‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 81 sur 583 · LIMITES SEPTENTRIONALES DE LA RÉPUBUQUE · texte numérisé non relu

LIMITES SEPTENTRIONALES DE LA RÉPUBUQUE

alliance contre le Paraguay est venue mettre fin aux prétentions de ce dernier. Depuis lors le gouvernement argentin a occupé militairement le territoire contesté sur la rive occidentale du Rio Paraguay, et l'échange de notes, avec le Brésil du côté du Paraguay > a de nouveau recommencé.

La limite septentrionale de la république Argentine dans sa partie confinante à la Bolivie est soumise à des réclamations semblables de la part de ce dernier pays. D'après les anciennes conventions entre l'Espagne et le Portugal, le Rio Paraguay formait la limite des deux territoires. Les marais impraticables de Xaraguas restaient en entier aux Portugais, ainsi que la région au nord en amont du Rio Paraguay, et la frontière suivait une ligne tirée du Rio Jaura au Rio Goaporé ^. Lors de la fondation de la vice-royauté de la Plata, l'Espagne traça les limites entre celle-ci et la vice-royauté du Pérou, à peu près par le milieu des deux territoires, etutilisa les bassins des rivières comme marques de délimitation. Tout le pays dont les eaux, à partir des limites tracées avec le Portugal, se déversaient dans le Rio Paraguay, devait relever de la vice-royauté de la Plata. Tout le reste, dont les eaux s'écoulaient dans l'Amazone, appartenait à la vice-royauté du Pérou. Les districts de Tarija et Tupiza se rattachaient donc primitivement à la vice-royauté de Buehos-Ayres. Les villes de Potosi, Cochabamba et Sa.-Cruz de la Sierra elles-mêmes avec leurs territoires en faisaient partie encore à l'époque de la déclaration de rindépendance ; Tarija et Tupiza étaient restées dans la confédération du Rio de la Plata. Ce fut seulement en 1824-, lorsque la Bolivie et le Pérou se séparèrent en deux États distincts, que Tarija et Tupiza passèrent à la Bolivie. Cette séparation modifia les anciennes divisions et rattacha à la Bolivie les territoires du cours supérieur du Rio Pilcomayo et du Rio Vermejo. Dans cet état de choses la frontière a un cours peu naturel, puisqu'elle coupe les routes de communications naturelles, les grands cours d'eau, qui n'auraient pas du être ainsi coupés. On admet donc encore actuellement l'ancienne démarcation du 22* de lat. S. comme frontière. On la prolonge à l'ouest de façon à placer les

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territoires de Tarija et Tupiza en Bolivie. Plus loin encore k l'ouest, à partir du point où commence le district entièrement désert du Despoblado, la frontière oblique au sud-ouest, vers les Cordillères, et celles-ci constituent son bord occidental à peu près sous 26* 45' de lat. S, Cette ligne laisse une grande partie du Despoblado à la Bolivie, ainsi que la station-frontière d'Antofagasta. Dans sa direction générale elle court parallèlement aux rivières Rio Guachipas et Rio Jujuy sur une longueur de 40 milles géographiques, coupe le Rio Vermcjo un peu au-dessus de sa jonction avec le Rio Tarija et le Rio Itan, de façon que les trois embouchures appartiennent à la république Argentine , tandis qu'en amont les trois rivières sont en Bolivie. Du Rio Itan jusqu'au Rio Paraguay, le 22' de lat. S. forme la limite. Cette région est celle dont la Bolivie, à l'instar du Paraguay, veut s'emparer comme d'un territoire sans colons et par suite sans maître, et au sujet de la possession de laquelle les négociations entre les deux républiques se poursuivent encore.

La frontière occidentale est mieux fixée. Elle est la même qui existait du temps des Espagnols, entre la vice-royauté de la Plata et le gouvernement du Chili. En créant la nouvelle vice-royauté, on choisit avec intelligence la ligne de séparationdesbassins hydrographiques comme limites politiques, et Ton attribua à l'État de la Plata tout le pays et toutes les montagnes dont les eaux coulent à l'est ; le Chili au contraire eut tout le réseau hydrographique qui s'écoule à l'ouest. Ainsi, au nord de la république Argentine, la limite {la Linea) suit le bord occidental des hauts plateaux des Cordillères et, ceux-ci disparaissant au sud, elle se continue avec le prolongement occidental de la chaîne des Cordillères {la Cumbre). Les vallées et les gorges entre les deux chaînes appartiennent à la république Argentine. Jusqu'ici aucun des deux États n'a contesté cette délimitation, et il est à espérer qu'il ne s'élèvera jamais aucune difficulté sur toute cette frontière naturelle.

Il en est tout autrement de la frontière méridionale. Elle est actuellement un sujet de graves contestations. Il s'agit de la pos-

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