Genre Papikio FaBr
Genre très-riche d'espèces, pris ici comme habituellement, excluant les genres Ornithoptera, Leptocireus et Eurycus. Les caractères diagnostiques, déjà mentionnés plus haut dans la phrase latine, sont les suivants :
Antennes avec une massue assez forte courbée de bas en haut, nues, sans écailles. Palpes appliqués au front, à trois articles courts, le troisième bien séparé, ne surpassant pas les yeux; ceux-ci assez grands, passablement convexes. Ailes assez grandes, complètement couvertes d’écailles, sans taches ou parties transparentes; les postérieures avec la bordure abdominale courbée, plus où moins repliées en dessus, prineipalement chez le mâle, et très-souveut avec une queue assez forte. Abdomen cylindrique chez le mâle, renflé au bout, ovalaire chez la femelle ; cavité des génitaux cachée sous deux
56 LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDES
valvules couvertes d'écailles, assez grandes chez les mâles et intimement fermées, plus petites et bâillantes chez la femelle. Chenille avec un simple tentacule fourchu, les branches assez longues, beaucoup plus longues que Île petit pédicule. Chrysalide sans taches métalliques, de figure variable, comme aussi les chenilles.
OnsERvaTION. — Il est bien connu que Lixxé partageait les espèces du veure Papilio, nommées par lui Equites (chevaliers), en deux sections, nommant les noires tachetées de jaune Achivi, et les noires tachetées de rouge Trojani. Ces divisions se trouvant assez justes ont été très-longtemps acceptées; mais à présent connaissant bien qu'il y a des espèces, dont les mâles sont Achivi et les femelles Trojani, on ne peut plus conserver ces sections auparavant ingénieusement fondées. Pour la Faune Argentine, il est possible de les accepter, parce que nous n'avons pas chez nous aucune espèce avec lesdits caractères équivoques, et par cette raison nous faisons usage des deux sections de l’ancien maître d'histoire naturelle.
A. Equites Achivi.
a. Caudali 1. Papilio Thons, Lixx.
P, Alis caudatis, nigris, fascia comuni macularum luaulisque marginalibus flavis ; subtus flavis, nigro-variegatis : posticis late caudatis, subtus arcu medio Lunrlarum coeruleo-albarum, et maculis et lunula in angulo anali rubris. Exp. alar. 4-57 (11-14 em.).
Linx. Mant. alt. 536.
Far. Ent. syst. III. 1. 32, 94. — Crau. Pap. exot. pl. 167. AR:
Gop. Enc. méth. IX. 62. 103. — Huegx. exot. Schm. 1. 114, IX, 102 ().
Bois». et Lec., Lépid. d’'Am. sept. pl. 12et 13. —Ej. Spec. wén. I. 355.197.
Papillon très-commun dans toute l'Amérique tropicale et sous-tropicale, répandu de la Carolinie jusqu'à la Patagonie
(‘) Pour citer cette œuvre proéminante, il faut auméroter les planches de chaque tome d’après la table systématique qui l'accompagne : c’est ainsi que j'ai fait pour obtenir les nombres adjoints en haut, Au reste je citerai seulement des ouvrages qui donnent une description ou la figure de l’espèce.
PAPILIO THOAS 57
supérieure, d'où notre collection l’a reçu ; aussi depuis longtemps connu, car il est déjà figuré dans le Thesaurus de SEr, planche 38, fig. 6 et 7.
