‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 96 sur 583 · LES FORÊTS TOUFFUES ET OMBREUSES · texte numérisé non relu

LES FORÊTS TOUFFUES ET OMBREUSES

d'usages ; mais d'autres encore plus durs sontà peine ouvrables V Leur feuillage est peu touflu et sans ombre, à feuilles épaisses el petites, un peu dans le genre des saules. Elles sont simples et non pennéeSy comme celles des a^arroées et des autres acacias. Les extrémités des rameaux ne sont pas rigides, droites ou obliques, mais grêles et pendantes, flottant au vent, sans lui opposer par leur rigidité cette résistance qui produit dans les forêts de conifères d'Allemagne ces sifflements ou ce doux bruissement que l'on perçoit aisément et qu'on écoute agréablement comme le murmure aimé de la forêt. Je n'ai entendu ce même bruissement que dans les forêts d'algarrobes dont les rameaux sont rigides et les feuilles serrées. Ce fut pour moi une agréable surprise, me rappelant ma patrie et ma jeunesse.

La forêt toufl'ue et ombreuse a un caractère entièrement difierent de la forêt clair-semée dont nous venons de pai*ler. Elle existe sur quelques points assez limités de la république, notamment au pied sud-est de la Sierra de Tucuman et dans une contrée analogue en avant des montagnes des environs de Salta. L'arbre principal est un laurier de taille et de dimensions imposantes, comparable aux plus beaux chênes» avec une tige puissante de 4 à 5 pieds d'épaisseur et de fortes et larges branches, qui commencent à 10 ou l:â pieds du sol et se ramifient à l'infini jusqu'à la dernière extrémité. Le tronc se continue entre elles, donne naissance à de nouvelles ramifications et se termine en se subdivisant en plusieurs rameaux, qui portent une couronne large et touflue. Les feuilles, coriaces comme du cuir, luisantes, d'un vert foncé, longues de 4 à 5 pouces et largues de 2 à 3 pouces 1/2, forment en se pressant les unes contre les autres un véritable dôme de feuillage sous lequel le voyageur marche avec plaisir, abrité contre les i^yons du soleil et au sein d'une douce fraîcheur, surtout le matin lorsque la rosée, déposée sur le sombre toit, s'évapore ou en tombe engrosses goulteletles. Sous ces beaux Liuriers croit un vigoureux sous-bois, qui épaissit la forêt, et de nombreuses plantes aériennes el grimpantes se fixent et s'attachent à ses fortes branches. 11 est diflicile de rencontrer un arbre (te

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