MODE DE SORTIE DU PAPILLON DE LA CHRYSALIDE
variable comme celle de la chenille, quoiqu'elle soit ordinairement plus courte, ne dépassant pas trois semaines. Mais les chrysalidesf ormées à la fin de l’été ou dans l'automne restent dans cet état jusqu'au printemps prochain, et ne laissent pas sortir le papillon avant cette saison. Pour l’éclosion la peau de la chrysalide se fend dans la suture qui borne la tête contre le prothorax, levant comme une calotte le morceau de la peau de la tête entre cette suture, la base de la spiritrompe et les sutures des antennes, avec celles des yeux. Cette calotte tombe complètement déchirée, et en même temps la peau du thorax se fend le long du milieu du dos, pendant que les sutures entre les enveloppes des ailes et des pieds s'ouvrent aussi, laissant sortir le papillon, lesdites enveloppes s’écartant comme les portes d’une cassette. L'animal sort très-vite, marchant sur ses nouvelles pattes avec la sûreté d’un usage bien exercé, quoique son corps soit encore assez mou et faible; il prend une position sûre près de la place de l’éclosion et attend l'expansion des ailes qui au premier moment ne sont pas plus grandes que les enveloppes de la chrysalide. Alors commence leur extension et elles croissent si rapidement que supportées par un faible frémissement quelquefois répété, elles ont pris leur grandeur parfaite d’une demi à une heure après. Généralement le papillon reste encore tranquille à sa place, attendant, si c’est une espèce de papillon du soir ou de la nuit, l'obscurité du crépuscule pour se mettre en vol et exercer les fonctions de la vie qui lui restent encore. L'expansion rapide des ailes est un phénomène assez surprenant et presque unique dans le règne animal. Cependant elle se produit sans cesse, comme nous l'avons déjà dit plus haut, par les fluides contenus dans le corps du papillon, entrant dans les cavités des nervures des ailes et étendant les deux membranes complètement formées, mais compliquées transversalement dans les plissures fines trèsnombreuses. Les fluides qui entrent dans les nervures sont de double qualité ; l’un est le sang du corps qui coule dans les vides entre les organes internes, et s’épanche par les ouvertures basilaires des nervures qui ménagent la communication avee la cavité du corps; l’autre est l’air atmosphérique, respiré par les stüigmates et introduit dans les trachées qui le conduisent aussi par leurs branches soutenues dans les mêmes nervures et étendant les ailes à mesure que le mouvement respiratoire du corps augmente la force introduisante. La continuité des deux moteurs produit le résultat indiqué de l'expansion en si peu de temps.