assurance, peut bitm s'être trompé quelquefois. Ainsi, il affirme que les Abipones n'avaient pas de ^iiuts et ne pouvaient pas attaquer les Ës))agnols sur le fleuve. Mais Tas- ^r[\o\\ formelle de Schmidt mérite plus de confianci^ quiî l'observation ^Aiara faite 250 ans plus tard, puisque lui-même dit qu'à son époque fouies ces peuplades avaient été complètement assimilées par les Espagnols (11, 37).
^i (30). La traduction latine fait dire à Schmidt que cette boisson était de 'a bière d'amandes et traduit par cerevisia (en Espagnol cetDeza). Il n'en est Pt^ ainsi. Schmidt ne donne de noms que pour les aliments secs et ne nomme
aucune boisson ; mais dit simplement 'que c les Carios ont du miel dont ils font du vin (hydromel) >, et fait allusion à la moelle sucrée des siliques de FAlgarroba dont le goût se rapproche un peu du miel. Les aliments quil nomme sont : le Maïs, le Mandeochade (Mandioca), Padades (bâtâtes), Main deochpargi et Mandepoere, substances évidemment composées de Mandioca, Manduri (le fruit d'Arachis hypogea appelé encore aujourd'hui Mandi); en outre comme animaux domestiques le sanglier {Dicotyle latncUa), Fautrucbe {Rhea americana), des volailles (Ct^pturus) et des oies (Anas tnoschata).
43 (31). Schmidt place la conquête de Lambaré en 1539, ce qui ne peut être qu'un lapsus de mémoire. D'après Guzman, Ayolas fonde encore le 12 février 1537 un second établissement, nommé El Puerto de Gandelaria, mais beaucoup plus loin au nord (21 °5'), à la place où Ayolas quitta le fleuve et descendit à terre.
44 (33). Je place ici la relation de Tissne malheureuse de TexpéditioD d'Ayolas. Elle ne se rattache à l'histoire de la colonisation de Paraguay qw pdr la mort d'Ayolas, qui amena à la tête de la colonie Doni. Mart. lrala,cet homme actif, le véritable organisateur de la colonie.
Ayolas, dans son voyage, arriva d'abord chez une nation nommée Payaguas et y prit des guides pour continuer sa marche. Ceux-ci le conduisirent cbei une autre nation amie, les Naperus, d'où il poursuivit sa marche jusque chef les Samacosis qui habitaient l'intérieur de la Bolivie, c'est-à-dire la province de Chiquito prés de Sa. Cruz de la Sierra. Ici il acquit la certilude que l'épuisement de ses hommes ne lui permettrait pas d'aller plus loin. Les munitions commençaient à devenir très-rares et menaçaient de priver les Espagnols de leurs moyens de défense. Ayolas voulut rebrousser chemin. 11 revint d'abord chez les Naperus où il s'arrêta trois jours pour prendre dn repos. Ces Indiens ayant remarqué que les Espagnols n'avaient plus de niunitions, formèrent le projet de leur destruction. Ils s'entendirent avec les Payaguas, dont les Espagnols devaient traverser le territoire. Ia^s hommes les plus hardis des deux nations s'embusquèrent dans un endroit couvert de broussailles pour y massacrer les Espagnols. Ils tombèrent d'abord sur les traînards et les tuèrent tous les uns après les autres; aucun Européen n'échappa a la mort. Tel fut le récit d'un Cario baptisé, attaché au senice personne! d'Ayolas et que les Payaguas ne tuèrent pas parce qu'il pariait leur langue. 11 leur échappa plus tard et rapporta ces nouvelles à la station du Puerto de Candalaria. Les écrivains contemporains lui donnent le nom de Gonzalo, par exemple dans Ciibeza de Vaca, Comment a r., etc.. cap. iv el dans les Décad. Il, lib. VII, cap. v et cvil de Ilerrera. Deux Payaguas que l'on saisit plus t<ird, nièrent d'abord le fait, mais mis à la (|uestion ils firent des aveux et on les brûla vifs. Guzman, dans son Ilistor. argent., I, cap. XIII et XV'II raconte sur l'expédition d'Ayolas beaucoup «l'autres détails auxquels nous renvoyons le lecteur, el nous ajouterons seulement qu'en outre d'Ayolas il périt encore plusieurs officiers parmi lesquels Carlos Dubrin, Juan Ponce de Léon et Perez de Zepeila.
45 (34). 11 est singulier que Schmidt, qui était avec Irala, ne raconte rien
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de cet intermède, mais passe soas silence (oui l'espace de temps jusqu'à l'élection d'irala comme capitaine général.
46 (35). Nous n'avons pas raconté l'histoire de la destruction du fort de Corpus christi tout à fait comme Azara la rapporte {Hist. de Parag., H, 44), s'est-à-dire pendant le retour de Galan. Schmidt était présent et ne sait rien du voyage dje Galan à l'Assomption, tout en citant parmi les hommes qui eurent part dans cette catastrophe les prénoms de Galan : Franz Ruiz. Il place cet événement un peu plus tard, à l'époque où Irala nommé en Espace capitaine général se rendit à Buenos-Ayres pour s'y faire reconnaître. Azara passe encore sous silence ce voyage. Il est assez ind^Tércnt d'adopter l'une ou l'autre version. En tout cas le fait prouve que la tendance des chefs espagnols à user de violences était très-générale et que leurs relations amicales avec les indigènes ne pouvaient durer longtemps.
