CHAPITRE VIL
69 (67). Guzman raconte que Melgarejo, lors de la révolte à la Goayra, envoya à TA-ssomption, à travers les ennemis, un Indien fidèle qui |)ortaitune dépêche écrite sous l'enveloppe de son arc et que Vergara y euvoya son père parce qu'il le savait lié d'amitié avec Melgarejo. Voulant leur témoigner sa satisfactio ^ et son bon vouloir après l'heureuse issue de l'expédition, il nomma Melgarejo ambassadeur en Espagne et son père successeur de Melgarejo.
70 (68). Guzman prétend que le navire fut incendie par les ennemis da gouverneur, mais ne nonnne personne. £n même temps, il raconte la vie scandaleuse de la femme de Melgarejo, qui entretenait des relations avec un prêtre nommé Ilernando Carillo. Melgarejo les surprit eusemble et les tua
tous les deux. L'évêque de La Torre mit Melgarejo en interdiction pour ce sacrilège et il n'en fut relevé que par Franz Homes Panygua, remplaçant de révêqae pendant son voyage au Pérou.
71 (71). Le texte de l'arrangement conclu par Juan Ortiz de Zarate avec la Couronne a été publié dans la Revista de Buenos Ayres, tom. VIII, pag. 3i8. Il date du 10 juillet 1569, a dix articles et est signé par Philippe II. On trouve aussi dans la Revista (p. .355) quelques détails sur son successeur, Juan dç Terres y Aragon.
72 (73). On ne connaît rien de bien certain sur la vie de De Garay avant cette époque. On sait seulement qu'il était né à Bilbao, où sa famille occupait une position distinguée. On ne sait pas également quand il vint en Amérique. Cependant la grande conflance que Zarate lui accordait nous fait présumer que leur liaison devait dater de loin et que De Garay était venu du Pérou au Paraguay avec Caceres. S'il fût venu plutôt au Paraguay, le nom d'un homme aussi distingué se fût fait jour dans quelque occasion, ce qui n'a pas lieu. M. Luis Dominguez, dans son Hist argentinay a recueilli les dates de sa biographie après cette époque. 11 eut un fils naturel, nommé Juan, comme lui. 11 se maria à l'Assomption avec Da Isabella Becerra, sœur de la femme de Melgarejo. Son fils épousa la fille de Christoval Saavedra, homme d'importance, qui étaif allé au Pérou avec Vergara et en revint avec Caceres. Du mariage de De (iaray il sortit trois filles qui se marièrent bien : Tune avec Joseph Vera, la seconde avec Hermandarias Saavedra et la troisième avec Hieronymus Luis Cabrera, fils du fondateur de Cordova. Les enfants de son ûls Juan se rendirent à Cordova, à cause de leur parenté avec Cabrera, dont le père était gouverneur de celte ville. Une des filles de Juan, Isabella, épousa Juan de Tejeda y Mirabel, officier supérieur très-distingué et fils de Tristai Tcjeda dont nous parlerons dans la note 86; la seconde, le capitaine Cabrera y Zuniga. Deux fils de Juan, nommés Christoval et Bernabe, jouent aussi un rôle dans l'histoire de la colonie.
73 (73). Melgarejo, qui s'offrit de lui-même à accompagner Caceres, avait plusieurs raisons pour s'éloigner de la colonie; bien que sa haine contre Caceres eût été suffisante à elle seule pour l'y déterminer. Le double meurtre de sa femme et de son amant lui fut d'autant plus préjudiciable que De Garay, mari de la sœur de la femme tuée, acquérait tous les jours plus d'influence et devait naturellement lui être hostile. L'évéque lui-même lui était particulièrement malveillant. Il désavoua la remise d'interdiction que son remplaçant Panygua avait accordée à Melgarejo, et celui-ci cherchait à se rapprocher de l'évoque pour lui faire confirmer Tacte de Panygua. Tous ces motifs le déterminèrent à aller en Espagne.
U (71). La ville actuelle de Sa Fé, située à l'embouchure du Rio Salado dans le Paranâ, n'est pas la même Sa Fé que De Garay avait fondée sur un point beaucoup plus au nord. Elle était entre le cours principal et un bras latéral à l'ouest qui se réunit au premier, dans la région où se trouve actuellement la bourgade de Cayasta, par un canal peu long en face de
l'Arroyo Feliciano. En 1651 on abandonna cet emplacement très-malsain et Ton fonda une seconde ville de Sa Fé, sur un terrain un peu bombé, autour duquel le Rio Salado fait un détour avant de se jeter dans le Rio Paranâ. En cet endroit le fleuve forme des deux côtés, au nord et au sud, un grand lac dans les bas-fonds au pied de la colline sur laquelle est la yille. Cette élévation la protège des inondations auxquelles les habitants de Cayasta ont été plusieurs fois exposés. Voir mon Reise durch die la Plata-StoaUn, Y. 2, p. 1 et suiv.
