LES CHARDONS IMPORTÉS
{Anethum fœniculum) ; mais il foiine des masses seulement dans le voisinage des établissements.
Le cardon sauvage, appelé par les habitants cardo de Ccistillaj se trouve en grand nombre le long de toutes les routes et dans les campagnes des environs de Buenos- Ayres. 11 contribue à orner le paysage par ses grands capitules de fleurs violettes, qui s'élèvent à hauteur d'homme et dépassent de beaucoup les autres plantes. Il s'est avancé à l'intérieur et est déjà répandu dans toute l'étendue des pampas. Mais on le rencontre surtout dans le voisinage des habitations ; il n'a pas encore pénétré dans les vastes solitudes des pampas. Au nouvel an, lorsque les graines sont mûres et entourées de paillettes rayonnantes, le vent les emporte par millions et les dissémine au loin sur les contrées environnantes. Toutes les rués de Buenos-Ayres sont alors pleines de tas de ces flocons légers, qui pénétrent en masse dans les maisons par les portes ouvertes et les fenêtres, vont s'entasser dans tous les coins et les angles et deviennent un véiîtable tourment pour les habitants.
Le chardon-Marie est encore plus répandu dans la pix)vince de Buenos-Ayres. Il croit non-seulement le long des routes, mais encore dans les champs, loin des habitations, couvrant entièrement des lieues carrées et gagnant continuellement du trrrain. Les chevaux et les bestiaux mangent avec avidité les jeunes pousses, qui apparaissent déjà en automne (avril, mai), et recouvrent pendant Thiver (juin, juillet, août) les champs d'une verdure fraîche et succulente. Il n'est donc pas nuisible à la colonisation. Les colons lui donnent le nom de cardo de burrOy et le considèrent romine indigène. Il s'est répandu avec la même profusion jusqu'en Palagonie. Plus tard, lorsque les luiutes inflorescences se dressent et que les feuilles dures et épineuses ont peixlu leur fraîcheur, cette plante n'a plus de valeur pour le bétail. Maiî^ elle sert encore d'abri à de nombreux animaux sauvîiges. lies perdrix et les lapins (Cavia A zarae) se cachent dessous, le renard et le putois y établissent leurs repaires, et les pigeons ainsi que les perdrix se nourrissent de préférence avec ses graines mûi'cs.