‹ Description physique de la République Argentine (volume 5)Chapitre 18 sur 418 · ANNEAUX DU CORPS DES CHENILLES · texte numérisé non relu

ANNEAUX DU CORPS DES CHENILLES

des chenilles, les antennes et les yeux. Les antennes sont des appendices courts, généralement composés de trois articles qui prennent leur position au côté des mandibules, immédiatement à la fin des deux lignes enfoncées renfermant le chaperon. Elles terminent par un long crin assez fin. Les yeux se présentent au côté externe de ces mêmes lignes, un peu au dessus des antennes et généralement comme six petits grains noirs, très-luisants, transparents au sommet, formant entre eux une figure elliptique, dont quatre sont dirigés en avant et deux en arrière, l'un tout près des antennes. La plupart des chenilles grandes ont ces six yeux lisses ou stemmates complets, chez les plus petites les deux postérieurs se perdent etil en reste seu” lement quatre.

Des douze anneaux du corps le premier est généralement le plus petit, mais il existe aussi des chenilles, principalement chez les Microlépidoptères, où cet anneau est le plus grand (°).

Sur sa partie supérieure l'anneau porte très-souvent deux petites ou une grande lame cornée qui manquent aux anneaux suivants, lesquels sont couverts, comme aussi l’autre surface du premier, par une peau assez fine très-flexible. Le second anneau devient un peu plus grand et le troisième encore plus ; les autres suivants sont presque égaux, sauf le dernier qui est toujours plus petit que les précédents. Leur surface est, comme nous l'avons déjà dit, tantôt rase, tantôt couverte de poils ou d’épines, qui sont régulièrement distribués sur chaque anneau d’égal nombre et position ; bien des chenilles ont des appendices flexibles, charnus, sous la figure de petits tubercules, cônes ou gros filets, qui prennent aussi une position régulière sur la surface de l'anneau, terminant souvent par un groupe de poils courts verticillés ; on trouve deux, quatre ou même quelquefois six de telles décorations, distribuées d’une manière symétrique sur les deux côtés du corps. Très-souvent les poils du vêtement sont courts et si denses qu’on ne distingue plus les poils simples, la chenille prenant l'apparence du velours. Les plus belles couleurs sont propres à ces poils et ce sont ceuxci qui donnent aux chenilles velues leur lustre de la coloration. Beaucoup de chenilles rases, comme celles des Sphingides, portent sur le pénultième anneau du corps un appendice corné au milieu du dos, imitant la figure d’une corne courbée ou d’un

() Voyez RATZEBURG, Forstinsecten, tome If, pl. XIV, fig. 4.

poignard, quelquefois rugueux ou cranulé. Enfin, il y à aussi des chenilles avec une queue fourchue à la fin du corps, qui semble remplacer la dernière paire des pattes. Toutes les chenilles ont des plissures transversales dans la peau même, soit sur la surface entière de l’anneau, ou seulement sur la moitié postérieure et une partie de l’antérieure. Ces plis facilitent le mouvement de la chenille, permettant sa grande expansibilité et contraction dans les différentes positions qu’elle prend durant sa vie, sous les diverses conditions de l'existence. Il n’y à aucune loi de dépendance entre le vêtement de la chenille et du papillon; des chenilles toutes rases, comme celles des Sphingides et des Zeuzérides ou Cossides, donnent des papillons qui ont le plus grand nombre d’écailles ; aussi les chenilles du genre Casinia, avec les écailles les plus grandes, sont nues, vivant comme celles des Cossides, dans l’intérieur de la substance nutritive. Toutes les chenilles qui ont la même manière de vivre répètent la même nudité. Maïs il semble que les chenilles les plus velues, comme beaucoup des Bombycides, donnent aussi des papillons plus ou moins velus de poils sur le corps et les pattes.

Concernant les lieux où vivent les chenilles, nous avons déjà dit que beaucoup se cachent dans l’intérieur des substances qu'elles mangent. Ces substances sont le bois et les tiges des plantes molles, les fruits, les racines charnues, enfin les peaux et autres, substances sèches des animaux. Mais la plupart vivent des feuilles de plantes, soit sur la surface externe, soit dans le tissu cellulaire de l’intérieur, d’autres dans la terre mangeant les racines fines fibreuses des plantes. Une exception remarquable est que quelques chenilles vivent dans l’eau. Nous connaissons depuis longtemps un tel exemple en Europe, où la chenille de Paraponyx stratiotalis vit sur la plante submergée de laquelle elle à reçu son nom, respirant par des branchies qui se lèvent en forme de fils assez longs externes de son corps. Dernièrement on a trouvé à Buénos-Ayres une chenille aquatique et une autre espèce du même genre dans la Bande orientale de l’'Uruguay, les deux appartenant au cenre Palustra, récemment découvert dans la Guyane française ()

(”) Voyez l'essai de M. Bar dans les Ann. de la Soc. ent. de France, 1873, page 305

et l’autre de M. BERG sur les chenilles du pays, dans le même journal de l’année 1877, 2e (trimestre.

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