75 (81). L'original de ce document n'existe plus; on n'en possède plus qu'une copie d'après laquelle P. de Angelis l'a fait connaître dans son recueil des Docum. hist. del Rio de la Plata, tom. UI. Il a été publié d'une façon plus complète par le directeur du bureau de statistique, M. Manuel Trelles, dans son Memorias y noticias para la historia antigua de la RepubUca argentinay Buenos- Ayres, 1865, in-8 et dans le Registro estadistico de la provincia de Buenos- Ayres^ tom. V, avec des additions qui corrigent les erreurs de la première publication. — Le Muséum de Buenos-.\yres possède une bannière, qui, dit-on, date de l'époque de la fondation et qui Hgure dans la solennité. — La relation de voyage des deux jésuites Anton Sepp et ^ton Bdhm, publiée à Nuremberg en 1868, in-12, nous donne la description de Buenos-Ayres il y a deux cents ans ; il y a bientôt cent ans Azara la décrivit de nouveau dans son voyage.
76 (82). Suivant Guzman {Hist. arg.y cap. iv, p. 10) les chevaux des Indiens descendaient de sept étalons et cinq juments que les Espagnols laissèrent derrière eux lorsque, sur la proposition d'irala, ils abandonnèrent la colonie de Buenos-Ayres et se retirèrent à l'Assomption avec leurs biens et leur matériel de guerre. Ces chevaux se multiplièrent rapidement, furent pris plus tard par les Indiens et employés par eux. Telle est l'origine des chevaux sauvages qui se répandirent peu à peu dans la vaste plaine des Pampas et j vécurent longtemps, mais qui ont complètement disparu aujourd'hui. Tous les chevaux des Pampas ont actuellement des propriétaires et il n'en existe plas :\ l'état sauvage. Leurs maîtres les marquent au fer rouge et l'on sait toujours à qui ils appartiennent.
77 (8i). On trouve quelques détails sur la fondation de Corrientes dans les Memorias y noticias de la Revista de Buenos-Ayres j pag. 1i1 et 193« 1865, in-8, ainsi que dans l'Index de P. Angelis à VHist argentina de Guzman, au mot (]!orrientes, tom. I de sa Çoleccion, etc., pag. i5.
78 (84). Les écrivains ne sont pas d'accord sur la date de démission du gouverneur Torres Vera y Aragon. Ordinairement on admet 1591 et Asan aussi a adopté cette date, Hist, d. Parag. ,11, 216. Mais M. Manuel Trelles a prouvé récemment que le gouverneur Torres Vera se rendit à Buenos-Ayres aussitôt après la fondation de Corrientes et rentra en Espagne (Registro estadist. de Buenos-Ayres, 1863, 1, 122, et Revista de Buenos-Ayres, VII1,358). Il semble que le gouverneur excita surtout le mécontentement contre lui par le décret qui déclarait propriété de l'État les nombreux chevaux sauvages des environs de Buenos-Ayres , parce qu'ils étaient descendus des
animaux abandonnés lors du départ de Pedro de Mendoza. Les colons considéraient ces chevaux comme animaux sans maîtres, appartenant à celui qui les prenait ; et à ce point de vue prirent le parti des Indiens qui pensaient comme eux. On porta plainte contre le gouverneur au tribunal de Gharcas, qui donna raison aux colons et en môme temps défendit au gouverneur de céder les biens de TÉtat à qui que ce soit et en particulière ses parents. Le gouverneur considéra cette sentence comme une atteinte aux droits qu'il tenait du traité conclu avec son beau-père. Il se décida à remettre sa démission et à partir.
79 (84). Pour mieux fixer la série des événements nous devons dire que les expéditions de Cabot, de Pedro de Mendoza et de Cabeza de Vaca eurent lieu sous le règne de Charles-Quint (1508-1555); les autres sous Philippe II, qui monta sur le trône d'Espagne après l'abdication de son père et y demeura jusqu'à sa mort (13 septembre 1598). Son fils Philippe III lui succéda. La vice-royauté du Rio de la Plata fut instituée par Charles III (1776) qui expulsa les jésuites (1767).