‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 82 sur 583 · REVENDICATIONS AU SUJET DU DÉTROIT DE MAGELLAN · texte numérisé non relu

REVENDICATIONS AU SUJET DU DÉTROIT DE MAGELLAN

session du détroit de Magellan. Si nous nous conformons au sens de la délimitation entre le Chili et la Plata, telle que TEspagne la fixa en 1776, et prenons la chaîne des Cordillères comme limite, la plus grande partie du détroil appai^iendra incontestablement aux Argentins. Mais à l'époque où se fit cette délimitation, il n'existait aucun établissement dans cette région. La population européenne sur le littoral des deux Océans ne descendait pas au delà du 42* de lat. S., et le détroit de Magellan était complètement inhabité. Des essais de colonisation entrepris plus tard échouèrent. Le nom de Port-Famine indique assez clairement à quel destin les immigrants s'exposaient. La possession du détroit lui-même n'avait pas grand intérêt pour la navigation, étant très-difficile à traverser avec les navires à voiles. Mais son importance s'est modifiée avec l'apparition de la navigation à vapeur. Elle changea du tout au tout, et le détroit de Magellan devint une possession très-enviée, surtout par le Chili. Le gouvernement de cette République a donc colonisé quelques points du détroit de Magellan et, sans se contenter de la totalité du détroit, il a revendiqué comme lui appartenant les côtes orientales voisines jusqu'au Rio Sa. Cruz (50* de lat. S.). Le gouvernement de la république Argentine se plaignit sur-le-champ, comme victime d'une usurpation, établit des stations de son côté le long du détroit ainsi que sur les côtes au voisinage de l'entrée, et se hâta de mettre ses établissements à l'abri d'attaques ennemies. Voilà où en est l'affaire ; elle sera probablement réglée par un arbitrage, car les deux gouvernements répugnent avec raison à se faire la guerre pour des contrées aussi inhospitalières *.

Le détroit aune valeur incontestablement beaucoup plus grande pour le Chili que pour la république Argentine. Il est donc fort à souhaiter que ce premier État puisse arriver à le posséder sans discussion. Mais en résumé les titres des Chiliens à cette possession se réduisent aux essais de colonisation qu'ils ont tentés sur le détroit considéré comme bien sans maître, pendant que la république Argentine laissait faire sans mettre d'opposition immédiate.

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