ABSENCE DE VÉGÉTATION ARBORESCENTE
plus proches du spectateur et s'élève et s'abaisse aussi uniformément que les vagues douces et calmes de l'Océan entre les tropiques, lorsqu'il n'est pas agité par le mauvais temps.
A l'époque où il n'existait dans ces régions encore aucun établissement européen, aucun objet visible ne venait rompre l'uniformité de la vue en dehors des troupeaux d'autruches américaines et des cerfs {CerviLS campestris) qui peuplaient les pampas en grandes bandes. Aucun arbre, aucun buisson n'interrompait le tapis de verdure ; aucune plante arborescente n'avait pu s'implanter spontanément sur ce sol. Les rafales violentes du pampero, qui de temps en temps se déchaîne en tempête du sud-ouest sur la plaine, ne laissaient aucun arbre s'élever, et le sol dur, presque sans humus, ne leur permettait pas d'y enfoncer leurs racines pour s'y fixer. — Aujourd'hui il en est autrement; on voit déjà à peu près dans toute la province non-seulement de grandes métairies, mais encore des établissements moindres ou des maisons isolées, qui interrompent la monotonie du désert. Les grandes métairies ont toutes des groupes d'arbres composés d'espèces introduites, telles que peupliers, saules, pêchei^s, figuiei'sel deux arbres d'ornement, l'ombu {Phytolacca dioica), et le paroisse {Melia azedarach). Mais la création de ces plantations estaccompagnée de grandes difficultés, et elles exigent de fortes dépenses avant do prendre quelque développement. Dans ces dciniers temps on a introduit quelques espèces A' Eucalyptus^ qui croissent lapidement et léussisscnt bien ; mais ils sont souvent brisés ou renversés par le vent ot n'atteignent leurs dimensions d'arbres que dans les endroits abrités. — Aujourd'hui la solitude et la monotonie du déseil ont donc disparu dans toute la partie des patopas colonisée par les Européens, mais à l'époque de ramvéc des premiers Espagnols il n'existait rien de tout cela. Aucun objet particulier n'attirait le regard et ne se faisait remarquer en dehors des huttes indiennes (tolderias) et des bandes d'animaux sauvages. Ces derniers ont dispaiu dans le voisinage des habitations; mais à leur place on y voit de grandes bandes de chevaux, bestiaux et moutons, ou bien un attelage de bœufs