ACCLIMATATION DE L'ORANGER
gi^ande taille dont les blanches inférieures neportent pas quelques bouquets de broméliacées, semblables par leur aspect et leur dimension à celles. qui sont si communes dans les forêts du Brésil. Cette forêt de lauriers est encore en beaucoup d'endroits à son état primitif et ornée des troncs les plus gigantesques, dont un très-grand nombre peuvent remonter au delà de Tère chrétienne. Des cactus à fines ramifications en forme de houppe pendent de ses branches, et de nombreuses plantes grimpantes à feuilles sagittées, probablement des asclépiadées, enlacent sa tige de nombreux replis en s'appliquant sur l'écorce et l'enveloppant presque aussi complètement que le lierre sur les chênes en Europe. Le laurier n'est pas le seul arbre des forêts touffues. D'autres formes arborescentes de grande taille l'accompagnent et contribuent par la variété de leur port et les différences de leur feuillage à accroître l'impression pittoresque que la forêt de lauriers produit sur le spectateur. Polir le moment nous n'en dirons rien de plus, nous réservant de, leur consacrer plus de détails dans la partie botanique de cet ouvrage. Nous signalerons seulement les orangers devenus sauvages. On les trouve partout avec leurs pommes d'or dans ces forets, el ils leur donnent un aspect réellement paradisiaques. Ils n'y sont pas spontanés, mais ils ont été introduits par les colons européens, lorsque les premiers Espagnols ou Gauchos mangeant des oranges en jetaient les graines au hasard. Ce sont ces graines semées accidentellement qui ont donné naissance à ces beaux arbres. Le caractère de cette région forestière est subtropical. On retrouve ici le même mélange d'essences les plus diverses que j'ai admiré dans les forêts du Brésil el décrit comme une i)ropriétc tout à fait étrangère à nos forets d'Europe **. On y retrouve encore cette parure si variée de plantes aériennes qui se fixent sur les arbres et donnent à la foret ce racliet particulier et étrange pour le voyageur. On sent de suite qu'on se trouve dans un autre monde.
Une autre région forestière touffue el ombreuse et d'une nature un peu différente existe dans la partie nord-est de la province de Corrienties, les anciennes Missions des jésuites. Mais je n'ai jamais
iU FORÊTS DE PALMIERS.
visité ce district et ne puis par conséquent rien dire de sa physionomie propre. Cette forêt aussi est composée d'essences variées et porte encore le même caractère de forêt tropicale. L'absence, au milieu du dôme de verdure de la forêt, de palmiers élancés ondulant avec leurs beaux panaches de feuilles, comme on en voit en si grand nombre dans les forêts du Brésil, forme un caractère distinctif entre ces vraies forêts tropicales et la forêt subti*opicale décrite plus haut. Je n'ai pas trouvé de palmiers dans la forêt de lauriers de Tucuman, et l'identité de position géographique me fait présumer qu'ils manquent aussi dans les forêts des Missions. Il pourrait cependant en être autrement, car on rencontre dans les forêts basses d'Entre-Rios, situées plus au sud, une espèce particulière de palmier {Thrinax brasiliensis), dépoui'vue de tige, et d'autres palmiers à haute tige {Copemicia campesiris) poussent plus loin dans les terres, tantôt dispersés à la surface des pampas, tantôt groupés et serrés les uns conti*e les autres en petites forêts dans les régions au nord et au sud de Cordova^. Une troisième espèce distincte des deux pi*écédentes forme les forêts de la partie orientale d'Entre-Rios, à côté du Rio Uruguay. Après ce tableau à larges traits des grandes plaines argentines, il nous reste encore à donner une courte description de deux annexes situées Tune au nord-ouest, l'autre au sud, le désert salé et les steppes de la Patagonie. Ces dernières, par lesquelles nous commençons**, ne forment pas une plaine unie comme la pampa du sud, mais une surface composée de teiTasscs échelonnées, et sillonnée de profondes dépressions. Elles commencent au sud du goHe dn Bahia Blanca et se continuent avec le même caractère jusqu'au détroit de Magellan, en se relevant graduellement à l'ouest le long des pentes des Cordillères. Les dépressions, bien connues et observées sous le nom de bajos par les indigènes, sont les meilleures parties du sol. On y trouve encore de vraies prairies, et beaucoup ressemblent assez aux pampas feriilc^s. Mais elles forment de beaucoup la plus petite partie de la surface tolalc et passent à peu près inapei'çues dans l'ensemble général. La plus grande partie des steppes patagones