La couleur dominante du dessus est d’un noir foncé, traversée obliquement par une bande jaune de taches assez larges, occupant aux ailes antérieures le milieu, et aux postérieures la base, sans être séparée ici en taches. La troisième tache de cette bande des ailes antérieures est plus longue que les autres, excavée au bord antérieur et accompagnée de trois petits points jaunesà la bordure antérieure. La bande est accompagnée dans sa partie postérieure par une série de lunules jaunes, tout près de la bordure externe, lesquelles se changent sur les ailes postérieures, en taches paraboliques dirigées à l'angle anal. Ces mêmes ailes ont des dents à la bordure externe et une longue queue spatulée; cette queue porte généralement une tache jaune et les échancrures entre les dents une bordure fine de la même couleur. En outre se trouve l’angle anal marqué d’une lunule rouge, accompagnée d’atomes bleuâtres. La tête et le corps sont noirs au-dessus, avec deux lignes jaunes au thorax. La surface inférieure des deux parties du tronc est jaune, mais la spiritrompe et les pattes sont noires, ainsi que les antennes. Les ailes antérieures sont jaunes en dessous, mais plus pâles que sur l’autre surface; les nervures restent assez largement noires, et dans la cellule discoïdale on voit quàtre lignes de la même couleur; toutes les bordures sont noires, et l’externe ornée de huit taches jaunes elliptiques. Des ailes postérieures, la base est jaune jusqu'au milieu, où court une bande noire ornée de deux petites taches d’un rouge brique et une rangée de lunules d’atomes bleuâtres, auxquelles suivent six grandes taches jaunes allongées et des bordures fines de la même couleur dans les échancrures entre les dents. La queue est aussi ornée d’une tache jaune. Enfin, l'angle anal à une lunule rouge un peu plus grande que la supérieure, se terminant à chaque angle en jaune.
Les deux sexes sont tout semblables de couleur et de dessin, seulement le mâle est plus cracile, principalement l'abdomen. On les distingue facilement par la différence sexuelle de la pointe abdominale en dessous.
J'ai souvent examiné la chenille et la chrysalide, donnant ici une figure de la première pl. IE, fig. 1. Leur description se trouvera dans le texte de l'Atlas. Elle mange les feuilles des oran-
58 LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDES
gers et est très-commune dans tous les jardins aux environs de Rio-de-Janeiro et Novo Friburgo, où j'ai fait mon dessin. A Buénos-Ayres nous l'avons aux mêmes endroits, aussi à Mendoza je l'ai observée et dessinée (fig. 3). Elle est ici un peu plus petite et montre quelques différences, que j'expliquerai plus tard.
Ce n’est pas surprenant que l'espèce si largement répandue, du 40° L. N. jusqu’au 42° L.S., montre des variation endémiques. Plusieurs auteurs ont fondé sur ces variations des espèces qui ne me semblent pas assez sûres, pour être acceptées. On peut dire que le caractère dominant de ces variations s'exprime dans la grandeur générale du corps et dans la largueur de la bande des taches jaunes de la surface des ailes, qui deviennent plus étendues chez les individus tropiques que chez les subtropiques. Ainsi les individus, chassés par moi-même à Rio-de-Janeiro, sont de 14-16 centimètres de largeur, ayant leurs ailes étendues, et ceux de Buénos-Ayres pas plus de 12; se réduisant ceux de la Patagonie et de Mendoza à 10-11 centimètres. De la même manière dégrade la largeur de la bande jaune, laquelle chez les grands exemplaires de Rio-de-Janeiro ascend au bord interne dorsal des ailes antérieures, à 1,3-1,5 centimètres et reste dans les exemplaires de Buénos- Ayres et Mendoza au-dessous de 0,5 centimètre, ne surpassant pas quelquefois 0,4 centimètres.
Lesdites espèces que je peux regarder seulement comme variations endémiques, ou si l’on veut comme sous-espèces, sont d'après ma manière de voir les suivantes :
1. P. Cresphontes, Cran, II, pl. 165 A. et 166 B., appartenant à l'Amérique du Nord.
2. P. Cresphontinus, MarrT. Psyche, tab. 3, f.8 et tab. 4, fig. 10. — P. Aristodemus EsPer, ausl. Schm., tab. 59, fig. 2. — Bois. Spec. I, 357, 199. — Sara, hist. nat. de Cuba. VII, 483, tab. 14, f. 2. — P. Temenes Gop. Enc. méth. IX, 63, 104 Des Antilles.