‹ Description physique de la République Argentine (volume 5)Chapitre 17 sur 418 · LES ŒUFS DES PAPILLONS · texte numérisé non relu

LES ŒUFS DES PAPILLONS

même sans accouplement, les œufs de quelques Bombyx sont capables de développer le germe en chenille parfaite. La figure des œufs est très-différente, ainsi que leur grandeur, maïs en général ils sont ovalaires ou sphériques, plusieurs aussi coniques, comme ceux des Piérides. Leur surface est tantôt lisse, tantôt travaillée en côtes ou en treillis. Concernant la grandeur, elle varie d'un quart de ligne jusqu’à une ligne et demie de loncueur ; il en existe peut-être et plus petits, provenant de chez quelques papillons d’une petitesse excédente, des plus grands à peine. Ces œufs sont déposés par la femelle sur les substances qui servent de nourriture aux chenilles, soit dissipés ou en petits groupes séparés sur les feuilles des plantes, soit tous ensemble sur les branches et le tronc. Dans ce cas, ils sont couverts souvent avec les poils des derniers segments du corps, ou d’une substance particulière, gluante, qui sort toujours avec les œufs, en état fluide, pour les attacher à leur place et qui devient très-dure. Quelques femelles posent aussi leurs œufs dans des fissures ou des trous de la substance nutritive, et il y en à enfin d’autres qui, renfermées dans un tuyau ou sac artificiellement construit par elles, restent toujours dans cette enveloppe et y posent aussi leurs œufs. Le nombre des œufs posés est très-différent, mais assez fixe dans chaque espèce. Il y a des papillons qui en posent seulement jusqu'à cent, et d’autres qui en font plusieurs milliers. En général, le nombre est assez grand.

La jeune chenille (eruca) quittant la coque de l'œuf, ne ressemble en rien à la figure de sa mère, imitant celle d’un ver, composée d’une tête cornée et de douze anneaux mous, pourvus de pattes en avant, au milieu, et très-souvent aussi à la fin du du corps. Beaucoup de chenilles sont rases et aussi incolorées, ou d’un teint blanchâtre et jaunâtre ; la plupart sont vertes, jaunes et quelques-unes noires. Les velues ont des poils tantôt longs, tantôt courts ou des épines, même ramifiées et verticillées, montrant par la grande différence des décorations externes des figures très-variées. Quelques chenilles velues produisent, en les touchant, une douleur ardente, comme l'ortie. Ce phénomène n’est pas bien éclairei jusqu'à présent, mais il semble que les pointes fines et dures des poils ou des épines percent la peau de la personne qui les touche, restent intérieurement cassées et donnent naissance à la cuisson forte quelque temps ressentie, jusqu’à ce qu'elles soient sorties.

Examinant les organes du corps des chenilles, ils se trouvent d'une concordance remarquable chez toutes. La tête est d'une figure plus ou moins sphérique ou triangulaire, souvent ornée de grandes cornes ou d’épines ramifiées comme les têtes figurées sur nos planches V, VTet VIT. Une ligne perpendiculaire, enfoncée comme une suture sortant du sommet, séparant les deux calottes latérales, descend jusqu’au milieu de la face antérieure, se divisant ici en deux branches diversentes qui courent vers les coins externes inférieurs. On nomme le triangle compris entre les deux branches, le chaperon (clypeus); il porte à sa bordure inférieure la lèvre supérieure fendue et à chaque côté d'elle, une mandibule forte, semi-cireulaire, cornée, munie généralement au côté interne de dents plus ou moins fortes et nombreuses. Les planches IT, VI, XII et d’autres donnent des figures de cet organe. En arrière des mandibules se trouvent, unies intimement avec la lèvre inférieure, les mâchoires, ainsi que trois pièces plus faibles, ressemblant à trois cousins, couverts d’une membrane plus fine. Les mâchoires, occupant les places latérales des trois pièces, sont divisées en avant en deux portions, l’externe conique de trois articulations nommée palpe et l’interne plus courte, ovalaire, munie d’épines très -petites, nommée pièce masticatoire (mando). La lèvre inférieure prend l’espace entre les deux mâchoires et se compose aussi de différentes pièces. La plus grande basilaire est nommée menton: elle porte en avant, dirigé plus à l’intérieur, un cousin plus petit, nommé languette; sur son côté externe on voit un petit cylindre médian, percé au bout, nommé filière (fusula) et aux côtés deux palpes courts, bi-articulés. La filière est l’organe d’où sortent les fils de soie, que presque toutes les chenilles ont la faculté de filer (‘}. Au dessus de la lèvre inférieure, entre les mâchoires et les mandibules, se trouve l’orifice de l’œsophage, pour recevoir les petits morceaux de nourriture coupés par les mandibules et soutenus du côté par les mâchoires; qui les conduisent audit orifice, par lequel ils entrent dans l’æœsophage même.

Deux autres catégories d'organes existent encore sur la tête

() Nos figures des planches citées expliquent les parties nommées des organes de la bouche des chenilles. Nous les expliquerons dans les différents groupes des papillons, remettant le lecteur au texte de l'Atlas pour les étudier mieux en détail.

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