47 (35). Nous n'avons pas conservé les détails dans notre texte, parce qu'ils ne rentrent pas dans notre cadre. Le cacique transfuge Lycmi demanda à Mendoza quelques honmies sûrs et bien armés pour faire venir sans obstacles de son village sa famille et ce qui lui appartenait. Don Antonio lui donna 50 hommes sous la conduite de Alonzo Suarcz de Figueroa, et Lyemi partit avec eux. Lorsqu'ils arrivèrent au village, ils furent bien reçus et les Espagnols se débarrassèrent de leurs armes. Les Indiens les enlevèrent rapidement, tombèrent sur leurs hôtes, qui mangeaient tranquillement, et les tuèrent tous à l'exception d'un jeune homme, du nom de Calderon, qui s'échappa et apporta la nouvelle au fort. Les Indiens étaient sur ses talons armés des épées et des lances des Espagnols. Ils bloquèrent le fort et tuèrent Mendoza, qui voulut faireu ne sortie. Mais au bout de quatorze jours, les Indiens fatigués et désespérant de s'emparer du fort se retirèrent, abandonnant le reste des Espagnols à leur sort. Ceci se passait le jour de la fête S. Blas (3 février 1588) que les Espagnols considérèrent comme leur sauveur, en lui attribuant la retraite des Indiens. Schmidt, (|u'lrahi avait laissé dans le fort, était avec ceux qui descendirent en bateau à Buenos- Antcs.où leur arrivée dans des circonstances aussi tristes et la disette croissanté que la venue de tant de gens affamés allait bientôt amener excitèrent d'abord de grandes inquiétudes.
48(36). Azara donne {Hist. d. Parag. ^ 11, 45) des détails très-circonstanciés sur l'expédition de Cabrera. Il y avait d'abord quatre navires, dont il «lonne les noms, ainsi que ceux dos commandants : deux avaient été équipés par des marchands de Séville. Lorsqu'ils arrivèi-ent à Sa Catharina et apprirent la mort d'Ayolas et les autres mauvaises nouvelles, les navires marchands firent voile pour le Pérou, pir le détroit de iMagellan, ce à (juoi ils vivaient été autorisés par le roi. Les deux autres navires se rendirent au Rio de la Plala, conduits par un navire qu'lrala l'^ur avait envoyé sous le conimandement de Gonzalo de Mendoza. Sclmiidt y était avec 5 soldats espa- P"ols. On arriva sans difficulté à Sa Citbarina, mais au retour le navire sur l*?4uel Schmidt se trouvait se perdit par la témérité du capitaine. SclinnMt cl quelques autres purent se sauver sur le grand radeau, mais pft'sque 8EP. ARC. — I. 9
tout l'équipage fut englouti. Ceci se passait le 1®' novembre 1538. — Peu de temps après arriva à Buenos-Ayres un navire italien, qui avait manqué le détroit de Magellan et venait se réfugier là. Son équipage accrut le personnel de la colonie (Herrera, Décad. VI, 76 et 151). Guzman fait arriver Cabrera beaucoup plutôt, à Tépoque où Irala était encore à rAssomption. Nous avons préféré la version de Schmidt, qui en sa qualité de (nembre de l'expédition est plus digne de foi. Azara le* suit aussi dans les choses principales, mais il prétend (II, 46) que l'attaque du fort de Corpus Christi ou Buena Esperanza eut lieu avant l'arrivée d'Irala et que Galan y envoya des secours de Buenos- Ayres. Il fait partir Schmidt avec Galan, longtemps avant Irala, et nie complètement le voyage dlrala à Buenos-Ayres, assertion en contradiction avec les paroles mômes de Schmidt, qui ne mentionne jamais d'autre chef qu'Irala. Le grand navire Maranona, sur lequel Alonzo de Cabrcni était venu d'Espagne, repartit bientôt pour aller porter au gouvernement des nouvelles de la colonie, commission dont avaient été chargés Philipp de Caceres et Franz de Alvarado.
50 (37). Azara donne les noms de ces premiers prêtres venus au Rio Paraguay. Il y avait deux franciscains : Bern. Armeuta, originaire de Cordoue et Alonzo I^ebro des lies Canaries, en outre un moine mendiant, Juan Salazar, enfin un hieronymite. Il contredit le Père Lozana, dont Thisloire de la colonisation imprimée récemment ici à Buenos-Ayres (1874, in-8) et consultée manuscrite par lui, nomme six franciscains et deux hieronymites. Azara se réfère à un acte de 1510 vu par lui (If, 46).
51 (39). Nous ne connaissons ce grand complot des Indiens que par la relation de Guzman, dans son Hist. argentina. Schmidt qui était là à l'époque où elle devait éclater n'en dit pas un mot. II serait donc possible que le récit de Guzman fût un peu exagéré.
5:2 (iO). Azara avait pu voir le testament d'Irala parmi les actes duCabihlo à l'Assomption. Le gouverneur y reconnaissait 9 enfants, 3 garçons et
6 filles, qui lui étaient nés de plusieurs femmes indiennes. Ou cite
7 sœurs, dont il fit ses concubines les unes après les autres (Hist, d, Parag., II, 156). Il n'avait été marié avec aucune d'elles, mais 5 de ses filles (une mourut jeune) épousèrent des officiers supérieurs de la colonie. I.e vieil Espagnol Azara regarde avec un certain dédain cette famille et nomme la mère de Guzman : c Una de las muchas mestizas, que de Indias tuto > D(m. M. de Irala. > {Ibid., 1, 6.)